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Faune sauvage : conséquences et solutions sncf

Il n'est pas rare aujourd'hui d'observer la présence de sangliers en zone périurbaine voire au coeur des villes. Dans le même temps, le coût de l'indemnisation des dégâts causés par le grand gibier (sangliers, cervidés, etc.), qui est à la charge des chasseurs (par le biais de leur fédération), atteint ces dernières années un montant de 50 millions d'euros. En septembre 2018, le gouvernement annonce la création d’un comité de lutte contre les dégâts causés par les sangliers.

Les chiffres clés 2017

  • plus de 1 000 incidents régularité occasionnant au moins 5 minutes de retard sont liés aux animaux sauvages en 2017 
  • plus de 8 000 trains impactés et plus de 150 000 minutes perdues sur l’ensemble du réseau ferré national, Lignes à Grande Vitesse et lignes classiques confondues 
  • jusqu’à 100 000 euros, c’est le coût total que peut représenter une collision avec un sanglier (coût d’immobilisation du matériel + fournitures + main d’œuvre + coût des minutes perdues + coût personnel roulant + coût dédommagement clients retardés)
  • une vingtaine de régulateurs faune-environnement SNCF (ex : 10 sur la LGV Atlantique, 4 sur LGV Sud Est Européen, …)

Les conséquences ferroviaires

Les nombreux heurts d’animaux fragilisent les infrastructures, immobilisent du matériel et engendrent des problèmes de régularité importants. Conséquences pour le matériel : marchepieds tordus, capteurs inutilisables... Un heurt engendre des coûts pouvant atteindre jusqu’à 100 000 euros (coût d’immobilisation du matériel + fournitures + main d’œuvre + coût des minutes perdues + coût personnel roulant + coût dédommagement clients retardés). Cela dépend du gabarit de l’animal mais également de la vitesse au moment du choc ou encore de la pièce  endommagée. Consécutivement, cela entraîne de nombreux retards et suppressions de trains (inspection après collision, relève de machine endommagée, transbordement des voyageurs dans une autre rame...).

Les moyens mis en oeuvre

Une vingtaine de régulateurs faune-environnement SNCF sont répartis sur les axes les plus touchés par les heurts de grands gibiers. Certains occupent cette mission à temps plein, pour d’autres, ils interviennent selon leurs disponibilités. Leurs missions sont nombreuses : réparer et renforcer les clôtures, aménager des ouvrages pouvant constituer un accès à la plateforme, organiser des battues ainsi que des journées de chasse, mais aussi déranger les animaux par des visites régulières.

  • sur la LGV Atlantique, 10 agents détiennent l’autorisation de réguler les populations de gibier dans les emprises. Ils interviennent sur signalement en plus de leurs missions quotidiennes
  • sur la LGV Sud-Est, 3 gardes-chasse SNCF opèrent à temps plein pour dissuader les animaux de pénétrer dans les emprises, les faire sortir le plus rapidement possible ou procéder au prélèvement dans le dernier des cas
  • sur l’axe Est, 2 régulateurs sont également présents et un agent sur l’axe Rhin-Rhône. Le temps qu’ils y consacrent est aléatoire selon les saisons
  • sur la LGV Nord, 6 agents sont en mesure d’intervenir afin de limiter le nombre d’animaux présents dans les emprises. Ils interviennent sur 1 à 3 départements et y consacrent un temps très aléatoire

De nouvelles expérimentations

  • Des études à l’échelle locale et régionale sont régulièrement menées. Depuis 2015, des études confiées par les Directions Territoriale des Hauts-de-France et de Nouvelle-Aquitaine aux fédérations  régionales de chasseurs ont permis de lancer en 2018 des travaux d’aménagements sur les segments identifiés comme "à risque" pour les collisions de sangliers. Une étude similaire a été confiée à la fédération nationale des chasseurs par la DAT Bourgogne-Franche-Comté en 2018.
  • En Île-de-France, Transilien développe un nouveau type de "pare-obstacle" sur les matériels Z2N des lignes D, R et P, lignes les plus touchées par les heurts de gibier. Un prototype est en cours de réalisation.
  • L’équipement de rames Z2N des lignes Transilien D et C de "feux avant" beaucoup plus puissant pour éloigner les ongulés des trains est prévu pour 2019.
  • Les régulateurs-faune de l’axe Sud-Est sont équipés, depuis 2015, de caméras thermiques leur permettant de détecter plus facilement la présence d'animaux.
  • Des aménagements permettant de contenir (pièges) ou faire sortir (sas, tremplins, sanglipass) rapidement les sangliers sont testés sur certaines lignes classiques comme sur les LGV :
    • des sas ont été installés sur la LGV Nord et la LGV Sud Est
    • 2 sanglipass ont été installés à côté d’Aix TGV
    • des tremplins sont présents sur LGV Sud-Est et LGV Est
  • Un travail d’analyse big data est mené afin de croiser les données de signalements et de heurts et ainsi identifier la saisonnalité du phénomène et cartographier les zones sensibles.