Sandrine Azemard, une femme qui ose

Passionnée et enthousiaste, Sandrine Azemard est actuellement à la direction de la Production du RER D, un métier où elle peut exercer ses talents de chef d’orchestre ! Elle nous parle ici du challenge qui consiste à conserver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours et sur votre poste ?

J’ai intégré SNCF en 2004, en tant qu’adjointe d’un chef d’Unité de Production sur Paris-Est. Je me suis occupée de plusieurs thématiques et j’ai pu avoir des contacts dans la France entière.

J’ai ensuite pris un poste où j’ai pu explorer à la fois le social et le métier. Depuis 2013, je suis directrice de Production pour le RER D. J’ai en charge des personnes qui, à la fois, conçoivent les horaires et adaptent les temps de transports. En juillet, je prendrai la direction d’un établissement de conducteurs de trains, une mission pour TER Rhône-Alpes-Auvergne.

Qu’est-ce qui vous a poussé à intégrer SNCF au Féminin ?

C’est d’abord la curiosité. J’ai toujours évolué dans un monde d’hommes. J’étais curieuse de voir ce que pouvait m’apporter un réseau féminin. C’est vraiment intéressant car on peut y poser des questions plus décalées, et que l’on n’ose pas forcément poser à son réseau de travail proche.

Il y a quelque chose qui m’a beaucoup marquée et qui a vraiment été à l’origine de mon adhésion à SNCF au Féminin : la volonté d’oser ! Nous les femmes, nous ne savons pas nous mettre en avant et finalement lorsque nous osons plonger, nous nous rendons compte que nous savons faire beaucoup de choses. J’ai pu l’expérimenter personnellement et c’est ce qui a ouvert mon horizon. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai accepté mon nouveau poste ! Il y a quelques années, je ne pensais pas être capable d’assumer autant de responsabilités.

Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer durant votre évolution professionnelle ?

Pour moi, cela a plutôt été une chance et une force d’être une femme : être une femme dans un collectif d’hommes permet d’être mieux considérée et plus écoutée. En revanche, la difficulté est de concilier vie professionnelle et familiale. Je suis maman de 2 enfants. À mon poste, si la production va mal je me dois de rester avec les équipes, et de ce fait, je culpabilise de ne pas être avec mes enfants. Évidemment, c’est l’inverse à la maison.

Comment maintenez-vous un équilibre entre vie privée et vie professionnelle ?

Cela a été dur à trouver pendant les premières années de ce dernier poste. Depuis 2 ans, c’est beaucoup plus équilibré, notamment à travers le choix que l’on a fait de prendre une jeune fille au pair. Cela me permet de ne plus être stressée au niveau logistique et  facilite mon quotidien. Je peux m’éclater au travail et profiter pleinement des moments avec mes enfants.

La question de la légitimité s’est-elle posée ? Si oui, à quel moment ?

Oui, elle s’est posée lorsque j’ai pris mon poste actuel. En arrivant, je n’étais pas exploitante d’origine et je ne connaissais pas la région. J’arrivais derrière quelqu’un qui avait à la fois l’expertise et la bonne filière. Ce fut donc un nouveau défi personnel. J’ai dû me mettre à niveau rapidement. J’ai retroussé mes manches, j’ai fait beaucoup d’immersion, de bachotage. Six mois plus tard, je pense que personne n’aurait pu dire que je n’étais pas d’origine exploitante !

Que conseillerez-vous à une femme qui souhaite intégrer SNCF ?

Je lui conseillerais de le faire car c’est une entreprise qui laisse vraiment une chance aux gens. Ce n’est pas simple, car il faut se remettre en question. Mais avec un peu de motivation, on peut accéder au poste désiré ! Et c’est valable quel que soit le niveau d’études, même post-bac. En passant les concours internes, on peut devenir cadre. Et que l’on soit une femme n’est pas un sujet chez SNCF, et ça c’est bien !