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Accident d'Eckwersheim

Le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) publie son rapport définitif sur l’accident de la rame d’essai d’Eckwersheim ce mardi 23 mai. Depuis cette catastrophe, SNCF a toujours été soucieuse d'accompagner les victimes et leurs proches. Ce rapport qui participe à la manifestation de la vérité, était attendu par SNCF et l’ensemble de la famille cheminote.

Télécharger le statement du groupe SNCF du 24 mai 2017
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Télécharger le rapport d'enquête SNCF
Télécharger le schéma des vitesses de la rame d'essais

Une cérémonie de recueillement organisée à Eckwersheim, un an après l'accident de la rame d'essai

Lundi 14 novembre 2016, un an après la catastrophe ferroviaire d’Eckwersheim, les victimes, les familles et leurs proches se sont recueillis sur les lieux de l’accident. Cette cérémonie d’hommage s'est déroulée en présence des présidents de SNCF et de SYSTRA.
L’entreprise tient à renouveler son soutien aux victimes et à leurs proches, en cette journée de souvenir et de deuil pour l’ensemble de la famille ferroviaire. Il y a un an, le 14 novembre 2015, 11 personnes étaient décédées et 42 autres blessées dans l’accident de la rame d’essai. Frédéric Saint-Geours, président du Conseil de surveillance SNCF, Guillaume Pepy et Patrick Jeantet, président et président délégué du Directoire SNCF, Pierre Verzat, président du Directoire de SYSTRA et Juliette Méadel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre en charge de l’aide aux victimes ont participé à la cérémonie d’hommage organisée ce lundi sur le lieu et à l’heure même de la catastrophe, à 15h04 à Eckwersheim.

Des représentants des entités SNCF touchées par l’accident étaient également présents. Tous se sont recueillis devant la plaque mémorielle installée au sein d’un "paysage en mémoire", un espace d’hommage aux victimes qui ouvrira au public au printemps. Chacun, familles et anonymes, pourra alors venir s’y recueillir.
Parallèlement à cette cérémonie, différentes manifestations internes étaient organisées dans l’entreprise ce lundi 14 novembre. L’ensemble des salariés SNCF était invité à s’associer par la pensée à ce moment de recueillement à 15h04.

Vidéo : Accident d'Eckwersheim : conférence de presse du 19 novembre 2015

Transcipt of press conference : test trainset derailment in Eckwersheim

Conclusions of the initial investigation and Executive Board decisions, download the PDF file.

+ SNCF initial accident investigation report, download the PDF file.

Les déclarations de Guillaume Pepy et Jacques Rapoport

Nous avons pris connaissance ce jeudi 19 novembre des premiers constats relevés par l’enquête de la direction des audits de sécurité de SNCF.
Ceux-ci ont été immédiatement transmis au Procureur de la République et au directeur du BEA TT du Ministère des Transports. Ces constats se fondent notamment sur l’examen des relevés informatiques de vitesse, transmis par la justice, et sur les témoignages des personnes présentes dans la rame d’essai.
Pour l’essentiel, ces constats relèvent que :

  • aucune anomalie n'a été décelée dans l'état et le fonctionnement des infrastructures
  • il n'a été identifié aucun élément de défaillance de la rame d'essais techniques
  • il n'y a aucun événement anormal dans la gestion de la circulation

L'origine immédiate est désormais connue. Il s'agit d'une séquence de freinage tardif. La courbe de raccordement de la LGV à ligne classique a été abordée à 265 km/h au lieu de 176 km/h. La vitesse au moment de déraillement est de 243 km/h. Ce  freinage tardif aurait dû être exercé au moins 1 km plus tôt.
Au vu de ce rapport d’enquête, nous avons arrêté quatre décisions immédiates :

  • la première sur les essais
  • la seconde sur les facteurs organisationnels et humains
  • la troisième sur les mesures individuelles
  • la quatrième sur le renforcement de la sécurité

1- Des mesures conservatoires sur les conditions de réalisation des essais sur ligne à grande vitesse:

  • geler les marches d’essai grande vitesse jusqu’à l’intégration des premiers enseignements des enquêtes dans les processus d’essai
  • interdire la présence de personnes n’appartenant pas à l’équipe projet dans la liste des participants à bord des rames ou sur les sites d’essai
  • renforcer le processus d’autorisation des présences à bord (élaboration des listes, contrôle de l’embarquement, en cabine et en rame)

2- Un Comité d’Expertise est confié à André Claude Lacoste entouré de plusieurs experts. Il est en charge d’approfondir les conditions d’organisation et les facteurs humains ayant pu concourir aux conditions de l’accident. M. Lacoste a présidé depuis 18 mois le comité international d’experts sur la sécurité ferroviaire. Il s’attachera notamment à revisiter les procédures et leur application dans le cadre des essais. Les conclusions et les recommandations de la mission seront remises  sous 6 mois, avec un rapport provisoire dans 3 mois.
Ces décisions traduisent notre volonté de remise à plat de l'ensemble des procédures des essais sur lignes à grande vitesse.

3- Des mesures individuelles au vu de la gravité exceptionnelle et du bilan humain très lourd.
Des procédures disciplinaires vont être engagées dans le cadre des règles en vigueur. Elles conduiront, dès que l'enquête le permettra, aux sanctions justifiées.
Au vu de la gravité exceptionnelle et du bilan humain très lourd, des suspensions conservatoires vont être décidées, après audition des intéressés et de leur chaine managériale.
Parmi les points que l’enquête devra éclaircir figurent la présence imprudente d’enfants à bord et de sept personnes en cabine, le manque de rigueur dans la préparation de la liste et son contrôle et sans doute des erreurs de comportements humains à la fois en cabine et dans la relation entre la cabine et la rame.

4- Enfin, cet accident renforce la détermination à accélérer la mise en œuvre du programme de sécurité dans le groupe public ferroviaire.
Cet accident confirme l'importance déterminante des facteurs humains et organisationnels sur lesquels nous avons décidé de mettre l'accent, comme l’a proposé il y a quelques semaines le rapport remis par le comité international d'experts.  

Cet accident a eu lieu dans des circonstances particulières d’essai préalable à la mise en service d’une ligne. En effet les automatismes de sécurité sont en partie désactivés pour permettre la réalisation des essais.
Nos clients comme tous les Français doivent avoir, en tout temps et en toute circonstance, une confiance totale dans le système ferroviaire.

SNCF présente auprès des victimes

Cet accident est un choc tragique pour SNCF. L'entreprise est avant tout soucieuse d'accompagner les victimes et leurs proches.

Lundi 16 novembre, une minute de silence en mémoire des victimes de l'accident a été observée dans tout le groupe SNCF, lors des prises de service. Le même jour, les administrateurs du Conseil de surveillance de SNCF et des Conseils d'administration de SNCF Réseau et SNCF Mobilités se sont réunis. Les organisations syndicales représentatives du personnel ont également été reçues.

Mardi 17 novembre, une cérémonie d'hommage est organisée en l'église de Mundolsheim à 18h30. Guillaume Pepy et Jacques Rapoport seront présents. Ils se rendront le lendemain au chevet des victimes et rencontreront les familles. Les présidents ont également nommé Philippe Laumin à la coordination de la prise en charge des victimes et de leurs familles.

Vidéo : Accident d'Eckwersheim: conférence de presse du 15 novembre 2015

LGV Est, phase 2 : les essais

La LGV Est-européenne en phase 2 est la huitième ligne à grande vitesse construite et testée en France.
Le périmètre de ce nouveau tronçon, pas encore ouvert aux circulations commerciales, s'étend de Baudrecourt à Vendenheim.

Il comprend :

  • la LGV proprement dite, c'est-à-dire 106 km en double voie
  • les deux raccordements d'extrémités : celui de Baudrecourt avec la 1ère phase de la LGV, et celui de Vendenheim avec la ligne actuelle, juste avant Strabourg
  • les deux raccordements intermédiaires de Lucy et Reding

Les tests concernent trois sous-systèmes différents :

  • l'énergie électrique : les caténaires, postes de transformation et d'alimentation
  • l'infrastructure : voie et génie civil
  • la signalisation et télécoms

 

Les essais : un processus en plusieurs phases

Le processus des essais comprend plusieurs phases :

  • phase 1 : le contrôle en usines des constituants de la voie. Il a été réalisé en 2013 et 2014
  • phase 2 : les vérifications techniques sur site (sur le lieu de la LGV) et essais de fonctionnement au sein de chaque sous-système. Ils ont été réalisés de fin 2013 à fin 2014
  • phase 3 : les essais de fonctionnement entre les sous-systèmes au sol, puis avec des trains en marche lente. Ils ont été réalisés de fin 2014 à août 2015
  • phase 4 : les essais dynamiques de la ligne, avec des circulations d'essais techniques. Ils ont été réalisés de septembre à novembre 2015
  • phase de pré-exploitation : les conducteurs sont formés au parcours de la nouvelle ligne. Cette phase était prévue normalement de janvier à mars 2016

 

Zoom sur la dernière phase

La dernière phase est celle des essais dynamiques, avec des circulations d'essais techniques. L'objectif est l'homologation de la ligne.

  • tous les itinéraires de la ligne, c'est-à-dire les voies principales et les raccordements, sont parcourus par palier de vitesses, jusqu'à atteindre la vitesse d'exploitation plus 10%
    Pour la LGV principale, les paliers de vitesse sont : 160 km/h, 200 km/h, 240 km/h, 270 km/h, 300 km/h, 320 km/h, 340 km/h et 352 km/h. La vitesse d'exploitation étant établie à 320 km/h
    Les raccordements avec la ligne classique sont parcourus également avec des paliers de vitesse, moins élevés : 160 km/h et 176 km/h. La vitesse d'exploitation est de 160 km/h.
  • après chaque circulation d'essais techniques, les résultats sont validés par le directeur des essais avant de passer au palier suivant
  • l'accident du 14 novembre s'est produit au niveau du raccordement de Vendenheim à 15h20, lors du dernier palier, où la vitesse devait être testée à 176 km/h
  • plus de 200 circulations d'essais techniques de vérification ont été effectuées sur cette ligne depuis fin septembre

Dans ce type d'essais, sous la responsabilité des experts, les dispositifs de sécurité des rames sont en partie désactivés pour permettre des tests au-delà des conditions normales de circulation. En revanche, pour les circulations commerciales, tous les systèmes automatiques de sécurité des TGV sont en service et arrêtent le train automatiquement à l'instant-même où une anomalie se produit.