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« Nous serons l’un des grands
groupes mondiaux » G. Pepy

Publié le 07 septembre 2017 à 15:53

« Nous sommes dans un secteur qui, dans les dix ans, va s’organiser autour de trois à cinq grands groupes mondiaux. Et nous serons l’un d’eux » a confié le président de SNCF Mobilités à la Vie du Rail, dans son numéro daté du 8 septembre. Guillaume Pepy y fait un point sur les ambitions et la place du groupe SNCF à l’international.


Avec un tiers de son activité réalisé à l’international, et un objectif de 50% de chiffre d’affaires d’ici à 2022, SNCF affiche des ambitions très fortes (en 2007, cette proportion s’élevait seulement à 12% du chiffre d’affaires). Selon Guillaume Pepy, cette croissance représente un motif de fierté en interne, comme le soulignent les résultats du questionnaire interne sur le projet groupe : 88% des salariés pensent que le développement international de SNCF est bon pour le groupe et 72% que c’est bon pour eux. « SNCF est une entreprise qui parfois se dévalorise, estime Guillaume Pepy. Et, en France, on nous reproche souvent de n’être pas choisis mais plutôt d’être subis… Or, être sélectionnés dans de grands appels d’offres et remporter des marchés à l’international, cela prouve au public qu’on a été les meilleurs. »

Guillaume Pepy, président de SNCF Mobilités :

« Nous sommes dans un secteur qui, dans les dix ans, va s’organiser autour de trois à cinq grands groupes mondiaux. Et nous serons l’un d’eux. »


Des experts recrutés pour la Grande-Bretagne

« L’international, c’est du chiffre d’affaires qui vient directement renforcer le groupe, reprend le président de SNCF Mobilités. En termes d’emplois, près de 5 000 salariés  en France travaillent pour l’export et 40 000 travaillent hors de France. » Guillaume Pepy évoque à ce propos la pré-qualification de SNCF en Grande-Bretagne, pour répondre à l’appel d’offres pour l’exploitation de HS2, la future ligne à grande vitesse au nord de Londres (lien) « Nous recrutons des experts  au sein de tout le groupe ferroviaire, qui vont travailler pendant trois, quatre ans sur notre proposition pour HS2. C’est un très gros investissement. Tout cela donne de la force à SNCF », explique-t-il.

L’expérience de Keolis en tramway hors de France le rend plus performant, estime Guillaume Pepy. « On partage aussi sur les pratiques d’exploitation d’une ligne de banlieue en Grande-Bretagne et à Transilien », indique-t-il, rappelant l’existence de la Mass Transit Academy (lien) où sont mises en commun les expertises du groupe dans le secteur des trains en zone dense.

« Les salariés SNCF qui désirent travailler au Maroc seront accueillis à bras ouverts », a-t-il ajouté. SNCF et Systra y accompagnent l’Office national des chemins de fer marocains (ONCF), ainsi qu’une dizaine d’entreprises françaises choisies pour leur savoir-faire, pour participer au développement de la ligne Tanger-Kénitra.


Projet de semi-grande vitesse en Inde

Guillaume Pepy évoque également le projet en Inde, d’un corridor en semi-grande vitesse (200 km/h), entre Delhi et Chandigarh (lien).

La meilleure solution à l’international : se coordonner

Interrogé sur l’organisation du groupe à l’international, le président de SNCF Mobilités explique notamment que la prospection est mise en commun en organisant une mission regroupant les différentes entités de SNCF pour chaque pays. Par ailleurs, la direction internationale du groupe, pilotée par Diego Diaz a pour fonction pour aider les responsables de projet à résoudre les problèmes qui ne manquent pas de se poser à l’international.

Faut-il un choisir entre France et international ?

« Il faut faire les deux, répond Guillaume Pepy. Notre pays d’origine, la France, c’est non négociable, et l’international aujourd’hui, ne l’est pas non plus. » Il appuie son propos en évoquant une SNCF à 100% en France, et qui n’aurait donc pas d’expérience dans le domaine des appels d’offres, pas de connaissance des technologies utilisées à l’étranger, ni des règles d’exploitation. « Je ne donnerais pas cher de cette SNCF-là », s’exprime-t-il, en évoquant les bonnes pratiques qui pourraient inspirer SNCF. Par exemple à Hongkong : lorsqu’une perturbation intervient, un chronomètre s’allume dans le PC et compte les secondes puis les minutes jusqu’à ce que l’incident soit résolu. En matière de sécurité au travail, à Melbourne (sur le réseau de tram opéré par Keolis), chaque entrée dans un atelier commence par une formation de 10 minutes sur la façon de circuler sur le site. Le taux d’accident de travail y est très faible. « À l’international, on apprend que nous, SNCF, on est parmi les bons. Mais que, aussi, dans certains domaines, s’il y en a de moins bons que nous, il y en a aussi de meilleurs… L’international, c’est une école de l’humilité… Et un terrain de conquête » conclut le président de SNCF Mobilités.