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Vincent Milou : une vie entre « La Mecque du skate » et la SNCF

Sacré champion de France de street à Biarritz, Vincent Milou se rapproche un peu plus d’une qualification pour les JO de Tokyo. Son Sud-Ouest natal, ses entraînements aux États-Unis et ses missions au sein de notre Groupe, notre skateur se confie sur son parcours et ce quotidien si particulier.

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Jongler entre ta vie de skateur et tes études n’a pas dû être facile. Comment tu t’en sortais ?

J’ai toujours été bon élève, c’était un deal avec mes parents : tant que j’avais des bonnes notes, j’avais le droit de skater. Dès la primaire, j’étais partisan d'écouter un maximum en cours pour emmagasiner le plus d’informations possible et avoir le moins de devoirs à faire en rentrant à la maison pour pouvoir aller skater. Donc je n'ai jamais eu de notes excellentes mais j’assurais une bonne moyenne, mes parents étaient contents et j’avais du temps pour ma passion.

Ce “deal” a continué longtemps ?

Jusqu’au bac scientifique que j’ai eu assez facilement grâce à mes facilités en sciences puis en études supérieures, j’ai suivi un DUT techniques de commercialisation. J’avais la possibilité de faire mon DUT en trois ans en tant que sportif de haut niveau mais j’ai préféré le faire en deux ans pour me consacrer rapidement au skate qui évoluait très rapidement déjà. J’ai bien fait car la troisième année, j’ai donc fait uniquement du skate et j’ai passé 6 à 8 mois à l’étranger. Finalement, j’ai toujours été sérieux en cours, j’ai validé mon DUT haut la main. Et puis maintenant à la SNCF, mon planning est aménagé, ma manager est très compréhensive sur mon activité.

Comment cette souplesse se traduit-elle ?

Je peux caler mon travail à la SNCF autour de mes entraînements et de mes obligations non sportives. Mais par contre, quand je travaille à la SNCF, c’est comme pour les études, je me donne à fond pendant le temps qu’il faut.

La skateboard t’amène aussi à beaucoup voyager. Parviens-tu à trouver ton équilibre avec tes missions pour la SNCF ?

Passer la moitié de l’année à Los Angeles peut déboussoler. Pouvoir effectuer mes missions de chargé de projets sportifs à la direction des gares d’Île-de-France en parallèle me permet de rester ancré dans le monde du travail et de garder les pieds sur terre. Et puis, je n’ai pas à me poser de questions sur de potentielles blessures et sur ma reconversion professionnelle. Bref, tout ça fait que je suis mieux mentalement aussi bien sur le skate que dans mon boulot.

Qu’est-ce que t’apportent plus précisément ces missions de communication et d’évènementiel ? Est-ce qu’elles t’aident pour ta propre communication ?

Pas précisément pour ma communication. C’est différent, car en tant que skateur, je ne m’exprime pas comme je le fais à la SNCF que ce soit en termes de vocabulaire ou de manières d’aborder les choses. En revanche, quand  je dois organiser des évènements sur le skate avec des acteurs institutionnels ou réaliser des vidéos pour une marque, mes compétences organisationnelles et événementielles développées à la SNCF me servent beaucoup.

Grâce à la SNCF, je suis aussi plus pro quand je dois m’exprimer auprès du grand public ou collaborer avec une marque. C’est un vrai avantage pour l’après skateboard que j’envisage dans la communication et l'événementiel.

Sur le plan professionnel, justement, quel projet t’as fait le plus vibrer depuis ton arrivée dans le Groupe ?

L'animation du parvis de la gare de Grigny, en Essonne. On a dédié un local de la gare au stockage de paniers de basket. Ainsi, ils seront installés une fois par mois sur le parvis pour des cours donnés en partenariat avec la Fédération française de basket-ball. L’idée est à la fois d’animer la gare et de la rendre plus sûre. La directrice de la gare et la mairie de Grigny m’ont aussi contacté pour un projet d’installation de skate-park et de mobiliers urbains à destination des jeunes.

De quoi conjuguer concrètement ta passion et ton boulot, finalement…

Oui, par ailleurs je trouve que ça en dit long sur l’évolution de l’image du skate. Avant, personne ne voulait de skate-park. Aujourd’hui, il y a une vraie prise de conscience sur les bienfaits de la pratique du skate dans l’espace public tant en termes d’équipements que de comportements.

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