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Arep séduit
la Chine

Publié le 30 janvier 2018 à 17:17

Avec trois grands projets à Hangzhou, Chengdu et Wuhan, le bureau d’études de SNCF Gares & Connexions s’implante encore un peu plus dans « l’Empire du chantier » que représente la Chine en pleine croissance. Etienne Tricaud, président du directoire, revient sur ces succès de la « méthode Arep ».


Que représente la Chine pour Arep ?
Nous sommes présents en Asie du Sud-Est, en Inde, au Moyen-Orient, au Maroc et en Afrique subsaharienne, mais la Chine représente déjà la moitié de notre chiffre d’affaires à l’étranger. Après Pékin en 2000, nous avons ouvert notre deuxième bureau à Shanghai en juin 2017, soit une centaine de collaborateurs désormais sur place. Etre confronté aux questions que se pose aujourd’hui la Chine en termes d’urbanisme c’est travailler sur toutes les problématiques du monde contemporain : la densification des zones urbaines et les enjeux environnementaux et sociétaux que celle-ci soulève. Des défis de taille que le dynamisme des Chinois aide à aborder avec volontarisme et inventivité.


Parlez-nous du chantier de Hangzhou…
La ville avait besoin d’un centre sportif avec un grand nombre de gymnases en vue notamment des Jeux Asiatiques de 2022. Or la densité de population ne permettait pas d’étaler ces équipements comme ils le sont à Paris par exemple. Nous avons donc proposé « d ‘empiler » huit étages de 4 gymnases chacun en un seul et même immeuble, ce qui n’avait jamais été fait auparavant, à cette échelle en tout cas. Le bâtiment, composé de grands plateaux avec un noyau central et une exostructure transparente, offre une expérience à la fois sportive et urbaine, avec une rampe extérieure faisant office d’accès aux étages, de lieu d’échauffement et de belvédère. Nous avons conçu la Tour des Sports de Hangzhou comme un lieu de vie, avec une clinique du sport, des restaurants, des commerces et un hôtel.


A Chengdu c’est un chantier de gare de métro exceptionnelle qu’Arep a remporté…
Il s’agit d’une gare desservant quatre lignes de métro, que nous avons conçue à l’image de ce que nous proposons dans nos gares à travers le monde, soit un « city booster », un espace public où les gens se rencontrent réellement, un réceptacle des usages d’une ville en évolution permanente. Dans notre jargon nous appelons cela un « espace capable »,. Pour s’en faire une idée on peut penser à des lieux comme le 104 à Paris, qui mêle vie de quartier, vie culturelle, vie associative etc. Au cœur du nouveau quartier central des affaires de Chengdu avec lequel elle sera parfaitement en symbiose, la gare offrira de nombreux services, dont une immense médiathèque de 50 000 m2, et 15 000 m2 de commerces qui y seront également implantés.  Mais cette gare de métro affiche une autre particularité : avec la plus grande voûte en bois de Chine, elle participe à la relance d’un matériau traditionnel par de nouvelles techniques, à l’image d’une Chine qui cherche la voie de son développement propre.


Avec le troisième projet, on passe du bâtiment à la ville
Wuhan 2030 sera effectivement la première éco-cité franco-chinoise. Sur le plan environnemental, nous sommes allés plus loin que les éco-cités existantes dans le sens où nous avons réellement travaillé avec l’écosystème local, composé de terres humides et d’agriculture vivrière dans le respect de sa fragilité. Nous y avons conforté toute la partie agricole en vue de développer une véritable agriculture périurbaine, à la fois lieu de production agricole et de régénération pour les citadins.  Mais c’est sur le volet social que notre éco-cité se distingue encore plus des autres. En nous réinterrogeant sur la façon dont on vit en Chine au XXIe siècle, avec les autres, proches et plus lointains, nous avons mené toute une réflexion sur l’îlot, les relations de voisinage, les équipements, les déplacements etc., avec pour objectif de créer une ville réellement inclusive. Une ville qui permette à chacun d’accéder aux autres, aux richesses de la ville et notamment la formation, l’emploi, la culture…


Pour conclure, comment résumer la « patte AREP» ?
Ce qui caractérise AREP c’est toujours une très grande attention à l’usage. Pour nous, ce qui fait la qualité de l’espace de la ville c’est la manière dont les gens peuvent s’y rencontrer, y créer du lien s’ils le souhaitent. C’est pourquoi nous aimons dire que nous créons une architecture relationnelle, des « cities for sharing » (« villes pour partager »). Et puis la compréhension des process, de la manière dont se fabrique la ville,  tient aussi une très grande place dans notre façon de travailler. Une ville se crée selon un processus complexe, avec un très grand nombre d’acteurs. Il faut être au bon endroit au bon moment et répondre aux aspirations des uns et des autres. C’est ce que nous nous efforçons de faire, toujours avec enthousiasme.