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« La Fondation va se recentrer sur les jeunes et leur insertion dans la société »

La Fondation SNCF fête ses vingt-cinq années d’existence et se donne une mission prioritaire en phase avec les enjeux sociétaux de notre époque. Laetitia Gourbeille, sa nouvelle déléguée générale, revient en détail pour nous sur cette nouvelle direction.

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La Fondation SNCF entame un nouveau quinquennat. Quelle mission se donne-t-elle pour les cinq années à venir ?

Forte de ses vingt-cinq ans d’existence au service de l'intérêt général, elle bénéficie d’un capital reposant à la fois sur un maillage territorial, avec ses quinze correspondants, et sur un travail intelligent avec les associations. Une nouvelle page s’ouvre néanmoins avec ce quinquennat. La fondation évolue, avec une nouvelle équipe, une nouvelle gouvernance. Nous voulons que notre engagement social et sociétal s’inscrive encore plus en cohérence avec la stratégie de l’entreprise et avec ses valeurs et réponde à l’urgence sociale et aux enjeux qui traversent notre pays. C’est pourquoi l’action de la Fondation va se recentrer sur les jeunes et leur insertion dans la société.

Comment va s’organiser cette action ?

Cette nouvelle mission s'articule autour de deux domaines d’intervention : « Trouver sa voie » et « Agir pour l’environnement dans les territoires ». « Trouver sa voie » recouvre à la fois l’orientation professionnelle et l’insertion sociale. Nous voulons accompagner les jeunes entre 11 et 30 ans, fragilisés, pour leur permettre de mieux se connaître, d'accroître leur confiance en eux-mêmes, de développer des relations élargies et d’agir ensemble. Objectif : leur redonner du pouvoir d’agir sur leur vie, de les soutenir dans leurs initiatives de citoyens engagés et responsables, à même de prendre à bras-le-corps leur avenir et de s’investir pour l’environnement. C’est le sens du deuxième volet de notre action : « Agir pour l’environnement dans les territoires ». Pour résumer, nous allons donc nous concentrer sur l’insertion des jeunes dans la société, pour construire avec eux un avenir durable, ancré dans les territoires.

Pourquoi faire de l’insertion des jeunes une priorité ?

Les jeunes sont au cœur des préoccupations des Français : ils sont les premiers touchés par la crise que nous traversons actuellement. Et nous avons la conviction que c’est grâce et avec les jeunes que nous allons construire le monde de demain. La Fondation SNCF souhaite ainsi affirmer sa confiance dans leur créativité et leur inventivité pour ouvrir l’avenir. Et cela, à travers des actions qui vont donner aux jeunes les moyens de s’insérer et de créer de la valeur dans les territoires, notamment au service de l’environnement.

Nous allons donc nous concentrer sur l’insertion des jeunes dans la société, pour construire avec eux un avenir durable, ancré dans les territoires.

Laetitia Gourbeille, déléguée générale de la Fondation SNCF

Comment cette nouvelle mission s’inscrit-elle dans les valeurs du groupe et dans sa stratégie RSE ?

Les deux domaines d’intervention qui ont été définis entrent en résonance avec les quatre piliers du Groupe. D’abord, l’humain est au cœur de l’action de la Fondation depuis toujours. Ensuite, l’importance donnée aux territoires. Les actions de la Fondation bénéficient de l’engagement et de l’ancrage fort de ses correspondants dans les régions, mais aussi de la dynamique de l’ensemble des collaborateurs engagés dans le dispositif de mécénat de compétences, ou dans des missions de bénévolat auprès d’associations partout en France.

Puis le numérique, qui va fonctionner comme un support de nos actions grâce aux plateformes permettant par exemple de faire se rencontrer offre et demande de mécénat auprès d’associations. C’est aussi ouvrir l’accès au digital à des jeunes n’ayant pas les moyens d’être équipés, et les accompagner dans une utilisation raisonnée et vertueuse. Enfin, agir pour l’environnement, cela signifie pour nous, à la Fondation SNCF, non pas financer de grands événements génériques, mais plutôt des actions simples et pragmatiques qui auront un véritable impact local et seront portées par et avec des jeunes.

Comment allez-vous travailler avec les territoires ?

La nouvelle répartition budgétaire va faire la part belle aux régions. En effet, jusqu’à présent, en termes de financement, le poids des mécénats nationaux était plus important que le poids des mécénats territoriaux. Or, nous allons inverser la vapeur afin de soutenir encore davantage les initiatives locales. Nous comptons ainsi, par exemple, lancer des actions concrètes autour de l'économie circulaire, des fermes écologiques, mais aussi de l’éducation à l’environnement, via l’organisation de visites scolaires de jardins en permaculture, etc.  De plus, nous souhaitons poursuivre, en 2021, les Coups de Cœur solidaires qui permettent, chaque année, de doter les associations locales dans lesquelles les salariés sont impliqués bénévolement.

Qu’en est-il du mécénat de compétences ?

Nous allons bénéficier des retours d’expérience des salariés et capitaliser sur les liens tissés avec les associations pour encourager toujours plus de salariés du Groupe à s’engager en mécénat de compétences : Notre objectif, c’est d’atteindre le nombre de 10 000 salariés en mécénat de compétences en 2025. Nous souhaitons aussi développer les missions en mécénat de compétences longue durée. 

Nous allons lancer des appels, c’est d’ailleurs déjà le cas aujourd’hui, pour mobiliser nos salariés pour accompagner des jeunes : la Fondation est ainsi présente auprès des associations appartenant au Collectif Mentorat qui s’est constitué ces derniers mois avec l’appui des pouvoirs publics et de la présidence de la République.

Les confinements successifs et donc, l’essor du télétravail ont-ils modifié l’organisation de la Fondation SNCF ?

L’impossibilité d’organiser des rencontres de mentorat ou de parrainage en présentiel avec des jeunes ou des réfugiés par exemple a pu rendre difficile l’accompagnement et le soutien apportés par les salariés dans la durée. De même, les séminaires solidaires organisés en équipe ont souffert de la crise sanitaire. Mais la fondation a fait preuve d'inventivité avec les associations pour maintenir le lien et continuer à accompagner certains publics. Et nous travaillons étroitement avec les équipes de la Sécurité au travail de l’entreprise afin d’envisager quand et comment poursuivre ces actions de mécénat au regard de l’évolution du contexte sanitaire.

Notre objectif, c’est d’atteindre le nombre de 10 000 salariés en mécénat de compétences en 2025.

Laetitia Gourbeille, déléguée générale de la Fondation SNCF

Comment la Fondation compte-t-elle mobiliser les salariés au service de l’environnement ?

Nous espérons organiser une grande journée solidaire autour de l’environnement cet automne, au moment de la Semaine Européenne du développement durable. Nous voudrions mobiliser, via le mécénat de compétences, tous ceux qui le souhaitent, idéalement en équipe, autour d’actions variées, comme le nettoyage de plages ou de forêts, le recyclage, etc, en renfort auprès d’associations et de projets portés par et avec les jeunes. Nous allons aussi lancer, dès ce printemps, un appel à projets dans les territoires : cela nous permettra d’identifier les associations œuvrant au service de l’environnement avec lesquelles nous co-construirons des actions. Des actions de mécénat de compétences auprès de certaines seront aussi possibles, afin de leur apporter les expertises et compétences portées par nos salariés, quelles qu'elles soient.

Quel va être le rôle du nouveau conseil d’administration ?

Nous voulons encourager les membres à participer pleinement aux actions qui vont être lancées. La nouvelle fondation repose sur quatre comités thématiques chargés de définir la stratégie d’action et de choisir nos partenaires nationaux pour les cinq prochaines années : l’un se consacre à l’insertion des jeunes dans la vie active, un autre aux jeunes et à l’environnement, un troisième aux projets soutenus à l’international et le dernier à l’engagement des salariés. Nous souhaitons encourager ces comités à questionner nos manières d’accompagner les projets, à nous aider à imaginer de nouvelles ingénieries avec nos parties prenantes lorsque c’est pertinent, à développer encore et à donner à voir d’avantage la mesure de l’impact des actions soutenues. Et les membres du conseil d’administration sont partants pour nourrir cette réflexion en étant à l’écoute de nos partenaires et de la jeunesse.

Des opérations à l’international sont-elles prévues ?

Nous avons conduit à leur terme tous les partenariats qui avaient été lancés lors du quinquennat précédent. L’objectif du comité thématique consacré au volet international va être désormais de regarder, avec les représentants des SA SNCF notamment, ce que nous souhaiterions faire en cohérence avec nos nouveaux champs d’intervention. Le budget existe, la stratégie est encore à l’étude, et reposera sur les équipes locales du Groupe porteuses de projets en lien avec les acteurs associatifs de leurs écosystèmes.