Crédit photo en-tête de page : Seb Godefroy / SNCF

Mathias Biabiany : « La médaille aux JO : j'y pense tous les jours »

Récent vainqueur à l’épée sur l’étape du circuit élite à Monaco, Mathias Biabiany évoque, ici, sa longue convalescence qui l’a tenu écarté des pistes durant un an et demi. Avec un rêve olympique toujours intact, l’athlète SNCF affiche ses ambitions.

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Briller peu après ton retour sur le circuit élite, c’est un soulagement ? 

Ma rentrée n’a pas été facile puisque dans un premier temps, j’ai réalisé des contre-performances lors de mes deux premiers week-ends de compétition. J’avais l’appréhension de la blessure et pas encore assez de pratique. Et puis, les sensations sont revenues progressivement… En fait, cette victoire à Monaco concrétise un an et demi d’efforts. Cette étape me place, de nouveau, parmi les Français en course pour les Jeux olympiques. Je tourne la page d’un chapitre compliqué dans ma vie d’athlète. 

Pourquoi une si longue absence ? 

Après ma rupture partielle du tendon rotulien, blessure due à une sur-sollicitation de ma jambe d’appui, mon indisponibilité était estimée entre 6 à 8 mois. Malheureusement, j’ai eu des complications… Un nouveau coup dur car c’était ma première grosse blessure. En plus, avant cette opération, je faisais partie du groupe de quatre titulaires de l'équipe de France en vue des Jeux.

C’est à cette période que tu as rejoint le dispositif Athlètes SNCF ? 

J’ai effectivement eu cette chance. Cela m’a donné plus de stabilité, j’ai pu ainsi compenser. Provisoirement, je n’avais plus l’escrime, ce sport auquel je consacrais, jusque-là, tout mon temps. En lieu et place, j’ai découvert un travail, une équipe, des projets professionnels concrets. C’était une bonne échappatoire. 

En quoi le dispositif t’a aidé à surmonter cette épreuve ? 

Les athlètes issus du sport amateur ne sont pas toujours rémunérés par leurs clubs, et même à haut niveau. Pourtant, on s’entraîne comme des professionnels, notre investissement est identique. Intégrer l’entreprise m’a donc permis de me projeter sur le long terme et de réduire le stress lié à ma blessure. 

Tu as pu aussi découvrir le métier de responsable d'équipe en gare de Paris-Lyon...

J’ai pu remarcher à cette période et donc me déplacer, commencer à faire des missions dans de bonnes conditions. Mon intégration s’est très bien passée, j’ai reçu d’emblée un soutien moral de la part de mes nouveaux collègues. Je passais d’une discipline que je connaissais à 100% à un métier que je devais apprendre. Heureusement, j’étais bien entouré, mes responsables ont vraiment pris le temps avec moi. 

Quelles sont les leçons que tu tires de ce « chapitre compliqué » ?

Il faut écouter son corps quand il n’en peut plus. Pendant cette période, j’ai appris à me connaître mieux : mes limites, mes capacités, mes qualités et mes défauts. J’ai tendance à être impatient mais cette blessure m’a obligé à ralentir mon rythme de vie. J’ai gagné en maturité et ça m’a permis de tenir. Je pratique une discipline qui est dite de «sagesse». On prend beaucoup de temps avant d’acquérir des capacités. Or, mon objectif, c’est de durer dans le temps. 

Pour Tokyo 2020, tout se joue dans les mois prochains avec les épreuves qualificatives pour les JO…

C’est venu petit à petit mais je savoure, à présent, cette première victoire à Monaco. Je me rends compte du chemin parcouru depuis ma blessure, des hauts et des bas, de la chance d’avoir un travail qui me laisse l’opportunité de m’entraîner et de préparer au mieux mes compétitions. Mais, c’est de la joie mesurée car je suis qu’au début… Tout est faisable, je pars en janvier pour la première compétition sélective pour les JO. C’est une aventure excitante, j’ai hâte d’y prendre part. La médaille aux JO, j’y pense tous les jours, je me réveille et je la vois. Voilà ce qui me motive, voilà ce qui me donne de force même quand c’est difficile.

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