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Chaque mardi soir, le président de SNCF Guillaume Pepy est l'invité du 17/20 sur SNCF La Radio. Pour lui poser vos questions, composez le 09 50 222 999. Vous pouvez aussi utiliser la page Facebook ou le courrier électronique.
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Pourquoi la lumière ne s’éteint pas la nuit dans les trains ?
Heureusement, dans la plupart des trains, elle s’éteint. Dans les trains de nuit, c’est-à-dire les Corail Intercités, quand vous êtes dans votre compartiment, il y a 3 niveaux : il y a l’éclairage, il y a une veilleuse et puis l’extinction totale. Je conseille la veilleuse parce que ça permet, si vous avez besoin de trouver quelque chose, de ne pas être dérangé. Même chose d’ailleurs dans les sièges inclinables où on éteint la lumière la nuit. C’est différent dans les TGV, on n’éteint pas la lumière complètement le soir. On a un niveau de lumière qui minimal…Tout simplement pour que les gens qui se lèvent, vont aux toilettes ou bougent, etc., ne se blessent pas. C’est une raison de sécurité. Enfin, il faut savoir que sur les plates-formes, il est obligatoire de garder la lumière pour les gens qui montent ou descendent, également pour des raisons de sécurité. Il faut absolument éviter tout risque de chute. En résumé, la lumière s’éteint mais il y a quelques cas où on conserve un éclairage quand même suffisant.
Je prends le train plus rarement. Des fois, j’arrive à ma gare et tout est fermé. Comment faire dans ces cas-là, quand la gare est fermée et qu’on n’a pas de machines pour prendre un ticket ? Que devons-nous faire ?
Il y a toujours des guichets parce qu’on a maintenu et on modernise les guichets des gares. Cela dit, c’est vrai que quand un train passe très tôt ou très tard (à 05h30 ou à 23h30), le guichet n’est pas forcément ouvert (ou le samedi en soirée). Dans ces cas-là, la plupart du temps, on met des machines. Soit des machines très simples pour les titres TER, soit des machines complètes pour les voyages grande ligne. S’il n’y a pas de machine ou si la machine est en panne, il y a une solution très simple, c’est : quand on monte dans le train – parce qu’on peut monter dans le train –, il faut tout de suite aller voir le contrôleur pour lui dire : « Voilà, je n’ai pas de billet. Le guichet était fermé ou la machine était cassée, merci de me délivrer un billet». Dans ces cas-là, le contrôleur vous le délivre exactement au même prix que le guichet ou la machine. En revanche, si vous n’allez pas voir le contrôleur, si vous attendez qu’il passe, il peut penser que vous avez tenté de frauder et, à ce moment-là, vous paierez ce qu’on appelle le tarif à bord qui est plus cher. Donc, le conseil qu’on peut donner à nos auditeurs, c’est : on va tout de suite voir le contrôleur pour lui dire qu’on n’a pas de billet.
Je pense qu’il y a quelques soucis de ponctualité spécialement sur la ligne C du RER et aussi sur le RER B avec la partie commune SNCF et RATP.
Il est très gentil notre auditeur parce qu’il dit « quelques soucis ». Moi, j’aurais dit beaucoup de soucis. Le RER B, c’est le nord-sud : il va de Roissy ou de Mitry à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Ce RER B, il est depuis quatre ans maintenant, la partie nord qui va entre Châtelet et Roissy… Il est totalement en reconstruction. La nuit, il y a des pelleteuses, des machines à changer les rails, des machines à changer la caténaire. On change la signalisation, on change tout : on refait les quais, on met des ascenseurs depuis quatre ans. C’est un vaste chantier et ça veut dire qu’il y a beaucoup de problème dans la journée. En plus, on change des trains, on les rénove. Donc, tout est changé. Quand est-ce que cette petite galère va se terminer ? Cet automne. Progressivement, à partir de la fin du mois d’août, on met en service tous les nouveaux équipements. Au passage, il y aura quatre jours, le week-end du 15 août, où ce RER sera fermé parce qu’on va tester toute la nouvelle signalisation. Donc, à partir de cet automne, tous les trains vont s’arrêter à toutes les stations, il y aura une meilleure ponctualité, des rames rénovées, des escaliers mécaniques, des ascenseurs, l’accès aux personnes à mobilité réduite, une information à bord avec des bandeaux lumineux. Bref, ce sera une ligne de très bonne qualité. Les usagers ont beaucoup souffert ces trois, quatre dernières années des travaux. Je voudrais indiquer le prix parce qu’au total, ça représente plus que huit cents millions d’euros, - presque un milliard - qui ont été financés pour partie par le syndicat des transports d’Ile-de-France – donc Monsieur Huchon – et puis évidemment SNCF et RFF. On sera, je pense, plutôt fier de la ligne B à partir de l’automne. On va se regrouper avec la RATP, qui a en charge la partie sud de la ligne, dans un même centre de pilotage et d’informations.
La SNCF peut-elle se permettre de verser deux cent neuf millions d’euros de dividendes à l’État ?
Guillaume Pepy : c’est la moindre des choses. L’État nous aide beaucoup pour des investissements. Il n’y a plus de subventions d’exploitation, mais il y a beaucoup d’aides à l’investissement. Lorsque nous réalisons des bénéfices, il y a une règle : les deux tiers sont réinvestis dans SNCF pour améliorer les gares, pour améliorer l’informatique, pour améliorer les trains ; et puis un tiers retourne vers les Français. L’année dernière, ça a représenté deux cents millions puisque notre bénéfice total a été de six cents.
La SNCF veut révolutionner la restauration à bord des TGV.
Guillaume Pepy : là, on sera plus modeste. Il faut plaire à tout le monde. C’est ça qui est compliqué. On est en train de repenser les choses. On a lancé un appel d’offres. Il faut savoir que si ce n’est parfois pas très goûteux et plutôt avec des prix importants, c’est pour deux raisons. D’abord, il faut payer le personnel qui sert la restauration et c’est un personnel qui doit coucher hors du domicile, qui donc est en déplacement, et c’est un personnel qui est un personnel roulant. La deuxième chose, c’est que les normes d’hygiène sont totalement respectées. Ça veut dire que la nourriture est toujours maintenue sous température froide. Lorsqu’un TGV arrive à destination, on décharge la nourriture pour la mettre dans un frigo et puis on la recharge, le tout sous température constante et ça a un coût. La garantie qu’on peut donner à nos voyageurs, c’est que ce n’est peut-être pas très goûteux mais en tout cas, c’est hygiéniquement irréprochable et c’est comme ça qu’on la veut.
Je voulais poser une question à monsieur Pepy concernant les trains et l’offre « Ouigo ». Originaire du Sud-Ouest, je souhaiterais savoir si ces derniers seront disponibles pour l’Ouest de la France ?
"Ouigo" vient de démarrer sur le Sud-Est de la France. Ça part de Marne-la-Vallée et ça va à Lyon, à Marseille et à Montpellier. Alors, notre auditeur demande « Est-ce que, un jour, ça ira dans le Sud-Ouest ? ». Pardon, mais c’est trop tôt pour le dire parce que l’on vient de démarrer. Je vous rappelle que c’est l’idée de garder les basiques du TGV : la sécurité, la vitesse et le confort, mais d’essayer de faire des prix encore plus économiques. Par exemple, en ayant une seule classe et en utilisant l’espace du bar pour mettre des sièges. Bref, on essaye de donner l’essentiel du TGV pour moins cher puisque les billets commencent à 10 euros. On est en phase de lancement. Ce que j’ai envie de dire, c’est, si les voyageurs, si les clients suivent et si on sait le faire… Pourquoi pas ? Mais c’est encore trop tôt pour le dire.
Avez-vous quelque chose contre Toulouse à la SNCF ? On me propose souvent des promotions, mais quasiment jamais au départ de Toulouse. Si vous pouviez penser à nous… Je préfère le train à l’avion mais j’aimerais pouvoir bénéficier d’offres promotionnelles, notamment sur les trajets du week-end vers Paris ?
C’est la dernière partie de la phrase qui compte parce que les offres promotionnelles sur Toulouse, il y en a beaucoup mais c’est vrai que le vendredi soir et le dimanche soir elles sont moins nombreuses. D’ailleurs, c’est la même chose dans l’avion et dans le train. Quand on est en pleine période de pointe, il y a moins de promotions que lorsqu’on est en période normale. Il existe plusieurs moyens pour se rendre à Toulouse. Il y a d’abord un train de jour comme les trains classiques Corail. Les places sont en vente à partir de 15 euros. Il y a également, si on s’y prend à l’avance, le Corail Paris-Toulouse de jour à partir de 15 euros. Ça, c’est vraiment intéressant. De la même façon, il y a des promotions, à peu près tous les mois, en TGV pour Toulouse à partir également de 15 euros. La solution est de s’y prendre à l’avance car ça part comme des petits pains. Les trains sont mis en ligne sur le système de réservation ou en gare trois mois à l’avance. Quand on a une carte de réduction, on a des réductions qui vont de 25 à 60 % et, là encore, le fait d’avoir acheté une carte est un gros atout. SNCF n’a rien contre Toulouse et on y va très souvent.
Je viens à vous pour vous annoncer mon mécontentement en ce qui concerne les contrôles de billets dans les trains. J’ai pris le dernier TGV aux alentours de 22 heures 30 sur le trajet Lyon-Saint-Exupéry – Paris et j’ai aperçu des personnes, fraudeuses je pense, qui changeaient toujours de siège dès qu’un agent SNCF circulait dans le wagon où je me trouvais. Je n’ai également point vu de contrôleur SNCF en train de faire son travail, à savoir celui de contrôler les billets des passagers.
Je partage l’indignation de notre auditeur parce que la fraude représente à peu près 300 millions d’euros par an. Avec cet argent-là, on pourrait acheter plusieurs dizaines de trains neufs supplémentaires chaque année. Quels sont les remèdes ? D’abord, la présence des contrôleurs dans les trains, un, deux ou même par équipes, mais c’est vrai qu’ils ont beaucoup de missions. Ils ont la sécurité, les annonces, le renseignement auprès des voyageurs et le contrôle. Donc, dans certains cas, par exemple quand un voyageur est malade ou quand il y a un problème de correspondance ou qu’il y a un retard, le contrôleur ne peut pas faire tout en même temps. L’autre solution, c’est de mettre des contrôles à la montée dans les trains, c'est-à-dire, en tête de quai ou au moment de monter dans une voiture, vous avez un contrôleur qui vérifie votre billet. Mais on ne peut pas faire ça sur l’ensemble des 15 000 trains quotidiens qui circulent à la SNCF et dans 3 000 gares. Donc, c’est une bagarre contre la fraude et je suis content que notre auditeur se soit indigné parce que c’est autant d’argent en moins pour le service public.