Imprimer la page
Partager la page

Simone,
la voix culte
de SNCF

Dans plus de 3 000 gares en France, SNCF parle d’une seule voix aux voyageurs, celle de Simone Hérault. Chaque jour, ses messages accueillent, informent, rassurent et font sourire des millions de voyageurs en gare, dans les trains, et sur certains de nos serveurs vocaux. Depuis 35 ans, sa voix féminine au timbre caractéristique accompagne nos voyages en train. Entrez dans les coulisses des annonces SNCF.


Mais qui est Simone ?

Mais qui se cache donc derrière la voix de SNCF ? Un automate, une hôtesse, plusieurs personnes ? Cette question, de nombreux voyageurs se la posent. La voix de SNCF, reconnaissable entre mille, intrigue. Tous les jours, dans plus de 3 000 gares françaises, la même voix accueille et informe les voyageurs. Cette voix, c’est celle de Simone Hérault, qui, depuis 35 ans, incarne SNCF auprès des voyageurs.

Née en 1950 dans le Val d’Oise, cette comédienne a très tôt irrigué les ondes de sa voix claire et apaisante. Dès 1972, Simone est animatrice radio chez France Inter Paris, où elle travaillera jusqu’en 2001. En 1981, après un casting SNCF parmi les « dames de FIP », sa voix, ainsi que celle d’une autre animatrice, est retenue. C’est ainsi que les deux collègues commencent à enregistrer les annonces des différentes gares françaises. Au quotidien, elles renseignent ainsi les voyageurs sur les trains et les activités de la gare. Aujourd’hui, seule Simone continue à porter ces messages : SNCF a trouvé sa voix.


Pour la petite histoire

« En 1981, en arrivant chez SNCF, la petite dame de FIP (…) fait la connaissance d’une autre dame [SNCF], grande, noble, centenaire dont la vie était déjà écrite dans les livres d’histoire»* se souvient Simone avec émotion. Elle fait son arrivée chez SNCF la même année que le TGV, et ses débuts en tant que voix de SNCF correspondent à une période de changement à grande vitesse.

*Source : extrait du livre autobiographique de Simone Hérault « Grâce à ma voix » (2005)

SNCF prend
la voix
du changement avec Simone

Avec Simone, SNCF s’éloigne du style des « aboyeurs », ces préposés aux annonces en gare des années 1930 : « on va vers quelque chose de plus naturel, de plus proche du voyageur, libéré du jargon », explique la comédienne.

Jusqu’à la fin des années 1970, les annonces sont faites au micro et en direct. Lecture hasardeuse et acrobatique, qualité approximative de la chaîne de sonorisation et ton souvent trop technique et même parfois autoritaire (« Prenez garde… ne traversez pas… il est interdit de… faites ceci, pas cela,  etc. ») : un discours que SNCF souhaite renouveler et professionnaliser.

Les années 1980 signent une rupture avec l’arrivée de Simone. Un nouveau concept est adopté et un « guide des annonces » est créé, compilant des textes courts, efficaces et agréables. Dans le même temps, la qualité de la diffusion s’améliore grâce à l’apparition d’enceintes « intelligentes », plus adaptées aux contraintes acoustiques des gares. Une nouvelle ère, que la voix de Simone incarne à merveille : claire et juste, elle couvre le brouhaha de la gare et attire l’attention des voyageurs sans les agresser. Apaisante et bienveillante, elle s’adapte parfaitement au contexte animé des gares, aux ballets des départs et des arrivées.


De Simone
à E-Mone :
une voix
qui porte

En 35 ans de métier chez SNCF, Simone a enregistré plus de 4 000 heures de messages dans le studio-son SNCF :

  • Simone « à l’époque des dinosaures ».
    En 1981, la comédienne pose sa voix sur des bandes ou des cassettes : « à l’époque des dinosaures », ironise-t-elle. À chaque message, un nouvel enregistrement. Un système lourd à gérer, aussi bien techniquement que financièrement
  • Simone en morceaux.
    À partir de 1982, grâce à l’informatique, Simone enregistre ses annonces par segments. Un calculateur agrège ces segments pour en faire des phrases. Le principe séquentiel de l’annonce était né, et avec lui la possibilité d’intégrer des paramètres variables dans les messages, comme les numéros de quais, de trains, les heures de départ et d’arrivée
  • Simone en version numérique.
    Dès 1990, le « tout numérique » offre encore plus de possibilités de combinaisons. Les segments de phrases que Simone enregistre une à deux fois par mois dans le studio SNCF sont numérisés, stockés, puis assemblés et restitués informatiquement. Les annonces s’adaptent ainsi à tous les contextes et sont facilement programmables par les opérateurs des gares. Une innovation qui favorise également la mise en place des serveurs téléphoniques SNCF
  • E-Mone : la voix SNCF du futur.
    Dans 100 ans, la voix de SNCF sera peut-être encore celle de Simone. Dans une démarche d’amélioration continue de son système d’annonce, SNCF travaille actuellement sur une voix de synthèse. Véritable jumelle numérique de Simone, E-Mone possédera son timbre et son intonation. Grâce au « Text to speech » ou « graphème vers phonème » pour les francophones, les chefs de gares du futur pourront transformer le texte en paroles depuis leur écran. Simone n’a pas dit son dernier mot

En savoir plus sur la production numérique des annonces

Pour des annonces aussi naturelles que possible, Simone se soumet à un exercice un peu particulier. Pour chaque mot, elle enregistre trois versions : montante, descendante et montante avec un « de » ou un « du » devant, afin de respecter le rythme de la phrase et les règles de liaison. De même, les nombres sont composés à partir des milliers, centaines, dizaines et unités enregistrés séparément.


Simone amuse
les voyageurs

«Éloignez-vous de la bordure du quai». Derrière cette annonce devenue célèbre auprès des voyageurs, Simone incarne et renforce la relation entre SNCF et les Français. Toute l’histoire SNCF évolue : celle de la sécurité des trains, de l’information, de la prise en charge des voyageurs mais aussi de la sympathie. À travers les mots de la comédienne, l’entreprise va même parfois au-delà de ses missions habituelles et nous joue des tours lors d’occasions spéciales.

Le 1er avril, elle est d’humeur farceuse : «Le TGV à destination des Seychelles va partir. Nous vous rappelons que son accès est réservé aux voyageurs munis de palmes. La SNCF vous souhaite un agréable voyage et attend vos cartes postales». Un jour idéal pour faire de la gare un terrain de jeu : «Mesdames, Messieurs, à bord de ce train, vous trouverez un sauna, un hammam et un bac à sable». Ou encore : «Et si on faisait une farce au conducteur du train qui va entrer en gare ? Allez, tout le monde se cache ! Il va en faire une tête en voyant un quai vide ! Merci de votre coopération.» Une autre ? «Savez-vous que prochainement sur les Eurostars, tout le personnel portera un kilt ? Sans rien en-dessous !». Du côté des voyageurs, les réactions se font enthousiastes : Simone a visiblement réussi à mettre du «sourire dans la vie des gares».

Le 31 décembre, elle est d’humeur festive : «Le TGV n°2013 en provenance de 2012 et à destination de 2014, départ prévu le 31 décembre à minuit, va entrer en gare voie A. Ce train comporte beaucoup de bonheur, un espace fiesta et il est accessible à tous les voyageurs, y compris ceux qui n’ont pas réservé leur place. Nous rappelons aux personnes accompagnant les voyageurs qu’elles doivent impérativement monter dans les voitures.» Prononcés avec son sérieux habituel, les faux messages d’information de la voix de SNCF provoquent la surprise et l’amusement des voyageurs en gare.