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Ça change quoi de travailler avec un Athlète SNCF ?

Esprit d’équipe, fierté, partage de savoir-faire et psychologie… Ça change quoi de travailler avec un athlète SNCF ? Réponse avec le champion du monde de karaté, Steven Da Costa, agent commercial sur la ligne RER C, et sa manager, Noria Henane.

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« J’ai longtemps eu l’étiquette du mec talentueux mais un peu feignant »

Une nouvelle fois, il a troqué son kimono pour la coiffe SNCF et laissé de côté, quelques heures, les tatamis pour accueillir et orienter les voyageurs du RER C au guichet de l’élégante gare de l’Avenue Foch, à Paris. « Ce côté humain, l’échange avec les gens, être à l’écoute au quotidien, c’est sans doute, dans mon boulot, ce qui se rapproche le plus de ma pratique sportive », confie Steven Da Costa. À 23 ans, le champion du monde de karaté des moins de 67 kg partage sa vie entre les compétitions et son poste d’agent commercial dans 4 gares de l’Ouest parisien.

Et le « Petit prince » du karaté a déjà bien évolué depuis son arrivée au sein du Dispositif Athlètes SNCF, en octobre 2017. « Je l’ai vu mûrir, se construire, tant sur le plan professionnel que dans sa vie de sportif », explique Noria Henane, manager de Steven sur la zone Foch, anciennement membre du Pôle d’information voyageurs des Invalides, et aujourd’hui à la tête d’une équipe de 7 agents commerciaux sur le RER C. « Bosser pour la SNCF m’a fait changer, confirme l’athlète. Au karaté, j’ai longtemps eu l’étiquette du mec talentueux mais un peu feignant. J’avais 20 ans quand je suis arrivé dans le Groupe. Il m’a fait grandir, devenir plus professionnel. J’ai compris que pour obtenir il fallait savoir donner, s’engager. »

La « mascotte » de la zone Foch

L’engagement, le natif de Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle) en fait l’expérience au quotidien. Quand il n’est pas en compétition, le karatéka se réveille à 5h, travaille jusqu’à 13h30 avant d’enchaîner avec sa seconde vie de sportif et ses séances d’entraînements au Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive (Creps) de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Le week-end venu, le jeune homme peaufine sa préparation, dans l’Est et en famille, avec son père et ses frères Jessie et Logan. « Même quand il n’est pas là, on arrive à garder le contact avec lui. Steven, c’est un peu notre mascotte, on discute de ses résultats à la fin de nos « points 51 », on s’échange des vidéos de ses exploits ou des articles sur notre groupe Yammer2 », témoigne Noria.

Et la manager de poursuivre : « l’avoir à nos côtés nous soude et ça rejaillit sur l’ambiance de travail ». « Je suis son chouchou, mais elle ne veut pas le dire », coupe Steven tout sourire. « Plus sérieusement, poursuit-il, j’apprends beaucoup à leurs côtés. Mes collègues connaissent ma situation particulière - les emplois du temps changeant, les stages d’entraînement - et ils prennent toujours le temps pour me guider et continuer à progresser dans le Groupe. » Le karatéka, lui, n’hésite pas à partager son approche mentale de la compétition avec le reste de l’équipe pour gérer le stress et délivre, sur demande, ses précieux conseils autour de la nutrition et la préparation physique.

« Une précieuse alchimie »

« Le commentaire qu’il a laissé après son rendez-vous professionnel annuel (RPA), “je ne veux surtout pas changer d’équipe”, témoigne de l’alchimie qui règne entre tous, résume Noria. Peut-être est-ce lié à sa pratique du sport à haut niveau, mais Steven est capable d'emmagasiner rapidement les informations et les partager avec les autres agents. Ses collègues, eux, lui transmettent volontiers leur savoir-faire. »

Ce partage d’expérience fut notamment utile lors de l’inondation de certaines gares du RER C, suite à la crue record de la Seine en janvier 2018. « Nous devions faire des visites avant expédition pour vérifier que les trains étaient vides avant de les acheminer sur leur site de garage. Les voyageurs étaient fatigués et un peu désorientés, c’était stressant pour tout le monde », se remémore Steven. « Sa présence a particulièrement motivé le reste de l’équipe. Tous étaient fiers de pouvoir lui apprendre certaines choses. Parce que pour nous, conclut Noria, la réussite de Steven sur les tatamis passe aussi par sa réussite professionnelle. »

Préparer aujourd’hui la vie d’après

Si Steven espère monter sur la plus haute marche du podium, en 2021, aux Jeux olympiques de Tokyo et continuer le karaté tant qu’il sera « dans le coup », c’est bien à la SNCF que le Meurthois entend s’inscrire durablement. « J’ai beaucoup de chance, surtout dans cette période pleine d’incertitudes pour les athlètes, confesse-t-il. C'est une entreprise magnifique qui te permet non seulement d'évoluer et de ne pas rester cantonné à un domaine précis. »

1 Organisé à la prise de service en gare des agents commerciaux, un « point 5 » est une réunion d’équipe de 5 minutes qui permet d’échanger des informations nécessaires à la bonne conduite des missions du jour.

2 Yammer est un réseau social interne aux entreprises.