Crédit photo en-tête de page : Bertrand Jacquot / SNCF

Sofia Nabet

Découvrez le parcours de la boxeuse picarde Sofia Nabet, championne de France en 2017 et agent commercial en gare de Paris-Nord.

Sa carrière

Les galas de boxe ? C’est sa madeleine de Proust. Une enfance rythmée par les combats de son papa, Mohammed Nabet. Des souvenirs où s’entremêlent l’effervescence du public, l’odeur du ring, le bruit si caractéristique des poings en action et celui plus strident du gong actant chaque fin de round. Un univers forcément fascinant. De quoi déclencher une vocation, même tardive. Sofia Nabet n’enfile les gants qu’à l’âge de 15 ans, on est en 2005.

L’entraîneur est évidemment tout trouvé. Qui mieux que son père pour lui enseigner le noble art ? La position des pieds tout d’abord, savoir frapper ensuite, des jabs, des directs, des crochets, divers enchaînements et puis dans la foulée, apprendre à bloquer les attaques de l’adversaire, quelques feintes ici et là et enfin, être capable d’encaisser ces séries si éprouvantes de rounds. Trois longues minutes où il faut tout donner…  Sofia serre les dents, travaille sans relâche, se forge un physique de combattante, apprend à donner des coups mais surtout à ne pas en prendre. Elle le sait, c’est le seul et unique moyen d’avoir enfin le droit de combattre, de passer de l’autre côté des cordes pour la compétition. Dès sa première leçon, son père l’avait ainsi prévenue : « Tu ne monteras sur un ring que lorsque tu sauras esquiver ».

Paralysie des jambes et une histoire de gants retrouvés

Les premiers combats de Sofia lui donne raison. Sa fille gagne et face à des adversaires plus expérimentées. En l’espace de six ans, la native de Chauny dans l’Aisne glane ainsi pas moins de 8 titres régionaux. Et pourtant, la machine s’enraye. Les défaites, souvent inévitables en début de carrière, ont un goût trop amer pour Sofia. Au tournant de la vingtaine, la jeune femme se veut lucide. Malgré tous ses efforts, il n’y a pas eu de déclic, de bonne dynamique, de plaisir décuplé match après match. Et la voilà qui prend résolument ses distances avec le ring.

L’histoire aurait dû s’arrêter là. Mais en 2011, Sofia Nabet est victime d’un « bulging discal » qui la prive de l’usage de ses jambes pendant un an. « C’est bien simple, je me sentais foutue », se rappelle-t-elle sans ambages. Elle s’en sort pourtant et comme c’est souvent le cas après une telle épreuve, avec une soif de vivre redoublée. En 2015, Sofia Nabet renfile donc les gants. À Bougoin-Jallieu cette fois, dans l’Isère où elle se frotte à un nouvel entraîneur. Ce dernier la pique d’emblée, juge qu’elle ne s’adonne pas à la boxe comme la pro qu’elle devrait être. Et ça marche. Désormais, le ring comme le sac de frappe n’est plus un loisir. Deux ans après son come-back, en 2017, Sofia Nabet devient championne de France. Un premier grand titre qui ne peut en appeler que d’autres.

La grande famille

L’objectif est connu et assumé : « Disputer dans ma catégorie, celle des – 57 kg, les Jeux olympiques de 2020 ». Sofia Nabet en a clairement le potentiel après dix ans d’entraînement à la salle et une cinquantaine de combats. Pour faire face à un tel enjeu, la championne de France essaye de mettre les meilleures chances de son côté. Elle est donc retournée chez elle, en Picardie, dans son club formateur de Chauny. Et depuis 2018, a intégré le dispositif Athlètes SNCF. « Représenter la France avec SNCF est un honneur pour moi », déclare-t-elle, « c’est magnifique d’intégrer une grande famille comme celle-ci et de se sentir soutenue quels que soient mes résultats. »  Agent commercial en gare de Paris-Nord, elle bénéficie d’un temps aménagé, ce qui lui offre  la possibilité de s’entraîner « avec la régularité et l'exigence que demande le haut niveau ». Et d’admettre dans un sourire : « Cette stabilité, c’est véritablement un poids en moins, surtout pour moi qui ai connu une longue traversée du désert et plusieurs blessures ».

Championnats de France

  • 2e en 2018 à Saint-Quentin
  • 1re en 2017 au Havre