Crédit photo en-tête de page : Bertrand Jacquot

Cédric Nankin

Découvrez le parcours de Cédric Nankin, athlète paralympique de rugby fauteuil et adjoint méthodes MOA au sein de SNCF Réseau depuis juillet 2020.

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« Intégrer le Dispositif athlètes SNCF a littéralement changé ma vie »

Comme beaucoup d’enfants, Cédric Nankin rêvait en voyant passer les trains. Mais en grandissant, son handicap, une agénésie congénitale des membres supérieurs et inférieurs, l’a confronté aux difficultés du voyage en train depuis sa petite gare de Château-Thierry, dans l’Aisne. « Entre fascination, galères d’usager handicapé et très bons échos de connaissances travaillant pour le Groupe, j’ai commencé à me renseigner sur le Dispositif athlètes », confie le natif de Saint-Denis aidé dans sa démarche par la fédération française handisport. Depuis juillet 2020, Cédric occupe le poste d’adjoint méthodes MOA chez SNCF Réseau. Un rôle de « facilitateur » qui sied parfaitement à celui qui aime faire briller ses partenaires sur les terrains de rugby-fauteuil comme dans l’entreprise : « j’aide la maîtrise d’ouvrage à organiser le déploiement des nouveaux matériels roulant en mettant en relation les différents acteurs ou en organisant les réunions nécessaires au bon déroulement des choses ».

L’homme de 36 ans le dit sans ambages : « Les entreprises qui permettent d’adapter son emploi du temps à la pratique du sport à haut niveau sont rares. Sans cette opportunité, j’aurais dû laisser tomber ma carrière en équipe de France. Intégrer le Dispositif athlètes SNCF a littéralement changé ma vie ». Avant de rejoindre notre Groupe, Cédric a en effet longtemps galéré pour trouver un emploi, notamment en raison d’un handicap qui, comme il le confie, « fait peur à beaucoup de boîtes ».

L’histoire d’une prémonition

Aussi, c’est sur les conseils d’un ami et dans l’espoir de trouver un job après des séries d’entretiens d’embauche infructueux qu’il pousse les portes de ce gymnase en 2010. Il doit y rencontrer Ryadh Sallem, le fondateur de l’association CAPSAAA. « Quand j’arrive, il me dit : “C’est avec toi que j’ai rendez-vous ? Il faut que je t’embarque dans un truc”. Moi je pense : génial, le mec est super efficace il m’a déjà trouvé du travail », se souvient l'athlète. « Et puis, il se met à me parler de quad-rugby (l’ancien nom du rugby-fauteuil, ndlr) et affirme que je vais m’éclater là-dedans. Je ne comprends rien, j’imagine des quads et des ballons de rugby. Je le prends pour un illuminé », sourit-il.

Quelques jours plus tard, toujours dans l’idée de parler boulot et par curiosité, Cédric vient assister à une démonstration de rugby-fauteuil à l’invitation de Ryadh. Il annonce alors à Cédric : « si tu viens dans ce sport, tu as les capacités d’aller rapidement en équipe de France, de participer aux Jeux paralympiques et d’être l’un des meilleurs joueurs de ta catégorie ». Deux ans et demi après ces paroles, Cédric honore sa première sélection avec les Bleus avant d’aller au Jeux de Rio en 2016 et d’être élu meilleur joueur du mondial 2018 dans sa catégorie (1.5). « Tout s’est passé dans l’ordre », se rappelle le trentenaire encore incrédule.

Vie dans l’Aisne, travail à Saint-Denis, entraînement à Paris, rêve de Tokyo

Plus que lire l’avenir, Ryadh Sallem a aidé l‘athlète et surtout l’homme à prendre conscience de ses capacités. Cédric les as d’abord mises au service de Cap Résilience, un programme d’aide à la pratique du sport dans les centres de rééducation avant de rejoindre la SNCF. Notre athlète y fait  jouer sa vision du collectif et y insuffle « un véritable esprit d’équipe dans un domaine où la pression peut-être importante ».

La pression, le défenseur de rugby-fauteuil l’apprivoise également avec l’équipe de France : préparation physique, entraînements, séances vidéo pour « décortiquer les tactiques des adversaires », allers-retours entre son domicile de l’Aisne, notre Groupe à Saint-Denis et son club parisien… Les semaines de notre athlète paralympique sont bien remplies. Le week-end venu, il décompresse avec quelques amis lors de folles courses de voitures radiocommandées électriques, sa seconde passion. « Sauts, figures on s’en donne à cœur joie avec nos buggies dans les champs ou sur les terrains de cross », confie-t-il.

Une parenthèse nécessaire à Cédric qui, le lundi venu, se tourne de nouveau vers ses objectifs : faire briller le collectif aussi bien à la SNCF qu'en équipe de France. 

Son palmarès

  1. 2021

    2021

    6ᵉ place du tournoi paralympique avec l'équipe de France

  2. 2019

    2019

    Médaillé de bronze aux Championnats d’Europe à Vejle, au Danemark

  3. 2018

    2018

    5ᵉ aux Championnats du monde à Sydney, en Australie

  4. 2017

    2017

    Médaillé de bronze aux Championnats d’Europe à Coblence, en Allemagne

  5. 2016

    2016

    7ᵉ aux Jeux Paralympiques de Rio, au Brésil