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Le développement rentable de Geodis et de la plupart des filiales, le redressement de Fret SNCF caractérisent la performance de la branche transports @ logistique. Le chiffre d'affaires progresse de 15,5% avec une réduction significative du déficit opérationnel. Développer des services innovants et compétitifs est le défi n°1 de la branche, objet d'une nouvelle ambition euréopéenne de la SNCF.
Pour la desserte de ses 60 magasins parisiens, Monoprix a choisi Fret SNCF et Geodis pour transporter ses marchandises au départ de ses entrepôts franciliens.
L’acquisition de TNT Freight Forwarding est finalisée. Cette entité, rebaptisée Wilson, fait de Geodis un acteur de 1er plan de la Commission de transport en Europe.
Le wagon isolé avec un service à haut débit séduit les Brasseries Kronenbourg, qui confient à Fret SNCF 80 % de leurs trafics à destination de la grande distribution contre 35 % jusque-là. Un contrat de deux ans remporté face à de nouveaux entrants.
Fret SNCF prend sa place dans le trafic en développement spectaculaire du port de la Mer du Nord. De 5 trains par semaine à fin 2006, il monte à 50 à fin 2007.
L’offre wagon isolé haut débit dédiée à la chimie démarre sur l’axe privilégié du secteur Sibelin-Bayonne. Objectif : + 20 % de développement du trafic.
Fin 2007, Fret SNCF maintient son volume de trafics, et les concurrents affichent 8 % de parts de marché. Conclusion : le trafic du ferroviaire a augmenté de 8 %. Une première !
2007 est une année historique.
Pour Fret SNCF, qui sort de la spirale du déclin dans lequel il était enfermé depuis huit ans.
Pour le fret ferroviaire en général, qui voit sa part de marché augmenter après des décennies de stagnation.
La branche recouvre tous les métiers du transport et de la logistique. À la fois opérateur ferroviaire en Europe avec Fret SNCF et sa deuxième marque VFLI ; transporteur routier avec Geodis BM ; acteur du ferroutage transalpin (AFA) ; opérateur de transport combiné rail-route avec Novatrans ou maritime avec Naviland Cargo ; fournisseur de logistique porte-à-porte pour l’automobile (STVA), la grande distribution (Districhrono), l’industrie chimique et pétrolière (Ermechem) ; gestionnaire de parcs de wagons de premier plan avec notamment des wagons dédiés au transport de céréales (CTC), de minéraux (Sogewag), de fertilisants (Transengrais) ou de produits lourds (SGW) ; commissionnaire de transport national avec Sealogis, européen avec Logistra et mondial avec Geodis. La branche développe des synergies industrielles pour offrir des solutions innovantes aux chargeurs et renforce la position du groupe SNCF sur le marché porteur de la logistique en Europe.
84 M€ C’EST LA CONTRIBUTION DES FILIALES AU RÉSULTAT COURANT DE LA BRANCHE EN 2007
Le contexte est particulièrement favorable. Le développement des transports restera supérieur à celui du PIB dans les prochaines années. De nouveaux marchés longue distance s’ouvrent en Europe du fait du déplacement des bassins de production et de consommation. L’arrivée de concurrents ferroviaires est une opportunité de plus pour Fret SNCF. La nouvelle possibilité offerte aux chargeurs de comparer les offres valorise la pertinence de celle de Fret SNCF et lui redonne une crédibilité sur le marché. Elle attire de nouveaux industriels vers le mode ferroviaire et, du fait d’efforts majeurs, incite nombre de clients à confier davantage de trafics à Fret SNCF. Exigence croissante de la société, le développement durable est aussi une chance. Parce qu’il fait pointer du doigt le monde du transport et amène les chargeurs à rendre compte de leur responsabilité sociale d’entreprise, en fournissant le bilan carbone de leurs transports.
62,3 % DU CHIFFRE D’AFFAIRES DE LA BRANCHE RÉALISÉS PAR GEODIS
+ 8 % DE TRANSPORT FERROVIAIRE EN FRANCE
Transports & Logistique est la première branche du groupe SNCF par le chiffre d’affaires qui atteint 7,7 milliards d’euros en progression de + 15,5 %. Du fait des transformations engagées, la perte courante se réduit à - 23 millions d’euros contre - 74 millions d’euros en 2006. Geodis contribue pour 4,7 millions d’euros au chiffre d’affaires de la branche, en croissance de + 26 %, et pour 122 millions d’euros au résultat courant. Cette performance provient notamment de l’intégration de Wilson, qui positionne Geodis parmi les leaders de la commission de transport en Europe, et d’une croissance soutenue de la messagerie en France, de la commission de transport en Asie et de la logistique dans les pays de l’Est. Fret SNCF sort pour la première fois en huit ans de la spirale du déclin. Sur les neuf premiers mois de l’année, son chiffre d’affaires progresse de + 3 %, preuve de la confiance retrouvée des chargeurs, mais l’impact des grèves de l’automne maintient sur l’année le volume d’activités à son niveau de 2006. La perte courante diminue sensiblement à - 186 millions d’euros contre - 228 millions d’euros en 2006, premier signe de l’efficacité du programme d’actions de Fret SNCF. Toutes les filiales améliorent leur performance, en particulier STVA et Naviland Cargo qui confirment son redres sement. Au total, les filiales apportent une contribution positive de 84 millions d’euros au résultat courant de la branche, en progression de + 22 %.
En 2007, priorité absolue de Fret SNCF, la qualité est au rendezvous, les clients la perçoivent. Fret SNCF a repris la maîtrise de sa production : 23 % de trains en rupture d’acheminement en moins par rapport à 2006. Son organisation est plus réactive, notamment en période de crise : il a suffi de trois jours pour reprendre le service après le conflit de l’automne, contre trois semaines auparavant.
La massification des flux et le redéploiement des moyens, sur les grands axes européens en particulier, dopent la fiabilité du service de Fret SNCF autant que sa productivité. Cette transformation profonde est particulièrement visible en matière de wagon isolé, où les solutions nouvelles conçues avec les clients permettent à Fret SNCF de conserver sa part de marché, voire de la développer. C’est ainsi que Fret SNCF a décroché un nouveau contrat de deux ans avec Kronenbourg face à des concurrents majeurs. Il fait passer de 35 % à 60 % la part des trafics de la grande distribution gérés par Fret SNCF. La nouvelle offre « Chem Express », lancée en décembre 2007, propose aux industriels de la chimie un transport régulier pour les wagons isolés sur l’axe Sud-Est/ Sud-Ouest (Sibelin/Bayonne) : un train par jour dans chaque sens et un délai Jour A / Jour C, une garantie de place dans le train à la clé. Des trains entiers aux trains multiclients, l’alliance de massification et de souplesse forge l’avantage concurrentiel de Fret SNCF. L’année 2007 inaugure aussi la conquête de nouveaux marchés porteurs, comme la logistique urbaine avec Monoprix et le fret ferroviaire à grande vitesse lancé avec La Poste à travers la filiale commune Fret GV.
Des solutions logistiques robustes, des offres sur mesure et le partage des risques fondent la nouvelle relation équilibrée de Fret SNCF avec ses clients. Fret SNCF s’engage à réaliser le trafic au jour J et à payer des pénalités au client dans le cas contraire. En contrepartie, le client s’engage lui aussi financièrement pour le cas où ses marchandises ne seraient pas disponibles pour le transport. C’est le juste retour des efforts de transformation de Fret SNCF et le levier de sa crédibilité.
38,4% DE L’ACTIVITÉ FRET SNCF RÉALISÉS À L’INTERNATIONAL
En 2007, Fret SNCF réalise 38,4 % de son activité à l’international. Pour capter les flux à fort potentiel de croissance en Europe, Fret SNCF privilégie l’open access : des trafics maîtrisés de bout en bout avec un interlocuteur unique. Une stratégie qui porte ses fruits. En 2007, Fret SNCF multiplie son trafic par 10 sur Anvers avec 50 trains par semaine contre 5 l’année précédente et vise 100 trains par semaine dès 2008. En Italie, les trafics réalisés en open access progressent de +75 %, de 40 trains par semaine en 2006 à 70 en 2007. En 2008, l’objectif est de développer des trafics en open access en Allemagne et en direction de l’Europe de l’Est. L’achat de 75 % de l’entreprise ferroviaire privée allemande Import Transport Logistik (ITL) début 2008 place la SNCF en première position pour conquérir les flux Est-Ouest européens.
x 10 LES TRAFICS DE FRET SNCF À ANVERS
L’intégration industrielle initiée en 2007 avec la création de cinq directions fret, spécialisées par grands secteurs d’activité dans une logique client, est une première étape. Le 1er octobre 2008, ce sera au tour de tous les agents travaillant pour le fret de se spécialiser dans cette activité et de rallier la « Famille Fret », caractérisée par une ligne de management courte et très proche des clients. En 2008, une négociation sociale s’est engagée pour définir les conditions de travail et de rémunération spécifiques au fret et donner de la souplesse à l’activité en reconnaissant l’effort d’adaptation des agents.
Président du directoire de Naviland Cargo
Vous avez fait appel au volontariat des cheminots pour intégrer votre filiale. Objectif : réaliser vousmême et maîtriser le service clients. Quel est le bilan ?
Depuis 2005 avec l’émergence de RAIL LINK filiale du groupe CMA / CGM, la concurrence a imposé de modifier profondément l’organisation et les modes de fonctionnement de l’entreprise. Une étape majeure a été franchie en 2007 avec l’intégration de la production ferroviaire, moyen d’atteindre le double objectif de la maîtrise du premier poste de charges de l’entreprise et l’amélioration durable de la qualité au service des clients. L’importance de l’enjeu, le calendrier retenu (sept mois entre le lancement et la production) et le niveau élevé de compétences indispensables à une production ferroviaire de qualité réalisée dans les conditions de sécurité optimales imposaient d’articuler ce projet autour et avec les cheminots. Un « deal », remettant en cause certaines règles de fonctionnement, fut proposé et accepté par une quarantaine de conducteurs SNCF. Six mois après le lancement et alors que « la machine » ne fonctionne pas encore à pleine puissance, l’équilibre général du « deal » passé est respecté. Les primes traction des conducteurs sont en moyenne déjà au niveau ciblé. Les retards supérieurs à 24 h ont quasiment disparu et le taux de trains à moins d’une heure de retard est de 93,4 % en progression de 7 %. Dans un marché en forte croissance (+ 21 % en CA et + 32 % en volume), la qualité est le levier le plus fort pour capter une part prépondérante du marché. La souplesse de fonctionnement permettra de minimiser ce qui risque de constituer le principal frein au développement du transport combiné : la gestion des sillons et la gestion des travaux.
Faire de la SNCF un champion français et européen de la logistique dans la mondialisation des échanges — En 2012, l’activité Transports & Logistique sera devenue un acteur mondial performant. La SNCF sera dans le top 5 des opérateurs mondiaux.
Le premier enjeu de la SNCF est de réussir l’intégration industrielle de Fret SNCF et la négociation sociale sur les conditions d’emploi. Les bénéfices seront un saut de performance et de compétitivité en qualité et en coût. Les chargeurs l’attendent et le retour à la rentabilité est un impératif.
Dès que la négociation sociale aura abouti, un dispositif d’équité concurrentielle concernant les charges sociales et fiscales devra être mis en oeuvre. Un cadre social harmonisé entre toutes les entreprises du secteur est de nature à dynamiser le mode ferroviaire.
La SNCF est la mieux positionnée pour revendiquer une mobilité durable du transport des marchandises et de la logistique. La capacité d’intégration de ses filiales et de ses savoir-faire est la clé : le potentiel est là, il reste à le mobiliser. C’est en développant la multimodalité pour les chargeurs que la SNCF peut bâtir un champion français. Les opportunités de consolidation se multiplient, tant dans le ferroviaire que dans les autres modes. Le rachat de Geodis en 2008 est un premier grand pas dans ce sens.
50 M€ SERONT INVESTIS D’ICI À 2010 POUR DÉCONGESTIONNER LES VOIES FRET
Directeur général délégué de Transports & Logistique, président de Geodis
« CE QUI SERA DÉTERMINANT DANS LA COMPÉTITION EUROPÉENNE, CE SERA LA QUALITÉ DE NOTRE OFFRE. »
Les indices qualité sont à la hausse, la confiance des clients revient. Fret SNCF est en passe de réussir sa révolution ?
Des changements très sains ont été initiés en interne par la précédente équipe de Direction. Nous ne sommes pas au bout du chemin, mais il est intéressant de noter le renversement de tendance qui s’amorce. Cela dit, le transport ferroviaire ne peut pas gagner son pari de redressement en restant isolé. Il doit prendre sa place au sein d’une offre logistique élargie.
Comment avez-vous vécu cette OPA amicale de la SNCF ? Quels avantages y voyez-vous pour les deux parties ?
Le lancement de l’OPA est une solution d’avenir, à la fois pour la SNCF et pour Geodis. Elle répond à une attente de nos clients qui nous demandent des solutions complètes : de couverture internationale et associant la route, le bateau, l’avion, et le rail, bien sûr. Optimiser les différents modes de transport constitue aussi une réponse aux préoccupations des pouvoirs publics et des citoyens en matière de développement durable.
Deutsche Bahn développe la multimodalité depuis cinq ans. Cette avance est-elle rattrapable ?
L’analyse est largement partagée : il y a une place aujourd’hui en Europe pour un autre acteur global de la logistique et du transport de marchandises à vocation mondiale. Nous aurons les moyens de devenir cet acteur. Le rapprochement des activités de Geodis, Fret SNCF et des filiales de Transports & Logistique Partenaires devrait être largement positif du fait de la complémentarité des activités de Geodis et de la SNCF, de la surface financière de la SNCF et, bien sûr, de la volonté de son président. Ce qui sera déterminant dans la compétition européenne, ce sera la qualité de notre offre.
Le rapprochement des personnels de Geodis et de Fret SNCF est un choc culturel. La négociation sociale de compétitivité de l’automne en est un autre. Comment allez-vous gérer ces changements ?
Je ne souhaite justement pas de « choc culturel ». La dynamique du projet serait cassée si on ne respectait pas les organisations et la culture des différentes entreprises. Le mode de management sera très fédératif. Je concentrerai mes efforts sur la construction d’une offre commerciale homogène.