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Julien Bahain
a vaincu l’Atlantique

Après 49 jours, la transatlantique à la rame de l’athlète SNCF Julien Bahain et Patrick Favre s’est achevée le 26 février en Martinique. Leurs efforts sont largement récompensés : un record national et une aventure humaine exceptionnelle.

Le fil Twitter de Julien Bahain


Retour sur
la terre ferme

49 jours, 2 heures et 59 minutes d’efforts…  L’athlète SNCF Julien Bahain et son coéquipier Patrick Favre ont rallié la Martinique dans la matinée (heure locale) du mardi 26 février. C’est le point final de leur transatlantique à la rame en duo. Partis le 8 janvier de Tarfaya (Maroc) à la poursuite du record du monde, les deux hommes ont touché terre dans le petit port de Tartane, situé dans la commune de La Trinité. Sous un soleil de plomb et les applaudissements d’une centaine de personnes, Julien Bahain a retrouvé ses proches avec beaucoup d’émotions. « C’est du bonheur en barre ! C’est une joie immense de fouler la terre ferme et de s’effondrer en pleurs dans les bras de mon frère ou de mes parents qui m’ont fait la surprise de leur venue, s’est exclamé l’avironneur médaillé de bronze à Pékin. Nous sommes arrivés devant un ponton plein, les Martiniquais sont venus en masse nous accueillir et nous avons été touchés par ce formidable accueil. La fin de la traversée a été très dure avec des conditions météos difficiles et beaucoup de stress mais ça y est, nous sommes arrivés. On se sent vivants. »


Record
de France

Julien Bahain s’était imposé plusieurs défis avant de quitter le Maroc, notamment celui de vaincre un élément qu'il abhorre: l'eau. A ce propos, il déclare : « Je ne suis pas marin, j'aime toujours aussi peu l'eau mais j'ai appris énormément et le défi le plus difficile à relever a été le défi psychologique. Tu sais quand tu pars mais pas quand tu arrives. » S’ils n’ont pas pu battre le record du monde, Julien Bahain et Patrick Favre améliorent de plusieurs heures le record de France qui était détenu par Jo Le Guen et Pascal Blond depuis 1997 (49 jours 8 heures 31 minutes). Ainsi, ils réalisent la 8e performance mondiale. Longtemps dans les marques du record du monde, le Toulousain et le Bas-Normand possédaient une demi-journée d’avance à la mi-parcours. Cependant, ils se sont retrouvés impuissants face à la force des éléments. Une dépression avec des vents contraires  les a contraints à arrêter de ramer pendant 3 jours… Ils n’ont jamais réussi à combler ce retard de 72 heures.



Découvrez la traversée en vidéo

Aventure en haute-mer

« II y a eu beaucoup de frustrations, de pleurs, des pleurs de joie à l'arrivée, des douleurs parfois, des craintes et du ras-le-bol », a avoué Julien Bahain. Les deux rameurs ont vécu une aventure humaine unique durant laquelle la notion du dépassement de soi les a sans cesse accompagnés. Ils ont tout vu ou presque au milieu de l’océan lors de cette transatlantique : les creux de 6 mètres, le retournement du Solvéo Energie (leur bateau), les chaleurs extrêmes, la difficulté de produire de l’eau douce, la fatigue, les douleurs aux fesses à force de ramer assis 12 heures par jour, les courants et vents contraires, mais aussi une blessure à l’épaule pour Patrick Favre. Il a dû ramer à un bras pendant plusieurs jours… Beaucoup d’épreuves au milieu du grand bleu en somme, mais pas assez pour entraver la volonté farouche du duo. Julien Bahain avait décidé de tenter cette aventure alors qu’il était en phase de reconstruction, il voulait se dépasser et chercher d’autres limites. Rameur expérimenté, son coéquipier n’aura eu qu’un mot à l’arrivée : « Bravo ! T'es un grand ». Julien Bahain a intégré le dispositif Athlètes SNCF en 2011. Il était détaché à 100% lors des Jeux Olympiques de Londres. Aujourd’hui, il va prendre ses fonctions de jeune cadre commercial chez SNCF.




En images


Les interviews de Julien Bahain