« Nous sommes pionniers et leaders de l’open data »

Directeur général adjoint de SNCF, Mathias Vicherat explique en quoi l’ouverture des données est un enjeu essentiel pour l’entreprise.

Avant même la promulgation de la loi Lemaire sur le numérique, pourquoi avoir fait le choix d’intensifier la politique d’open data ?

SNCF est un pionnier français dans ce domaine. En tant qu’entreprise publique, nous ne pouvons pas négliger les questions de transparence. Il y a une dimension démocratique indéniable dans l’ouverture des données. Ces jeux de données ont ainsi été mis en ligne afin que les datas puissent vivre à l’extérieur de l’écosystème SNCF. Prenons l’exemple du site « Open archives », une sélection digitalisée de plus de 3 000 documents : films, affiches, fonds sonores et photographies issus des archives SNCF. Un chiffre qui, d'ailleurs, est en augmentation continue, comme en septembre dernier où le nombre des archives a été doublé. Ces sources sont mises à la disposition du public comme de la presse, qui s’en sert pour nourrir ses articles. Récemment, Le Télégramme a ainsi publié une carte des gares les plus propres de France.

Cette dynamique d’ouverture bénéficie-t-elle également aux partenaires de l’entreprise ?

Cela a effectivement permis à des centaines de start-ups de développer des services innovants. Nos jeux de données sont aussi utilisés par un grand nombre d’applications externes, notamment celles des sociétés de taxis, et des calculateurs itinéraires dans le but d’optimiser les solutions de déplacement. Mais il y a aussi nos innovations développées en interne, comme l’application Graou, qui permet d’assurer le roulement des conducteurs et des contrôleurs de trains à partir des données de SNCF Réseau.

Au sein de SNCF, l’open data couvre, d’ailleurs, des champs de plus en plus larges...

Le principe d'ouverture prévaut, c’est désormais acté. La non-ouverture est, de fait, l'exception. Et elle doit être justifiée pour des raisons précises : sécurité, protection des données personnelles ou risque industriel. 

Outre les archives numériques, quels autres domaines sont concernés ?

Cela touche principalement les données ferroviaires, qu’il s’agisse de la régularité ou de la circulation de l’ensemble des trains. Les jeux de données portent aussi sur la sécurité. Nous publions tous les incidents ferroviaires recensés sur le réseau, ce qui constitue une première mondiale. Pour ce qui est des gares, l’usager peut désormais consulter en temps réel leur état de propreté, la liste des objets trouvés ainsi que d’éventuels dysfonctionnements, type escalator en panne. Enfin, et c’est une évolution récente, les données concernant les tarifs et le remplissage des trains, ainsi que de très nombreuses datas issues de SNCF réseau, ont été partagées avec le grand public.

Quel est le futur de cette politique d’open data ?

La dynamique d’ouverture va se poursuivre crescendo. La complexité est parfois de savoir distinguer ce qui est critique pour l’entreprise de ce qui ne l’est pas. Pour lever ce principe de précaution, les échanges entre les différentes entités du Groupe sont essentiels, comme l’examen scrupuleux de chaque data. Voilà pourquoi nous avons créé une gouvernance composée du comité de pilotage open data et du comité data. Nous sommes toujours ouverts à la discussion concernant l’ouverture de données potentiellement utiles aux développeurs, mais  dans le strict respect des obligations de l’entreprise concernant la sécurité, la protection des données personnelles et la confidentialité de certains marchés. Dit autrement, l’open data n’est pas un « open-bar » mais se veut plutôt « open-mind ». Une perspective bien plus intéressante quand il s’agit de soutenir et promouvoir l’innovation.

Vidéo : Meetup Open Data - Mathias Vicherat & la politique d'ouverture SNCF

Meetup Open Data - Mathias Vicherat et la politique d'ouverture SNCF