Crédit photo en-tête de page : Seb Godefroy

Notre athlète Cyrille Maret prend sa retraite sportive

Le judoka de 35 ans, membre du Dispositif Athlètes SNCF, quitte définitivement les tatamis. Notre médaillé de bronze aux Jeux de Rio de 2016, et qui a glané tant d’autres titres au cours de sa carrière, raccroche son kimono et se projette vers l’avenir.

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« La vie, c’est pas ça », confiait récemment Cyrille Maret à son entourage. Le champion ne cachait pas sa frustration. Lui qui était habitué aux grands rendez-vous, à la ferveur des JO, ne se satisfaisait plus de ses performances depuis quelques mois.

Après son grave accident de scooter en octobre 2020, qui avait failli lui coûter la vie, il se battait pourtant pour retrouver toutes ses capacités. Mais le sport de haut niveau n’est pas tendre, et Cyrille Maret ne disputait plus que des compétitions de niveau inférieur à ses standards habituels. L’envie de s'entraîner l’a, dès lors, progressivement quitté… « L’intransigeance du haut niveau, la rigueur exigée, tout ça en plus de mon âge grandissant, c’était devenu compliqué ». Alors il lui a fallu prendre cette décision douloureuse, et savoir arrêter à temps, ne pas faire le combat de trop.

Sa bouffée d’oxygène

Mais le jeune père de famille n’oublie pas le soutien de la SNCF dont il bénéficie depuis 2011. Il le dit lui-même : « enfiler ma tenue d’agent Suge1 [à gare de Lyon, ndlr] tous les mercredis, c’était ma bouffée d’oxygène, une échappatoire à mon quotidien ».

Cette routine du « repas-sieste-entrainement-repas », telle que l’a décrit Cyrille Maret, était parfois pesante, alors sa journée de travail en milieu de semaine lui permettait de « tout oublier, comme un break en pleine semaine ». Cette assurance d’avoir de quoi payer son loyer en fin de mois, cette sérénité apportée par le dispositif s’est vite fait ressentir sur ses performances.

Cyrille Maret le reconnaît aisément, les plus grandes lignes de son palmarès ont été écrites depuis son arrivée dans l’entreprise. « Au moment de mon entrée dans le dispositif à 24 ans, je n’avais qu’une seule médaille en Grand Chelem, rembobine-t-il. Onze plus tard, je suis médaillé olympique, champion de France, plusieurs fois vainqueur du Grand Slam de Paris et vice-champion d’Europe. »

Un remerciement spontané à 80 000 €

Cyrille Maret le dit et le répète, devenir cheminot l’a grandement aidé dans sa carrière sportive, au point de remercier l’entreprise juste après sa médaille olympique et ce, au mépris… du règlement. En effet, citer un partenaire non olympique l’exposait à une amende plus que conséquente, pas moins de 80 000 € !  « C’était un choix instinctif, ce n’était pas calculé ! Spontanément, après ma médaille, j’ai pensé à ceux qui m’ont soutenu, alors j’ai remercié mes parents, et mes collègues SNCF dans la foulée ». L’histoire se finira bien : le Comité Olympique choisit, en effet, de lui pardonner et de ne pas lui infliger cette amende.

Aujourd’hui orphelin de son sport, Cyrille Maret hésite encore sur la suite à donner à sa vie. Sa retraite sportive, « c’est tout qui s’arrête ». Il doit maintenant se recentrer sur son avenir, faire des choix importants et décider notamment si exercer le métier d’agent de sûreté ferroviaire s’envisage à temps plein.

Au moment de mon entrée dans le dispositif, je n’avais qu’une seule médaille. Onze plus tard, je suis médaillé olympique, champion de France, plusieurs fois vainqueur du Grand Slam de Paris et vice-champion d’Europe.

Cyrille Maret

La plus belle des conventions sportives

Ce qui est certain, c’est que Cyrille Maret n’est pas près d’être oublié au sein du dispositif. Lui que les autres sportifs appellent « papa » s’amuse encore de ce surnom. « C’est sûrement parce que je suis l’un des plus vieux du groupe, et surtout le plus gros ! » rigole-t-il.

A ses yeux, Cyrille Maret considère le dispositif comme « une chance, c’est la plus belle des conventions sportives, avec un vrai objectif de reconversion, c’est extraordinaire ».

Et en plus d’une décennie, il aura largement contribué au rayonnement du Dispositif Athlètes SNCF, grâce aussi au recrutement récent de deux autres judokas, Alexandre Iddir et Sarah-Léonie Cysique, devenus tous deux champions olympiques avec les bleus à Tokyo l’été dernier. « Le judo crée de belles personnes, alors quand j’ai entendu des noms comme Alex ou Sarah, des athlètes avec des valeurs, j’étais sûr qu’ils représenteraient bien la SNCF au plus haut niveau. »

Un engagement sans faille auprès des athlètes

Nous sommes engagés depuis 1982 auprès des sportifs de haut niveau. À travers le Dispositif Athlètes SNCF, notre groupe est celui qui recrute le plus d’athlètes en CIP. À ce jour, 80% des sportifs passés par le dispositif ont fait le choix de continuer leur parcours professionnel au sein du Groupe SNCF.

1 La Sûreté ferroviaire.

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