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Place au MMA pour notre ancienne athlète, Laëtitia Blot !

Championne de France de judo puis de lutte, l’ancienne membre du Dispositif Athlètes SNCF combat désormais en MMA. À 38 ans, cette athlète hors-normes nous raconte comment elle repousse ses limites pour conjuguer la pratique de sa nouvelle discipline et son métier de chef de bord Thalys.

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Au début du printemps, Laëtitia Blot a fait ses valises pour Rio de Janeiro. Un périple carioca destiné à écumer les clubs brésiliens afin de préparer son prochain combat en Mixed Martial Art (MMA), la nouvelle discipline que pratique cette touche-à-tout des sports de combat qui combine boxe thaï, jiu-jitsu brésilien, lutte et judo. « J’investis sur moi. Je pars seule mais j’ai retrouvé sur place un athlète de mon club à Marseille qui me conduit dans les endroits où je peux m’entraîner », explique celle qui, dans l’octogone (forme de la cage où se pratique le MMA, ndr), enchaîne coups de pied, de poing, de genou, de coude et travail au sol.

En plus d’être un vrai bourreau de travail, Laëtitia Blot, c’est aussi un palmarès exceptionnel et unique en sports de combat. Elle a obtenu son premier titre de championne de France de judo (-57 kg) en 2013 puis a enchaîné les podiums en compétition : Grand prix de Samsun en Turquie, médaille d’or par équipes des championnats d’Europe de Montpellier (2014), titre mondial par équipes lors des championnats du monde de Tcheliabinsk (2014) et médaille d’or par équipes aux Jeux européens à Bakou (2015).

Parallèlement à sa carrière de judoka, championne de France de judo en 2014 puis 2016, elle se lance dans la lutte et obtient le titre de championne nationale en 2016 et en 2017. C’est après cette carrière de haut niveau dans le judo et la lutte qu’elle se lance dans le sambo (art martial mélangeant judo, boxe et lutte, ndr) et dans le même temps, s’essaie au MMA, fin 2019.

Une victoire expéditive et… une ministre soulevée de terre !

Légalisé en France depuis 2020 et encadré par la Fédération française de boxe, la discipline qui gagne alors en popularité lui plaît. Elle participe au premier tournoi de MMA organisé en France, le 8 octobre 2020, au Palais des sports de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Elle performe dès son premier combat et terrasse son adversaire portugaise Leonora Nascimento en 90 secondes dans l’octogone. Après cette victoire expéditive, elle exprime sa joie en soulevant de terre la ministre déléguée aux sports Roxana Maracineanu venue assister à cette première. À date, elle a fait quatre combats qui se sont soldés par trois victoires et un match nul. Zéro défaite.

Le « requin blanc » de tous les sports de combat

Une belle revanche pour celle qui, n’a pas été retenue pour les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro (2016), la Fédération française de judo préférant alors « miser sur la jeunesse ». À l’époque, elle a 33 ans, et la pilule passe mal : « Ce n’est jamais simple d’être 8e mondial en judo et de ne pas pouvoir participer aux JO. J’ai été déçue mais j’ai décidé d’avancer ! ». Sur les conseils d’un ami, elle se tourne vers le MMA, forte de ses capacités physiques et d’un mental d’acier. « Le MMA est le “requin blanc” de tous les sports de combat, dit-elle. Je suis arrivée avec deux bagages, le judo et la lutte, mais je reprends à zéro. J’apprends un nouveau sport, la boxe, pour progresser en pieds-poings. Le MMA est un sport très réglementé avec de belles valeurs qui demande le dépassement de soi. » Un dépassement de soi qui s’opère notamment lors de ses entraînements pratiqués essentiellement avec des hommes, peu de femmes pratiquant encore ce sport aujourd’hui.

L’UFC est au MMA ce que la NBA est au basket : l’élite. Et je ferai tout pour l’intégrer.

Laëtitia Blot, combattante en MMA et chef de bord Thalys

Une carrière professionnelle sur les rails

Quand elle n’est pas dans l’octogone, Laëtitia Blot effectue ses missions entre la France, la Belgique et les Pays-Bas à bord des trains Thalys et ce, depuis 2017 après la fin de son aventure au sein du Dispositif Athlètes SNCF intégré en 2014. Celle qui parle quatre langues (français, anglais, néerlandais et espagnol) emporte toujours avec elle ses affaires de sport pour s’entraîner entre deux trajets, séance de musculation dans la salle de sports de la gare de Paris-Nord ou jogging dans les rues d’Amsterdam.Une routine quotidienne qu’elle effectue deux à quatre fois par jour, selon si elle travaille ou non.

« Le dispositif Athlètes SNCF m’a beaucoup appris, en particulier sur le plan de la communication au travers des différents séminaires. Cela m’a servi dans ma carrière de sportive pour les prises de parole mais aussi dans mon métier au quotidien dans les trains », rembobine-t-elle. « Chez Thalys, poursuit Laëtitia Blot, j'ai de la chance, mes collègues sont bienveillants, ils m’encouragent dans ma discipline. Je dis toujours que la victoire d’un seul est la victoire de tous ! Aujourd’hui, je suis en pourparlers avec un responsable pour trouver un aménagement de mon emploi du temps afin de mieux conjuguer travail et entraînements. »

Des ambitions internationales

En ligne de mire pour l’athlète : continuer à se dépasser et à performer. Après avoir participé  aux premiers championnats de France amateur de MMA, elle se concentre sur ses prochains combats au sein de la ligue française Hexagone MMA. Ses objectifs : devenir la meilleure dans sa discipline en France et être la 3e femme française à combattre à l’UFC, la première organisation mondiale d’arts martiaux mixtes (MMA) implantée aux États-Unis. « C’est au MMA ce que la NBA est au basket-ball. Alors, oui, j’aimerai combattre à Las Vegas ! ». Aujourd’hui, elle veut montrer que sport de combat et féminité ne sont pas antinomiques, inciter les femmes à prendre confiance en elles et pourquoi pas à pousser la porte d’un club. Dans un futur lointain, elle envisage même de passer son diplôme de professeure en MMA afin de leur enseigner la discipline tout en gardant sa casquette de chef de bord.