Crédit photo en-tête de page : François Pervis

Quentin Caleyron : « sans la SNCF, passer du BMX à la piste aurait été impossible »

Malgré une grave blessure qui a stoppé sa carrière en BMX, Quentin Caleyron a eu l’audace de relancer sa vie de sportif sur les vélodromes, depuis 2017. En quête d’une qualification pour les jeux de Paris 2024, le pistard nous raconte comment le Dispositif Athlètes SNCF a été d’un soutien précieux durant cette reconversion.

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Double médaillé de bronze aux championnats d’Europe, demi-finaliste aux JO de Londres, tu te taillais un beau palmarès en BMX. Quitter cette discipline, après ta blessure survenue en 2016, a dû être un moment douloureux…

À cette époque, j’étais basé à San Diego en Californie. J’avais un objectif : concurrencer les meilleurs de ma discipline. Malheureusement, je me suis donc gravement blessé à la clavicule. J’ai mis sept mois à m’en remettre. Je ne supportais plus les blessures à répétition. Après une longue réflexion avec mon coach et ma famille, j’ai décidé de mettre un terme à ma carrière.

Qu’est-ce qui t’a poussé à te diriger vers la piste ?

Chaque année, nous effectuons une série de tests, quelle que soit la discipline que l’on pratique au sein de la Fédération française de cyclisme. Mes résultats ont été remarqués par des entraîneurs de cyclisme sur piste : Clara Sanchez et Herman Terryn. Ils m’ont contacté pour me proposer d’intégrer le pôle Olympique au vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines. Relever ce nouveau challenge m’a emballé.

J’ai connu des périodes où, si je ne faisais pas un podium sur une course de BMX, je n’avais pas assez d’argent pour payer mon loyer.

Quentin Caleyron

Passer du BMX au cyclisme sur piste à près de 30 ans, ça paraît un peu fou ! Les débuts n’ont-ils pas été trop compliqués ?

Il m’a fallu plus d’un an pour apprendre à pédaler correctement assis, appréhender la position spécifique au cyclisme sur piste, notamment celle des mains sur le cintre, être efficace sur un départ arrêté… et j’en passe. Mais, malgré les difficultés, j’ai pu compter sur mon expérience du haut niveau, que je pratique depuis 15 ans, et sur mes qualités physiques intrinsèques pour m’adapter plus vite qu’un autre athlète qui débute sur la piste. Aujourd’hui, j’ai toujours une détermination sans faille pour réaliser le rêve de ma carrière : aller chercher une médaille olympique.

Depuis 2015, tu fais partie du Dispositif Athlètes SNCF, Comment as-tu été accompagné durant cette reconversion sportive et ta blessure ?

Rien n’aurait pu être possible sans la SNCF. Il faut être lucide à 30 ans, changer de vélo, peu de personnes auraient misé sur moi ! J’ai eu de la chance, le Groupe a cru en moi. En même temps, je pense que j’étais tellement sûr de moi que les gens autour de moi se sont dit : « pourquoi pas ».

Aujourd’hui, de quelle manière le Dispositif continue de te soutenir ?

La SNCF m’apporte une sérénité sur mon avenir. J’apprends un métier, j’ai un CDI. Je n’ai aucune pression pour mon après carrière sportive car si je veux arrêter, le lendemain j’intègre mon équipe à 100%. J’ai connu des périodes où, si je ne faisais pas un podium sur une course de BMX, je n’avais pas assez d’argent pour payer mon loyer. Ça motive, mais cette pression était très difficile à vivre et je ne pense pas que ce soit le meilleur chemin pour obtenir une médaille olympique.

Tu es chargé d’études de conception à l’Agence d’essai ferroviaire de Vitry-sur-Seine. Au cours de tes missions, penses-tu valoriser des qualités développées en tant que sportif de haut niveau ?

J’adore mon métier au sein de la SNCF. J’ai une équipe en or autour de moi. Je pense que les qualités qui m’animent dans le sport, telles que la motivation, la discipline, le relationnel, la gestion du temps, m’aident énormément dans mon travail. Je me sens très épanoui au bureau d’études.