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Démantèlement d’un groupe de tagueurs, passionné par la SNCF

Après 8 mois d’enquête, la collaboration entre la Sûreté Ferroviaire et le Service National de la Police Ferroviaire (SNPF) a permis le démantèlement d’un réseau de tagueurs qui dégradait les emprises ferroviaires.

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Les faits

Un groupe de tagueurs, passionné par la SNCF

Depuis 2016, un groupe de tagueurs bien connu de la SNCF dégrade un grand nombre de ses biens (principalement des rames). Bénéficiant d’une très grande mobilité, les tagueurs se déplacent par le réseau ferré et agissent sur la région parisienne, bordelaise, dijonnaise et marseillaise. Passionnés par les chemins de fer, les membres du groupe disposent aussi d’une excellente connaissance du milieu ferroviaire, leur permettant ainsi d’œuvrer en toute quiétude.

Ce que la sûreté apporte

Un travail complémentaire entre les Directions de Zone Sûreté

Les experts de la lutte anti-tag des Directions de Zone Sûreté (DZS) Île-de-France Nord-Est et Paris Saint-Lazare ont constaté une recrudescence de tags avec une signature identique sur les régions IDF depuis 2018. De leur côté, leurs homologues de la DZS Sud-Ouest constatent également des faits similaires sur la région Nouvelle-Aquitaine. La Sûreté Ferroviaire recoupe alors les faits dans sa base de données nationale, dans le but de réaliser un dossier commun avec des charges conséquentes contre ce groupe de tagueurs dont les premières dégradations remontent à 2016.

Des investigations policières sur la base d’éléments Sûreté

Après constitution du fond de dossier par les experts tags (recensement des dégradations, nature des dommages, travail de signature du groupe, identification et suivi des rames…), le Bureau de Coordination Opérationnelle (BCO), en charge de l’animation nationale de la lutte contre les tags, confie le dossier au SNPF. Une enquête préliminaire débute alors sous l’égide du parquet de Nanterre (92) en octobre 2019 pour des faits commis à partir de cette période. Les premières investigations ainsi que la richesse de la base de données Sûreté permettent d’identifier 5 tagueurs, membres du groupe, et de leur imputer un total de 10 actes malveillants. Dans le cadre d’une information judiciaire, l’enquête se poursuit et permet d’ajouter 5 nouveaux faits de dégradations au dossier soit un total de 15 faits. En décembre 2019, à l’issue de l’enquête préliminaire et grâce à l’expertise de la magistrate détachée au sein de la Sûreté, un juge d’instruction est saisi.

5 interpellations et perquisitions

Forts de leurs investigations, les enquêteurs du SNPF interpellent successivement 5 membres du groupe de tagueurs (en mars et juin 2020). Les perquisitions permettent de découvrir entre autres des cahiers comprenant des esquisses de tags, des bombes de peinture mais aussi un volume important de photographies de tags au sein des infrastructures SNCF. À l’issue, les 5 malfaiteurs sont déférés devant le magistrat instructeur, mis en examen et placés sous contrôle judiciaire pour « dégradations volontaires et pénétrations illicites au sein des emprises ferroviaires » et « association de malfaiteurs ».

Un préjudice financer de 50 000 €

Pour cette affaire, le préjudice financier des 15 faits répertoriés et imputés aux 5 malfaiteurs s’élève à 50 000€. Cependant, les dommages engendrés à l’encontre de la SNCF par ce groupe de tagueurs bien connu peuvent s’estimer à 100 000€. À l’heure actuelle, l’enquête se poursuit pour déterminer le rôle de chacun des protagonistes.

Les experts de la lutte anti-tag

Pour protéger les biens de la SNCF et garantir le sentiment de sécurité des voyageurs, une vingtaine d’agents SUGE, répartis sur l’ensemble du territoire, sont dédiés à la lutte anti-tag.

Leurs missions : 

  • Effectuer des missions préventives au sein des emprises ferroviaires à la recherche de tags (réseau de partage instauré avec les agents gare, les agents de nettoyage, les technicentres…),
  • Répertorier tous les matériels et biens immobiliers tagués appartenant à la SNCF,
  • Identifier et suivre les rames taguées,
  • Saisir les faits de dégradations dans une base de données sûreté nationale,
  • Recouper, centraliser les infos et établir des dossiers imputables à des mêmes individus avec un préjudice notable.

"Homme de l'art"

L’expertise des agents dédiés à la lutte anti-tag est reconnue par l’autorité judiciaire. Elle leur accorde une présence lors des perquisitions pour reconnaître tous les matériels appartenant à la SNCF retrouvés chez les tagueurs (marteau brise vitre, chasubles, jalon d’arrêt…) dans le but de déposer plainte pour vol et recel.

Les chiffres clés

  • 3 500 faits de tags recensés en 2019
  • 20 agents SUGE dédiés à la lutte anti-tag
  • Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes sont les 3 régions les plus touchées (plus de la moitié des faits à elles seules).