Crédit photo en-tête de page : ©Alstom Transport / Jean Schweitzer

SNCF face à la qualité de l'air

Ce mercredi est la journée nationale de la qualité de l'air. Pour l'occasion, découvrez les actions de SNCF dans ce domaine.

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Le train hybride

Dès 2021, le 1er Régiolis hybride circulera en conditions réelles. Un train plus économe en énergie mais également moins bruyant grâce à l’utilisation de batteries de grande capacité. 

L’objectif est de développer le 1er train hybride français, en modifiant une rame Régiolis existante en lui ajoutant des batteries. Le but est à la fois de diminuer les nuisances liées à la traction diesel (émissions de gaz à effet de serre, particules, etc.) et de réduire les coûts d’exploitation (économies d’énergie et de maintenance des moteurs diesel). SNCF mène le projet avec le constructeur Alstom et a lancé une expérimentation sur une rame Régiolis avec le concours financier de quatre régions, Grand Est, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Centre-Val de Loire.
Il s’agit de remplacer 2 des 4 moteurs Diesel présents sur la rame par des batteries lithium-ion de grande capacité. Celles-ci récupèrent l’énergie de freinage du train, la stockent et la réutilisent pour subvenir aux besoins énergétiques du train (traction, chauffage ou éclairage).
Dès 2020, le premier Régiolis hybride circulera en essai. La modification du matériel existant, sans modifier l’infrastructure ni l’exploitation, permettra un déploiement rapide à grande échelle.

Dans les gares dès 2021

Les contrats pour lancer la première expérimentation ont été signés en juillet 2018. SNCF et ses partenaires investissent 16,6 millions d’euros dans ce projet. Cette année, le prototype du système de stockage sera réalisé et testé en atelier. Dès 2020, le premier TER hybride circulera en essais. Il entrera en service commercial mi-2021 pour valider en conditions réelles les fonctionnalités et les performances du train. En fonction des résultats de l’expérimentation et du souhait des régions, le déploiement en série pourra être envisagé à partir de 2022.

L’aspirateur à particules

Qu’est-ce que c’est ?

Les particules de frein représentent une grande partie de la pollution de l’air dans les gares souterraines(1). L’aspirateur à particules est l’une des expérimentations menées par SNCF pour y remédier. Il s’agit d’un dispositif mécanique rajouté sous le train, dont les turbines d’aspiration se déclenchent lors du freinage. Lorsque les garnitures s’appuient sur les disques de frein, les particules sont récupérées par des tuyaux flexibles et stockées dans des filtres.

(1)Le réseau souterrain exploité par SNCF Transilien représente moins de 7% du réseau total d’Île-de-France, à savoir 25 gares sur les 391 que compte la Région.

Les difficultés

"Le principe est très simple, mais il faut bien travailler la forme des rainures, le débit d’air, les filtres, etc. pour capter un maximum de particules tout en maintenant les performances de freinage", explique Philippe Clément, chef du projet chez SNCF.

Où en est le projet ?

Le contrat d’expérimentation entre Tallano Technologie, l’entreprise à l’origine de l’aspirateur à particules, et SNCF a commencé en septembre 2018. 

Depuis août 2019, une phase d’essais au banc est réalisée afin de mesurer l'impact des modifications des garnitures rainurées sur les performances de freinage : usure, coefficient de frottement à sec et sous humidité pour simuler l'effet de la pluie,... Des écarts aux requis sont apparus mais restent acceptables pour permettre de passer aux phases suivantes. Les mesures de l’efficacité de captage des particules du système viennent donc de démarrer mi-septembre selon un protocole imaginé par SNCF. La taille et la quantité des particules non aspirées sont mesurées.

Ensuite, d’octobre 2019 à septembre 2021, SNCF testera le système installé sur deux Transilien pour en évaluer cette fois les performances et la maintenabilité dans le temps.

La qualité de l’air dans les gares souterraines franciliennes

Depuis 2015, SNCF conduit avec Airparif une étude de mesure de la qualité de l’air dans les gares souterraines franciliennes. L’objectif est de trouver des solutions pour réduire le niveau des particules fines résultant essentiellement de phénomènes mécaniques liés au freinage des trains.

Les premières solutions envisagées sont d’optimiser la ventilation des gares et d’intervenir sur le traitement de l’air. Pour cela, une expérimentation a été lancée en mai. Retenue par appel à projets, la solution proposée par Air Liquide va être testée dans la station SNCF "Avenue Foch" sur la ligne du RER C. Il s’agit de filtrer, par un procédé d’ionisation positive, l’air puisé à l’intérieur de six armoires sur les quais de la gare. La solution de Starklab sera également expérimentée dans la même station en septembre. Dans ce cas, la start-up mise sur un procédé de filtration des particules par voie liquide.

Ces expérimentations seront évaluées par Airparif, l’organisme français agréé pour la surveillance de la qualité de l’air en région Île-de-France. L'exploitation des données et l’interprétation des résultats seront dévoilés en décembre 2019.

Ces expériences sont possibles aujourd’hui grâce à l’adoption en 2016 du plan "Changeons d’air" par la région Île-de-France. Un dispositif de soutien inédit à des projets pour améliorer la qualité de l’air dans les espaces souterrains des transports en commun a été mis en place : "Innovons pour l’air de nos stations".

Consulter le site Transilien pour en savoir plus