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« La Fondation SNCF, avec ses partenaires, agit depuis un an avec et pour les jeunes »

Il y a un an, la Fondation SNCF décidait, dans le cadre de son quinquennat 2021-2025 de recentrer ses actions sur les jeunes, pour construire avec eux un avenir durable, ancré dans les territoires. Entretien avec Laetitia Gourbeille, déléguée générale de la Fondation.

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La Fondation fête la première année de sa nouvelle mission inaugurée en mars 2021. Que s’est-il passé en un an ?

Cette année a été riche et fondatrice, malgré le contexte singulier de crise sanitaire. Nous avons engagé les premiers mécénats dans nos deux nouveaux domaines d’action, d’une part aider les jeunes à trouver leur voie, professionnelle et citoyenne,  et d’autre part les aider à agir en faveur de l’environnement dans les territoires.

Nous avons ainsi soutenu, en 2021, 640 projets associatifs partout en France : en effet, 65% de notre budget est consacré au soutien et à l’accompagnement d’associations au cœur des territoires. Cette première année a également été marquée par l’expérimentation de différentes modalités d’engagement des salariés au travers du mécénat de compétences.

640

projets associatifs soutenus partout en France

C’est-à-dire ?

Si le sujet est depuis longtemps porté par la Fondation, nous avons initié et développé les offres collectives, permettant aux collaborateurs SNCF de s’impliquer en équipe, ou en collectifs transverses, au service d’une cause. 6 200 salariés à ce jour se sont engagés dans une action solidaire, nous en espérons 10 000 d’ici 2025. Nous avons par ailleurs accompagné la constitution du Collectif Mentorat. Le mentorat est une cause que nous portons avec fierté. Ensemble, avec nos partenaires associatifs et d’autres fondations, nous avons réuni une large communauté d’entreprises qui s’engagent dans le dispositif « 1 jeune 1 mentor », initié par l’État et porté par le Collectif Mentorat.

6200 salariés engagés dans une action solidaire

Y a-t-il eu également des actions ponctuelles comme en 2020 ?

La Fondation a su aussi se mobiliser pour faire face à l’urgence : elle avait débloqué en 2020 un fonds Covid et, en 2021, en résonance avec sa mission autour de la jeunesse, elle a déployé à nouveau un fonds d’urgence orienté sur la précarité des jeunes, qu’elle soit alimentaire,  numérique, sociale ou psychologique. Très récemment, elle s’est aussi mobilisée en faveur de la population ukrainienne réfugiée. Enfin, nous avons aussi décidé d’aller à la source de la parole des jeunes et d’écouter leurs envies et leurs projets, partout en France, pour nourrir nos actions à venir et notre gouvernance. Cette démarche intitulée « les jeunes au cœur » se poursuit en 2022 jusqu’à sa réalisation finale.

Nous avons aussi décidé d’aller à la source de la parole des jeunes et d’écouter leurs envies et leurs projets.

Laëtitia Gourbeille, déléguée générale de la Fondation SNCF

Quels sont vos premiers constats au sujet de vos deux nouveaux axes d’intervention ?

Nous avons vu l’urgence qu’il y avait à se mobiliser pour les jeunes, en particulier pour les aider à trouver leur voie. Nous avons mis en place des mécénats financiers et des mécénats de compétences qui ont donné aux associations de terrain les moyens d’amplifier leur action auprès d’une jeunesse très secouée par la crise. Ensemble, nous voulons leur permettre de reprendre confiance en eux et en leurs perspectives d’avenir. Quant à notre nouveau domaine « agir avec les jeunes pour l’environnement », il est au cœur des préoccupations de la jeunesse. Il nous est donc apparu central de pouvoir aider les jeunes à porter leurs envies, leurs souhaits sur ce sujet majeur.. Nous avons lancé un appel à projets, qui nous a permis d’appréhender la réalité et la vitalité des associations dans les territoires en la matière. Près de 700 candidatures ont été reçues, pour 122 lauréats.

De quelle manière la Fondation mobilise-t-elle les salariés ?

La Fondation du Groupe SNCF propose de nombreuses missions aux salariés, qui participent ainsi très concrètement à la stratégie RSE de l’entreprise. Ils le font en mécénat de compétences, en effectuant par exemple du mentorat auprès des jeunes. Nous dénombrons plus de 300 mentors à ce jour. Nous souhaitons atteindre le cap des 1 000 mentors en 2025. Ils se mobilisent également dans le cadre de nos Journées Solidaires, nouveau format proposé par la Fondation. Nous avons ainsi organisé les Journées Solidaires de l’Environnement en octobre 2021, réunissant 600 salariés, 40 missions autour de l’économie circulaire ou la biodiversité ont été proposées, dans 12 régions différentes. Ces nouveaux temps forts de mécénat de compétences vécus collectivement permettent aux salariés d’apporter leur contribution de manière concrète. Les Journées Solidaires, déclinées pour les banques alimentaires puis bientôt auprès des jeunes, permettent à une variété plus importante de collaborateurs de se mobiliser et de vivre ensemble une aventure solidaire. De nouvelles éditions seront organisées dès 2022.

300

mentors aident des jeunes grâce au mécénat de compétences

Quelles sont les perspectives dessinées par cette première année ?

Tout d’abord, notre projet d’écoute des jeunes va venir directement nourrir nos deux champs d’action. Fin 2022, des projets co-construits avec les jeunes et avec nos partenaires associatifs en émergeront. Notre gouvernance va évoluer et laisser de la place aux jeunes. Cette démarche sera impactante pour la suite du quinquennat. Nous construisons également des feuilles de route régionales avec les coordinateurs régionaux du Groupe et nos 15 correspondants Fondation, afin d’y inscrire les enjeux forts de chaque territoire, et une cartographie des acteurs associatifs en regard pour envisager de soutenir des projets à impact, seuls ou avec d’autres acteurs. La mobilisation des salariés en mécénat de compétences y figure également. Nos partenariats vont naturellement créer au cours du quinquennat des liens entre nos deux domaines d’intervention.

Comment cela ?

Nous venons, par exemple, de signer un partenariat avec l’association Make Sense et avec l’ADEME (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) pour mobiliser les jeunes des quartiers prioritaires de la ville sur le sujet de l’environnement, en partant de leurs préoccupations. Pour cela, nous ferons appel aux jeunes accompagnés par nos partenaires et nos salariés en mécénat de compétences sur le volet « trouver sa voie  ». Un réseau est en train d’être mis en place entre nos différentes parties prenantes. C’est un alignement dont nous avions l’intuition au départ et qui se concrétise dorénavant mois après mois.