Crédit photo en-tête de page : Seb Godefroy / SNCF

Moussa Hamel : « Aujourd'hui, ils ont oublié mon handicap »

En gare de Paris-Est, Moussa Hamel supervise, dans un fauteuil, l’accueil et l’embarquement des passagers TGV INOUI. Son handicap moteur ne l’a pas empêché d’être embauché et de progresser au sein de SNCF. Rencontre.

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Si vous êtes un habitué de la gare de l’Est à Paris, peut-être l’avez-vous vu circuler entre les quais dans son fauteuil handisport, héritage de ses 30 ans de handibasket ? Moussa Hamel est entré chez SNCF en 2007 en tant qu’agent commercial vente grandes lignes. Onze ans plus tard, il postule à un autre métier : celui de responsable d’embarquement TGV à l’escale. Depuis, il encadre d’autres agents qui, avec lui, scannent les billets des passagers dans des unités mobiles d’embarquement sur les quais. 

Contribuer à améliorer la situation des personnes handicapées

« Quand j’arrive sur place, je paramètre via mon téléphone l’affichage, la fermeture des portes, explique-t-il. Je m’assure que l’embarquement se passe bien, que les clients sont bien enregistrés dans les délais impartis pour le départ du train. » Moussa est en fauteuil, mais il peut marcher pour quelques pas et conduire son véhicule. « J’ai eu une agénésie de la veine cave inférieure qui alimente les jambes, une malformation de naissance ».

De son propre aveu, il a toujours voulu se débrouiller par ses propres moyens, raison pour laquelle il a demandé le moins de compensation possible. Il se rend ainsi au travail par le train depuis la gare de Meaux. « Si j’en ai besoin, je peux aussi faire appel à un taxi ; c’est l’un des dispositifs auxquels l’accord handicap SNCF donne droit. » Moussa Hamel se porte aussi régulièrement volontaire pour tester les équipements d’accessibilité dans les gares. « Tout ce qui peut améliorer la situation des personnes handicapées, indique-t-il, j’essaie de le faire. » 

Responsable d’embarquement aujourd’hui, et après ?

« À Paris-Est, mes collègues et managers font preuve d’une grande écoute et d’une vraie attention vis-à-vis des agents en situation de handicap, souligne Moussa Hamel. Quant aux clients, ils sont un peu comme mes collègues qui, lorsque je suis arrivé à mon poste, se demandaient comment j’allais pouvoir être autonome. Aujourd’hui, ils ont oublié mon handicap. » 

Moussa Hamel était détenteur d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) au moment de son embauche, pour le cas où l’évolution de sa maladie aurait un impact sur sa mobilité. Aujourd’hui, c’est surtout dans la mobilité professionnelle qu’il voit l’avenir. « Déjà responsable embarquement, confie-t-il, je pourrais passer adjoint responsable opérationnel et pourquoi pas devenir un jour dirigeant opérationnel. »

Vidéo : Handicapé·e N'est Pas Mon Métier - Moussa, chef d'embarquement chez SNCF