Crédit photo en-tête de page : DCRT SNCF Bretagne

Louis Giard : « On entre dans le money time de la sélection aux JO »

Récent vainqueur de l’étape de coupe du monde d’Enoshima, sur le site des prochains JO de Tokyo, le véliplanchiste Louis Giard évoque ses ambitions et le long chemin qui lui reste à accomplir pour réaliser son rêve olympique. Rencontre. 

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« Gagner sur le plan d’eau des JO de Tokyo est un beau signal »

Championnats du monde, championnats de France, sélection olympique… La route pour Tokyo 2020 n’a rien d’un fleuve tranquille pour Louis Giard. Notre athlète se confie, quelques jours après sa brillante victoire en coupe du monde sur le plan d’eau des prochains JO, sur sa préparation et son quotidien partagé entre les régates et son poste de chargé de communication au sein de la Direction Régionale de Rennes.

Gagner à Enoshima sur le plan d’eau des JO 2020… Cela a forcément une saveur particulière ?

C’est surtout très bon pour la confiance, parce que vivre de tels moments de réussite valident tout le travail fourni pour en arriver là. Qui plus est, sur ce genre de plan d’eau aux conditions extrêmement changeantes et où la houle peut se lever rapidement. J’aime régater dans ces endroits, adapter mon plan, changer de réglages pour progresser un peu plus à chaque bord : c’est tout l’enjeu du RS:X, la planche à voile olympique. 

Concrètement, qu’est-ce que ce succès change dans votre approche des JO de Tokyo 2020 ?

Absolument rien. C’est enthousiasmant de savoir qu’on est dans la course et que les choses se passent bien, mais je dois encore valider ma sélection pour les Jeux. Rien n’est encore acquis, il n’y a qu’une seule place à prendre et la concurrence est féroce dans ma catégorie (le Français Pierre Le Coq, médaillé de bronze aux jeux olympiques de Rio en 2016, a pris la 3e place de l’épreuve d’Enoshima, ndlr).

Comment gérez-vous cette concurrence en équipe de France ? 

Avoir une telle densité dans l’équipe est indéniablement stimulant… Et parfois compliqué à gérer. Mais si la concurrence entre nous peut être pesante, elle reste toujours saine. Il faut savoir jouer avec la pression, donc je me prépare à ma sauce sans trop me centrer sur les autres, pour vivre tout ça correctement et progresser de régate en régate.

En quoi faire partie du dispositif Athlètes SNCF vous aide-t-il à l’approche de ces échéances importantes ?

Être libéré 70% du temps pour m’entraîner est une véritable chance. Entre ma préparation physique et les régates, cela représente près de 30 heures d’entraînement par semaine. J’ai aussi beaucoup gagné en sérénité. Je ne suis pas obligé de m’inquiéter pour « l’après planche à voile »…

Et vos collègues, ça les intéresse la planche à voile ?

C’est vrai que ce n’est pas un sport qui passe à la télé. Mais ils sont à fond derrière moi et se débrouillent toujours pour regarder mes finales sur Internet. C’est un peu comme dans une famille : ils sont toujours bienveillants et font tout pour que j’arrive en compétition dans les meilleures conditions. C’est super.

Quelles sont les prochaines étapes importantes pour vous sur le chemin des jeux ?

On entre dans le money time de la préparation. À moi de bien figurer aux championnats du monde. J’enchaîne ensuite avec les championnats de France à Quiberon avant d’autres championnats du monde en février prochain. Le plus important pour moi, c’est de ne pas avoir de regrets, de continuer à tout donner jusqu’à l’annonce de l’équipe olympique en avril 2020.