Emploi

ALTERNANCE À LA SNCF

 
 

Une nouvelle voie pour l’apprentissage

Ingénieur, alternance

13/10/2009

L’école d’ingénieurs du Cesi et la SNCF ont créé une nouvelle option pour préparer les futurs jeunes cadres aux fonctions de la conduite de travaux d’infrastructures ferroviaires.

Cette formation en alternance sur trois ans a été élaborée conjointement par l’ei.cesi et la SNCF, notamment via le CNFI de Nanterre (Centre National de Formation à l’Infrastructure). La 1ère promotion de 20 élèves a été accueillie en septembre. Michel Morin, Responsable du Groupe Gestion des Compétences à Infra SNCF et David Failly, directeur de l’ei.cesi de Bagneux, décrivent le projet.

Pourquoi avoir créé cette nouvelle option ?

MM : l’apprentissage est de plus en plus développé pour permettre aux jeunes de continuer leurs études et d’intégrer le monde de l’entreprise ; à l’Infra, nous proposions déjà cette offre aux profils bac à bac+3 ; nous souhaitions l’élargir aux bac+5. Par ailleurs, lorsqu’on recrute un jeune ingénieur, nous devons le former pour acquérir les spécificités des travaux ferroviaires ; il doit apprendre à maîtriser les réglementations de sécurité qui s’appliquent aux hommes et aux circulations, des modules plus techniques, comme la maintenance de la voie, la signalisation, l’alimentation caténaire… que l’on ne retrouve pas ailleurs. Une fois diplômés, les 20 jeunes apprentis seront formés à ces questions, donc en capacité de prendre plus rapidement des responsabilités dans le cadre de travaux ferroviaires .

DF : En permettant aux jeunes de suivre une formation tout en étant rémunéré, l’apprentissage constitue la plus belle bourse ; l’apprenti s’imprègne de l’entreprise, connaît son environnement et ses contraintes, il acquiert des méthodes de travail. Pour les entreprises, cela permet d’entrer dans une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, en se créant un vivier de candidats potentiels, selon les affinités qui se créént. Nous travaillons avec la SNCF depuis 11 ans. Ce projet était complètement en phase avec la philosophie du Cesi : former des ingénieurs opérationnels et pragmatiques, capables d’organiser, de coordonner, de diriger les interventions sur le terrain.

Quels ont été les critères de sélection ? Comment se déroule la formation ?

DF : Les jeunes ont d’abord été sélectionnés par nos équipes selon leur motivation quant à la voie de l’apprentissage et leur niveau de connaissance (en majorité, ils sont de niveau bac+2 en BTP ou génie civil). La SNCF a ensuite réalisé une sélection sur ses propres critères. Les jeunes alternent les périodes en entreprise (90 semaines en 3 ans) et les périodes en cours. Un volet de 250h de cours sur les travaux ferroviaires leur est dispensé. Ils découvriront les spécificités du BTP des installations ferroviaires au sens large, pas uniquement appliquées à la SNCF.

MM : Notre sélection a été basée sur des entretiens, des tests d’évaluation, la recherche de certaines qualités comme la prise d’initiative, la maîtrise du stress, l’organisation et la méthode, l’esprit d’ouverture… Aujourd’hui, les apprentis ont rejoint des unités travaux de grands centres ferroviaires, répartis dans toute la France. Ils ont un maître d’apprentissage, cadre expérimenté basé dans cette unité, qui les suivra pendant les 3 ans. Un livret de suivi de la formation permet à l’apprenti comme au maître d’apprentissage de suivre tous les cours théoriques reçus afin de les mettre en pratique sur le terrain. Le but est vraiment d’assurer un transfert de compétences entre un jeune et un cadre expérimenté, pour que les méthodes d’organisation, les « gestes » soient acquis. Notre volonté est aussi de fédérer un groupe pour qu’il y ait un esprit d’équipe entre ces 20 jeunes,qu’ un travail en réseau de tous les apprentis et maîtres d’apprentissage fédère cette première session .

Au cours de leur formation, les jeunes découvriront aussi d’autres services de la SNCF pour avoir une vue plus large de l’entreprise et de ses enjeux, et nous préparons actuellement leurs stages à l’étranger de 3e année.

M.Failly, quelles sont les qualités d’un bon ingénieur aujourd’hui ?

Selon moi, un ingénieur doit être ouvert aux changements de l’entreprise, de l’environnement ; il doit être capable de s’adapter, d’anticiper, d’improviser de nouvelles solutions organisationnelles, technologiques ou managériales, tout en ayant la maîtrise financière de son centre de coûts et de profits. Aujourd’hui, le bagage scientifique et technique ne suffit plus ; un ingénieur doit aussi être un manager, pour motiver et entraîner ses équipes, et un leader, pour innover et être force de proposition pour son entreprise.

M.Morin, quels sont les atouts de la SNCF pour un jeune ingénieur ?

La SNCF a indéniablement 2 atouts majeurs : la richesse de ses parcours et de nombreux projets d’investissements . Notre avantage, c’est déjà notre taille. Par exemple, rien qu’à l’Infra, nous sommes 53 000, proposant plus de 50 métiers différents . Selon les motivations, les capacités, la mobilité de chacun, nous pouvons construire des parcours professionnels diversifiés. La SNCF, c’est aussi une entreprise qui a de grands projets d’avenir. Le plan de relance et le Grenelle de l’environnement ouvrent de nombreuses perspectives il y aura, dans les années furures , des investissements importants et durables où les ingénieurs en travaux ferroviaires seront des acteurs majeurs .

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