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Transilien décompte ses voyageurs

Expérimenté sur les lignes B et C du RER, TCO Voyageurs (ou tableau de contrôle optique voyageurs) est un outil qui dénombre les personnes sur les images de vidéoprotection. L’objectif : connaître l’affluence des gares en temps réel pour adapter le plan de transport. 

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Une gare est-elle bondée ou non ? C’est une donnée précieuse, désormais accessible à distance grâce à TCO Voyageurs. Expérimenté depuis le mois de juin sur la ligne C du RER, en région parisienne, le "Tableau de contrôle optique Voyageurs" indique en temps réel si la fréquentation d’une gare est normale, ou anormalement élevée. En se connectant au site internet, le plan de la ligne apparaît. Les stations y sont symbolisées par un rond qui devient jaune, orange ou rouge lorsque le nombre de voyageurs dépasse de 30% les normes habituelles. TCO s’appuie sur un algorithme qui compte les personnes figurant sur les écrans des caméras de vidéo protection, croisées avec le nombre de connexions au wifi dont les données sont aussitôt anonymisées. "Pour vérifier la qualité de ces données, les voyageurs sont décomptés manuellement", précise Marin Dubroca-Voisin, l’une des personnes à la tête de ce projet chez SNCF Transilien. Un  logiciel traite ensuite les données transmises. La moitié des gares de la ligne C (40 sur 84) sont ainsi équipées du dispositif TCO Voyageurs.

Réagir en temps réel à la saturation d'une gare

Si le décompte des voyageurs peut sembler couler de source, peu nombreux sont les réseaux qui l’ont déjà mis en place de manière automatisée. Des travaux sur le sujet sont notamment en cours à Singapour, Tokyo ou Londres.

Le comptage permet de savoir immédiatement quand une gare est saturée, et donc de réagir plus rapidement. En modifiant le parcours d’un train par exemple, qui devait être direct et devient omnibus, ou passer sur une autre branche. Ou alors en demandant aux voyageurs de modifier leur itinéraire en évitant leur gare habituelle.

"La ligne C a été choisie pour cette expérimentation car c’est la plus compliquée à exploiter avec ses sept branches, explique Marin Dubroca-Voisin. Dans ce contexte, TCO Voyageurs pourrait être une aide précieuse à la décision."

Déjà sur le RER B

A plus long terme, la gestion de la ligne peut être modifiée compte-tenu des données précises sur l’affluence dans les gares transmises par TCO. "Si un train supprimé afin de fluidifier le trafic sur une branche crée la saturation de certaines gares, il peut dans certains cas être finalement remis en circulation". 
La partie Nord du RER B, gérée par SNCF, est désormais le deuxième terrain  d’expérimentation depuis début octobre.

La fin du test pour les lignes B et C aura lieu fin 2020. Plusieurs indicateurs seront alors observés à la loupe avec et sans TCO Voyageurs : la réactivité du centre opérationnel, et son appréhension de la ligne, ainsi que la ponctualité.

Si c’est concluant, l’outil pourrait être déployé sur d’autres lignes du réseau Transilien.