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L’économie circulaire, on en parle ?

L’occasion de faire le point sur l’engagement de la SNCF : focus sur le recyclage des trains, des voies, des tenues et des ordinateurs.

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La SNCF est une industrie consommatrice de matériaux que ce soit pour l’entretien de son réseau, la création de nouvelles gares, le renouvellement du matériel roulant ou encore les équipements de ses salariés (ordinateurs, smartphones, tenues et équipements professionnels...).

L’entreprise lutte contre l’épuisement des ressources et les impacts de la production de matière et de déchets sur l’environnement et la biodiversité à travers trois démarches :  

  • limiter sa consommation, 
  • réduire les déchets dans l’ensemble de ses processus d’exploitation,  
  • revaloriser les produits en fin de vie. 

Grâce à l’engagement de ses équipes sur tous les territoires, la SNCF est déjà identifiée comme un acteur national majeur dont les actions territoriales ont un réel impact sur la consommation des ressources et l’économie des filières de recyclage.

Mikaël Lemarchand, directeur Projet d’entreprise et DESTE¹

Que deviennent les trains lorsqu’ils sont retirés du service ? 

Chaque année, des matériels roulants (voitures Corail Intercités, anciennes locomotives diesel ou électriques Fret…) arrivent en fin de vie. Ils sont retirés du service pour être démantelés puis valorisés. 

Les pièces détachées en bon état sont massivement récupérées pour être réutilisées sur le parc en activité. C’est d’autant plus important que certains matériels ne sont plus fabriqués et que disposer de pièces détachées en très bon état est un gage de sécurité et de fiabilité. Le réemploi des pièces réparables permet de faire des économies de maintenance. 

Les autres matériaux sont vendus à des entreprises spécialisées pour être recyclés, comme par exemple l’acier qui reprend vie sur le marché des matériaux de construction ou le cuivre, l’aluminium, l’inox qui sont retraités à 100 % ou enfin, certains plastiques et les verres pour lesquels les recherches de valorisation se poursuivent. Un exemple concret : en 2019, 110 voitures Transilien radiées ont fourni 1500 tonnes de ferraille qui ont été recyclées en poutrelles, cornières, tabliers de pont, câbles, fils béton ou laminé. 

Un train peut en réparer un autre

Rail, ballast, traverses… Que deviennent les matériaux des voies ferrées après les travaux ?

Les opérations de maintenance et de modernisation des lignes ferroviaires génèrent des quantités importantes de produits de dépose : rails, ballast, traverses en bois et en béton… Les enjeux de réemploi et de recyclage sont considérables. Intégrer les matières dans de nouveaux cycles de vie a permis à SNCF Réseau de générer des recettes financières à hauteur de 36,7 M€ en 2019.

Plus globalement, les pratiques d’économie circulaire permettent d’économiser les ressources minérales (ballast) et végétales (bois des traverses) tout en diminuant l’empreinte environnementale car elles évitent toute la phase d’extraction, forte consommatrice d’énergie et d’eau.

Au-delà de la gestion industrielle de ce « capital-ressources », l’économie circulaire permet aussi de lutter contre la raréfaction des métaux comme l’acier de haute qualité qui sert à la fabrication des rails ainsi que du cuivre pour les caténaires. Un exemple, s’ils ne sont pas réemployés directement dans les nouveaux chantiers ferroviaires, les rails sont refondus, les traverses en béton sont concassées pour une utilisation dans le BTP, le ballast est valorisé en sous-couche routière.  

Remettre sur de bons rails

Que deviennent les ordinateurs ?

La SNCF a lancé en novembre 2019 « La Grande Collecte », une opération incitant les agents à restituer tous les ordinateurs anciens ou inutilisés aux ambassadeurs de l’opération, dans l'optique de leur offrir une seconde vie. Lorsque le matériel ne peut être réemployé, certaines pièces sont réutilisées ou recyclées. 

Au-delà de son impact environnemental, « La Grande Collecte » s’inscrit aussi dans une démarche responsable et solidaire. En effet, les anciens équipements SNCF sont vendus à Olinn, une PME employant plus de 80% de personnes en situation de handicap, qui se charge de leur reconditionnement avant leur remise sur le marché. 

Chaque poste fonctionnel collecté donne lieu à un don versé par Olinn à destination d’Emmaüs Connect. Cette association soutient des projets visant à réduire l’exclusion numérique et à faire des nouvelles technologies un levier d'insertion sociale. Par ailleurs, l’argent perçu par la SNCF dans le cadre de la revente de son matériel à Olinn lui permettra de financer des actions en faveur de l’inclusion numérique de ses agents les plus fragiles. 

En savoir plus sur Emmaüs Connect

Un ordinateur peut en cacher un autre

Que deviennent les tenues des agents ?

Les vêtements professionnels doivent subir un traitement spécial quand ils ne sont plus utilisés. Ils représentent une fonction, et pour des raisons de sécurité, ils ne peuvent être collectés dans les bacs de la filière textile grand public avec les vêtements dits domestiques. 

Ils sont en général d’excellente qualité et pour leur assurer une fin de vie plus respectueuse de l’environnement que l’incinération ou l’enfouissement, SNCF a été en 2014 à l’initiative, avec l'association OREE, de la création d’une nouvelle filière de collecte et de traitements dédiée : FRIVEP (Filière de Recyclage/Réemploi Industrielle des Vêtements Professionnels).

Cette filière bénéficie de la collaboration de 6 entreprises partenaires, d’industriels, de partenaires institutionnels ainsi que de l’agence de la transition écologique ADEME.

SNCF industrialise le recyclage de ses vêtements professionnels. Pendant 18 mois d’expérimentation, 25 tonnes de tenues professionnelles (dont 5 tonnes pour la SNCF) ont été soumises à des tests de recyclage. L’expérimentation avait pour but :

  • de rendre les matières secondaires préparées utilisables par l’industrie textile
  • de valoriser les gisements par des techniques qui produisent des matières utilisables par l’industrie

SNCF industrialise le recyclage de ses vêtements professionnels

En janvier 2019, un centre expérimental de tri et de démantèlement des textiles professionnels a été inauguré par les secrétaires d'Etat de l'environnement et de l'industrie, dans le cadre de FRIVEP, marquant les prémices d’une filière industrielle innovante de recyclage des textiles professionnels.    

La SNCF continue son soutien à cette filière émergente et participera à la prochaine phase expérimentale FIREX (Filière Industrielle de Recyclage des textiles) qui devrait se mettre en place en 2021.  Quelques exemples de nouveaux usages ? l’intégration dans des feutres isolants ou la fabrication de fil recyclé.  

Donner du fil à recoudre ?

 1 Direction de l’Engagement social, territorial et environnemental