Crédit photo en-tête de page : Bertrand Jacquot

Alizée Agier

Découvrez le parcours de la karatéka bourguignonne Alizée Agier, championne de France, d’Europe et du monde, et dirigeant opérationnel de services en gare de Paris-Lyon.

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Sa carrière

C’est en regardant pendant des heures son frère à l’entraînement qu’Alizée a eu envie de débuter le karaté. Elle a 5 ans et veut « faire comme lui ». Outre ce sport de combat, elle pratique, par la suite, le ski nautique et la gymnastique. Deux disciplines qui lui « ont apporté souplesse et rigueur ».

Dix ans plus tard, sa vie de sportive prend un tournant majeur : l’entraîneur de la Ligue de Bourgogne l’inscrit à un stage qui lui ouvre les portes du Pôle France de Talence. Ses premières sélections avec les Bleues sont une source de motivation sans équivalent : « Quand on goûte à l’Équipe de France, on a envie d’y rester ! ».

Après 4 années au pôle senior de Montpellier, Alizée Agier s’entraîne désormais au Pôle France de Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine. L’objectif ? Préparer au mieux l’entrée de sa discipline aux JO de Tokyo 2020.

Le diabète, son autre combat

Car Alizée a de réelles chances de médaille. Championne du monde de sa catégorie en 2014, à seulement 20 ans, Alizée vit sa première déception professionnelle deux ans après et ce, hors des tatamis. Atteinte d’un diabète de type 1, elle découvre que les réglementations d’accès à certains métiers ne lui permettent pas d’exercer les professions auxquelles elle aspirait.

Cette passionnée de voyages se réoriente, dès lors, vers un nouveau métier et décroche en 2018 un BTS Tourisme. Elle se bat aujourd’hui afin de faire évoluer des textes de loi qui ne prendraient pas, selon elle, assez en compte l’évolution des traitements du diabète. « J'estime que je dois faire bouger les choses, prouver qu'un diabète bien géré ne pose pas de problème dans sa vie personnelle et professionnelle. Ne suis-je pas championne du monde ? »

Viser « l’or, comme toujours »

Si elle s’envole pour les JO de Tokyo en 2020, Alizée visera «l’or, comme toujours ». Un objectif qui lui tient d’autant plus à cœur que son sport ne sera certainement pas représenté quatre ans plus tard à Paris…

Mot à mot

 « Manager des équipes, participer à l’embarquement à bord des trains, être disponible pour les voyageurs : ce poste me plaît pour son côté multitâches et parce que je me sens utile. C’est passionnant de découvrir le quotidien d’une gare, d’en maîtriser le fonctionnement. Au-delà du terrain, ce métier me permet également de sortir de ma routine de sportive, d’avoir des objectifs qui ne soient pas uniquement liés au karaté, de développer certaines compétences et d’en acquérir de nouvelles. En tant que sportive de haut niveau, je pouvais difficilement espérer mieux qu’intégrer le dispositif Athlètes SNCF. En effet, le karaté n’est pas un sport professionnel et ma carrière ne durera pas toute ma vie. J’avais donc besoin, dès à présent, de pouvoir me tourner vers l’avenir avec plus de sérénité, de certitudes. Avec les autres agents ? C’est un échange gagnant-gagnant permanent. Eux m’apprennent les “petites astuces” qui me permettent de vite progresser et, de mon côté, je leur fais aussi part de mes expériences dans le sport. Il y a un réel partage. »

Championnats du monde

  • 1re en 2014
  • 1re par équipe en 2016

Championnats d’Europe

  • 1re en 2019
  • 2e en 2017

Championnats de France

  • 6 fois championne de France de sa catégorie (- de 68 kg) de 2014 à 2019