Patrizia Gatti-Gregori à la recherche de solutions durables

Géologue de formation, Patrizia Gatti-Gregori est convaincue de la nécessité de concilier la protection de l’environnement et le développement économique. Portrait d’une passionnée. 

Son combat pour des matières premières durables

Le 25 septembre 2018, le magazine « L'Usine Nouvelle » a remis les Trophées des femmes de l'industrie. Patrizia Gatti-Gregori, chef de division performance environnementale et réglementation pour la direction technique de SNCF Réseau, a reçu le prix de la Femme de développement durable. Une distinction qui récompense notamment son combat pour les bois tropicaux certifiés.

Ainsi, Patrizia Gatti-Gregori a notamment contribué à la recherche d’une alternative durable au chêne utilisé pour fabriquer les traverses de chemin de fer en promouvant l’azobé. Imputrescible, ce bois tropical ne nécessite pas de traitement chimique à la créosote (mélange d’huiles extraites de charbon ou de goudron de bois) pour résister au temps et aux intempéries.

Après avoir lancé un premier appel d’offres en 2017, elle a créé un réseau international d'utilisateurs et de producteurs de bois traité dans le but d’élaborer ensemble des solutions durables et économiquement viables.

De l’Italie au Canada jusqu’à la France

Remplacer les matières premières utilisées dans l’industrie, voici un combat qui réunit les deux passions initiales de Patrizia Gatti-Gregori : la science et l'environnement. Après avoir soutenu deux thèses et décroché un doctorat en géologie à l’Université de Padoue, en Italie, elle débute sa carrière professionnelle au Canada. Elle travaille dans un centre de recherche appliquée concernant les impacts de l'urbanisation sur les ressources en eaux souterraines.

C’est à cette époque qu’elle s’en convainc : « il ne faut pas opposer la protection de l'environnement au développement économique », mais « impulser la performance économique en même temps que la performance environnementale ». Pendant plusieurs années, Patrizia Gatti-Gregori collabore avec de nombreux labos universitaires à l’étranger.

Négociatrice hors pair

En 2003, Patrizia Gatti-Gregori s’installe en France. Elle fait ses armes dans l’ingénierie privée chez Egis, avant d’être recrutée par SNCF en 2004. Là, elle travaille à la réalisation des nouvelles lignes à grande vitesse vers Strasbourg et vers l'Espagne. Deux ans plus tard, elle crée le pôle d'études en hydrogéologie de la Direction technique de l'Ingénierie SNCF.

En 2009, elle rejoint la division Environnement de l'ingénierie SNCF, où elle est chargée de nombreuses problématiques : la gestion des sites et sols pollués sur les emprises, l’impact environnemental et sanitaire de la circulation des trains, la transformation des friches industrielles et la gestion des déchets…

Patrizia Gatti-Gregori croit en « l'intelligence collective » et n’a de cesse de mettre en relation les grands réseaux industriels et institutionnels. Son but ? Réconcilier les intérêts des parties prenantes, souvent contraires, en mettant à contribution ses talents de négociatrice.

L’invitation des Nations Unies

Aujourd’hui, Patrizia Gatti-Gregori ne rougit plus à cause de son accent italien, qui lui a valu quelques railleries à ses débuts en France. L’ancienne chercheuse s’est imposée comme un modèle pour les autres femmes travaillant dans l’industrie grâce à sa capacité à conjuguer ses convictions personnelle et son ambition professionnelle.

Cerise sur le gâteau, son travail au service de solutions environnementales pour SNCF Réseau l’a conduite, en 2017, à être invitée par le département environnement des Nations Unies afin de partager son expérience dans le développement durable.