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Énergie : une trajectoire ambitieuse de réduction des gaz à effet de serre

Le double objectif est clair : d'ici 2030, le groupe SNCF devra diminuer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30% dans le domaine du transport, et de 50% dans le domaine immobilier, par rapport à 2015.

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Toutes les sociétés du Groupe se sont réunies, le 29 mars dernier, à l’occasion du deuxième Conseil stratégique Énergie Carbone, afin de définir la stratégie pour atteindre les deux objectifs de réduction de GES, l’un concernant le domaine du transport, l’autre celui de l’immobilier.

La trajectoire définie s’inscrit pleinement dans l'objectif long terme de l'Accord de Paris (2015) qui engage les pays signataires à atteindre la neutralité carbone (zéro émission nette) d'ici à 2050. L'année 2030 constitue un premier jalon capital dans cette stratégie globale.

Pour le groupe, la transition énergétique et la neutralité carbone sont à la fois un impératif, qui doit irriguer l’entreprise à tous les niveaux, et une opportunité pour développer la part du ferroviaire et des mobilités durables au service des voyageurs et des marchandises

Jean-Pierre Farandou, président-directeur général de la SNCF et président du Conseil stratégique Énergie Carbone.

-30% d’émissions de gaz à effet de serre dans les transports

La grande majorité des gaz à effet de serre émis provient de l’énergie de traction des rames. Le groupe SNCF, qui affiche déjà de bonnes performances environnementales de par la nature du mode ferroviaire et en raison du mix énergétique français, peu carboné car reposant à environ 72% sur le nucléaire, s’est engagé dans un programme ambitieux d’innovations afin de convertir sa flotte diesel. De nombreuses expérimentations sont déjà en cours : 

  • utilisation des biocarburants
  • TER hybrides
  • TER à batterie
  • Train à hydrogène

Autre levier de performance : la réduction de la consommation énergétique, grâce notamment au déploiement de l’éco-conduite et de l’éco-stationnement. 

Pour Keolis et Geodis, il s’agit d’augmenter la proportion de bus et de camions qui roulent à l’électrique, au biogaz ou au biocarburant dans les flottes actuelles.

« Nous sommes une entreprise d’ingénieurs ; nous savons identifier les leviers pour atteindre ces objectifs, même s’ils sont ambitieux, affirme Emmanuel Mroz, directeur délégué à la transition énergétique et la neutralité carbone. Dans la conjoncture actuelle, le défi se situe au niveau du financement ». Pour faire évoluer le parc de matériel thermique, les investissements sont, en effet, très importants pour les partenaires décisionnaires, tels que les autorités organisatrices ou les clients de la logistique, que le Groupe accompagne dans leur propre transition énergétique.

-50% d’émissions de gaz à effet de serre dans l’immobilier

La stratégie repose sur de multiples leviers pour atteindre cet objectif de -50% de gaz à effets de serre. La sobriété énergétique représente une part importante : être attentif à nos consommations, remplacer les anciens systèmes de chauffage qui fonctionnent au fioul, substituer des leds aux éclairages gourmands en énergie, mieux isoler les locaux, etc.

« C’est la même démarche que pour améliorer la performance énergétique des logements. Ça a l’air simple, mais à l’échelle de la SNCF, cela représente des millions d’euros », dit encore Emmanuel Mroz.

Il s’agit aussi d'adopter de nouveaux comportements. Par exemple, aujourd’hui dans les ateliers de maintenance, des systèmes éteignent automatiquement le chauffage, ou ferment les portes et baissent les pantographes des trains la nuit. Ces systèmes sont appelés à se généraliser dans tout le groupe SNCF.

Autre levier : la « rationalisation » des emprises SNCF. C’est l’une des missions de SNCF Immobilier, comme la vente des locaux dont le Groupe n’a plus besoin, le regroupement des équipes au sein des mêmes locaux, et plus généralement, l’optimisation de l’utilisation des locaux SNCF.

Pour les dix prochaines années, les investissements au service de la transition énergétique du groupe se chiffrent en plusieurs centaines de millions d’euros cumulés.

Une énergie plus verte

Le développement des énergies vertes dans le mix énergétique de la SNCF permet également de diminuer les émissions de GES.

Les panneaux photovoltaïques participent désormais aux besoins en énergie des ateliers de maintenance ou des gares. Les projets de construction ou de rénovation de bâtiments font l’objet d’études d’éco-conception et intègrent désormais un volet photovoltaïque, que ce soit chez SNCF Immobilier ou SNCF Gares & Connexions.

Enfin, la SNCF a également signé plusieurs contrats d'achat direct de très longue durée d'électricité renouvelable. Ces contrats sécurisent la construction de centrales solaires par l’exploitant dont SNCF achètera la production de manière ferme pendant 15 à 20 ans.

Le prix carbone intégré dès 2022

Un prix du bilan carbone sera intégré à tous les projets d’investissement et ce, dès 2022. Cela permettra d’enrichir l’analyse et d’éclairer les choix sous un angle « décarbonation » selon la valeur qu’on accorde à la tonne de CO2.

Déjà ancré en Suède par exemple, le prix du carbone est un outil économique destiné à intégrer, dans les prix de marché, les coûts cachés (appelés externalités) des dommages causés par les émissions de GES, afin d'orienter les décisions des agents économiques vers des solutions à bas contenu en carbone.

Exemple : une solution favorable à l’environnement est souvent plus chère au moment de l’achat, mais elle est moins coûteuse, sur le long terme, sur d’autres plans comme l’environnement ou la santé publique.

Bientôt des équipes d’experts en transition écologique

La mise en œuvre de l’ensemble des plans d’action, orchestrée par la direction dde l’Engagement social, territorial et environnemental (DESTE), suppose de structurer une filière Énergie - Carbone au service de toutes les entités du Groupe, coordonnant les sociétés et les activités du Groupe, ainsi que les entités transverses comme la direction des Achats groupe, la direction du Numérique ou la direction Innovation & Recherche.

Elle implique la formation systématique des managers, le développement de réseaux d’experts et de nouveaux métiers, notamment dans le cadre de la Gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC). 

« C’est un métier d’avenir pour les agents SNCF qui souhaitent changer de carrière. Nous devons créer une petite armée d’experts. Je suis persuadé que les cheminots seront intéressés. C’est un métier d’avenir dont les compétences seront très recherchées ; et cela parle à chacun d’entre nous. Il y a une évolution de la société dans ce sens, et en tant que groupe public dédié à la mobilité et aux territoires, le lien est naturel avec l’environnement », s’enthousiasme Emmanuel Mroz.

Lorsqu’il évoque ces nouveaux métiers spécialisés dans l’environnement dans les SA, ses interlocuteurs sont unanimes : le besoin est flagrant et les nouveaux « experts de l’environnement » y sont très attendus.