Steven Da Costa : une vie en or et un retour aux sources

Le Graal olympique acquis, notre karatéka a entamé une nouvelle vie professionnelle de formateur sécurité pour Fret SNCF, à Thionville, près des siens. Son quotidien, sa soif de records et la déception après l’éviction de sa discipline des JO de Paris 2024… Notre athlète SNCF se confie.

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« Je n’ai pas grandi, je suis resté le même gamin », sourit Steven Da Costa. Et pourtant si « rien » n’a changé, tout est différent pour celui qui, le 5 août 2021, est devenu le premier champion olympique de l’histoire du karaté, chez les -67 kg, à Tokyo. « On me reconnaît un peu plus », concède-t-il. S’il a conservé sa gouaille et sa disponibilité, l’homme de 25 ans a toutefois parcouru bien du chemin depuis son entrée dans le Dispositif Athlètes SNCF, à 19 ans.

Rencontre avec Steven Da Costa, athlète SNCF et formateur sécurité

Retour aux sources pour « le mec du karaté »

Le changement de t-shirt express « pour le sponsor », avant de démarrer notre entretien et un agenda médiatique bien rempli illustrent, notamment, la nouvelle notoriété du natif de Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle), fier d’avoir apporté davantage de « reconnaissance » à son sport amateur.

Le berceau familial, où il s’entraîne au quotidien dans son club avec ses frères et son père, Steven a justement pu s’en rapprocher. Depuis janvier 2022, il a ainsi quitté son poste d’agent commercial sur la ligne du RER C, pour devenir formateur sécurité pour Fret SNCF à Thionville (Moselle), où bien des agents connaissent « le mec du karaté ».

Je ne vais pas apprendre à bosser à un mec qui travaille dans les ateliers depuis 40 ans.

Steven Da Costa, champion olympique de karaté et responsable sécurité pour Fret SNCF

Préserver les hommes par les bons gestes

« Bosser à 25 minutes de chez moi me change la vie, reconnaît-il d’ailleurs sans mal. À Paris, je dormais à l’hôtel et faisais des allers-retours dans l’Est. Ici, je fais mes horaires et peux m’entraîner le soir. C’est un vrai confort ». Et en quoi consiste sa nouvelle mission ? Mettre en place une routine et un échauffement en début de journée pour nos agents qui le souhaitent.

« Je ne suis pas un exemple à la base, lâche un Steven amusé, mais, en tant que sportif de haut niveau, je connais l’importance de prendre soin de mon corps. » « Ici, poursuit-il, les gars portent des pièces extrêmement lourdes. Alors, je fais le tour des ateliers pour observer tout ça et trouver les gestes et postures qui minimisent les risques de blessures et évitent de finir “cassé” à la retraite. Après, c’est sur la base du volontariat, je ne vais pas apprendre à bosser à un mec qui est là depuis 40 ans, mais les gens sont assez demandeurs ».

Une faim de titres pas encore rassasiée

Ce nouveau boulot, le karatéka l’appréhende d’abord comme « un grand bol d’air » qui lui permet de garder « les pieds dans la vie réelle, de casser la routine des entraînements » et de sortir de la bulle inhérente à la pratique du sport à haut niveau. « Les médailles, les titres, c’est magnifique. Ce que l’on ne voit pas, c’est que derrière, il y a surtout beaucoup de travail et de sacrifices ». De là à se demander pourquoi aller s’entraîner chaque matin ? « Tous les jours ! », assène Steven Da Costa dans un éclat de rire.

Mais quand on a glané un titre olympique, deux championnats du monde et deux championnats d’Europe et autant dire tout raflé dans sa discipline, la question de l’envie est lancinante. Steven Da Costa ne l’esquive pas : « C’est vrai, j’ai tout pris niveau palmarès. Ok, la motivation n’est plus forcément la même, mais l’envie de gagner demeure, elle. Voilà pourquoi, tous les matins, je me demande : “Est-ce que je vais à l’entraînement ?”, j’y vais à reculons et me mets dans le rouge avec le même degré d’exigence ».

Je sais que sans la SNCF, je n’aurais pas pu accomplir tout ce que j’ai accompli.

Steven Da Costa

Le précieux soutien de la SNCF

Ainsi libéré de la pression du résultat, notre karatéka voit plus loin : « Aller chercher des records de titres et de médailles dans mon sport » et ce, même après l’éviction du karaté de « ses » JO de Paris 2024. Une décision « incompréhensible » pour Steven Da Costa, qui a pu, entre autres, compter sur le soutien sans faille du dispositif Athlètes et de la SNCF afin de digérer la chose. « Faire partie de la SNCF est un privilège aussi bien pour la fidélité du Groupe que pour le bien-être et la sérénité qu’apportent le dispositif athlètes au quotidien. J’ai parfaitement conscience que je n’aurais pas accompli tout ce que j’ai accompli sans leur soutien », assure le champion olympique désormais tourné vers son prochain objectif : les Jeux mondiaux de karaté, programmés les 8 et 9 juillet prochains, à Birmingham, en Alabama, aux États-Unis..

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