Crédits photo en-tête de page : Yann Audic / SNCF

Clap de fin pour le Festival d’Angoulême

Duels de dessinateurs, expos et concert ont ravi les amateurs de bande dessinée venus dans la bulle de l’Espace Polar SNCF pendant le Festival d’Angoulême. Bilan de cette 47e édition. 

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Une 47ᵉ édition très suivie

Cette année, encore, les amateurs de BD étaient venus en nombre au FIBD pour célébrer « l’art invisible ».  

Lors de la cérémonie au théâtre d’Angoulême, le Fauve d’or a été remis à Florent Grouazel et Younn Locard, les deux auteurs de la fresque historique « Révolution », tandis qu’Emmanuel Guibert a reçu le Grand Prix du festival pour l’ensemble de son œuvre (« Ariol », « Sardine de l’espace » et « La guerre d’Alan »). 

Quant au Fauve Polar SNCF, il a été décerné à Emmanuel Moynot pour « No Direction ». 

Un road-trip déjanté

Paru en octobre 2019, « No Direction », suit l’équipée sanglante de deux adolescents meurtriers, Jebediah et Bess, à travers les États-Unis. 

En forme de récit choral, ce roman graphique entrecroise les destins de plusieurs personnages hauts en couleur. C’est en effet une certaine Amérique, celle des « hobos » et de la contre-culture, que décrit ici Emmanuel Moynot, grand amateur de romans noirs américains et de rock. Le titre de sa BD est d’ailleurs un référence ouverte à Bob Dylan, et au film « No Direction home » que lui a consacré Martin Scorcese. 

Vous pouvez toujours voter pour votre BD préférée dans le cadre du Prix SNCF du Polar 2020. 

Découvrir la compétition

Trois questions à Emmanuel Moynot

Quelle est votre relation au polar ? 

C’est le centre névralgique de mon travail. S’il m’arrive de m’en écarter pour explorer d’autres genres, j’y reviens toujours. Je suis moi-même un grand lecteur de romans policiers et de romans noirs. 

Quels auteurs vous ont le plus marqué ?

Je suis un grand admirateur de l’Américain Jim Thompson. Toujours aux États-Unis, j’ai beaucoup appris, en termes de rigueur stylistique, de Dashiell Hammett, découvert à l’adolescence. Et puis, bien qu’il ait peu écrit, Donald Ray Pollock, l’auteur de « Le Diable, tout le temps », est très important à mes yeux. Je me retrouve dans son désir de faire une littérature élaborée et de parler de la noirceur du monde, et en particulier de celle qui accable une certaine partie de la population.

Quelle est votre chanson préférée de Bob Dylan ? 

C’est difficile…  Ah si, il y en a une qui a une résonance tout à fait personnelle pour moi, c’est « You’re gonna make me lonesome when you go », sur l’album « Blood on the tracks ». S’il n’en restait qu’une, ce serait celle-ci. 

En savoir plus sur Emmanuel Moynot

Du côté de l’Espace Polar SNCF

15 000 fans de suspense sont venus profiter de la vaste bibliothèque de BD, rencontrer des auteurs en lice pour le Prix SNCF du Polar, et vibrer en écoutant « Les Quatre Saisons » de Vivaldi, par l’Orchestre National de France.  

Cerise sur le gâteau, cette année, Josiane Balasko est venue présenter son recueil de nouvelles, « Jamaiplu ». L’actrice, grande amatrice de polar, a dressé son panthéon des meilleurs romans noirs devant un public captif. 

Les temps forts

François Objois, responsable du pôle culture SNCF, partage avec nous trois moments marquants à l’Espace Polar SNCF. 

Le duel en bulles entre deux anciens lauréats du Prix

« Il y avait près de 100 mètres de queue à l’extérieur de l’Espace Polar SNCF pour assister à la joute, par chevalets interposés, et en musique, entre les dessinateurs Derf Backderf et Julien Lambert. Et ceux-ci se sont pris au jeu du show en public, alors qu’ils sont quand même habitués, en temps normal, à créer dans la solitude de leur atelier. »

L’exposition « La Mobilité dessinée »

« Les rencontres autour de cet événement organisé par le Forum Vies Mobiles ont fédéré un public qu’on n’a pas l’habitude de voir. Plus jeune, celui-ci était aussi plus réceptif aux problématiques sur la mobilité et les transports présentées par Christophe Gay, directeur du Forum, qui est un institut de recherches. »

La Boîte noire avec Simone Hérault

« La voix de la SNCF était présente cette année, et elle a lu des extraits de polars, parmi lesquels “Dans la tête de Sherlock Holmes”, en lice pour le Prix cette année, accompagnée par le musicien de blues Dominique Bruneau et sa Cigar Box guitare, fabriquée à partir de matériaux de récup’. »

  • L’Espace Polar SNCF, en plein cœur d’Angoulême

  • Une jeune amatrice de bande dessinée

  • Le Fauve Polar SNCF attend la remise des prix

  • L’Orchestre National de France donne un concert exclusif

  • Emmanuel Moynot, dont la BD a reçu le Fauve Polar SNCF

  • Duel en bulles

  • L’expo « La mobilité dessinée »

1/7

Le palmarès complet de cette 47ᵉ édition

  • Fauve d’or : « Révolution Tome 1 :  Liberté » de Florent Grouazel et Younn Loucard (Actes Sud/L’An 2)
  • Fauve spécial du jury : « Clyde Fans » de Seth (Delcourt)
  • Fauve de la série « Dans l’abîme du temps » de Gou Tanabe d’après H.P. Lovecraft (Ki-Oon)
  • Fauve révélation : « Lucarne » de Joe Kessler (L’Association)
  • Fauve de l’audace : « Acte de Dieu » de Giacomo Nanni (Ici Même)
  • Fauve jeunesse : « Les Vermeilles » de Camille Jourdy (Actes Sud)
  • Fauve du patrimoine : « La Main verte et autres récits » de Nicole Claveloux et Édith Zha (Cornélius)
  • Fauve Polar SNCF : « No Direction » d’Emmanuel Moynot (Sarbacane)
  • Fauve de la bande dessinée alternative : « Komikaze #18 » d’Ivana Armanini 
  • Fauve jeunes adultes : « Le tigre des neiges » d’Akiko Higashimura (Le lézard noir)
  • Fauve Prix du public France Télévisions : « Saison des roses » de Chloé Wary (FLBLB)
  • Prix René Goscinny du scénario : « Le Dernier Atlas » de Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval, Hervé Tanquerelle et Fred Blanchard (Dupuis)