Crédit photo en-tête de page : Yann Audic

«Une semaine de rodage avant les grands départs de Noël»

Plus rapide que lors du déconfinement de mai, la remontée du plan de transport TGV est en cours. Pierre Matuchet, directeur des Opérations et systèmes d’information TGV, fait le point sur les actions préalables à une reprise des circulations à 100%.

Mis à jour le

Lecture 3 min.

À une semaine des grands départs de Noël, comment l'offre TGV évolue-t-elle ces jours-ci ?

Pierre Matuchet : L’objectif, c’est d’être prêts pour ces grands départs, qui débuteront pour TGV dès jeudi prochain à la mi-journée, puisque le Premier ministre a confirmé le 10 décembre que les déplacements inter-régionaux sont autorisés à compter du 15 décembre. La montée en puissance du plan de transport s’effectue en deux étapes : une augmentation progressive tout au long de cette semaine, pour passer d’environ 30% à 100% ce week-end, puis une semaine de «rodage» à partir de ce week-end, avec un plan de transport normal pour la période. Et je rappelle que ce week-end est un peu particulier, avec la mise en place du Service annuel 2021 pour nous tous.

Pourquoi cette reprise en deux temps ?

P. M. : Passer de 150 à 380 rames en circulation chaque jour ne se fait pas du jour au lendemain, cela nécessite la coordination de toute la chaîne des métiers : Matériel, Traction, équipes Trains, Escale, Vente, etc. Ensuite, cette semaine de rodage est indispensable pour éviter de redémarrer en plein dans les grands départs, c’est-à-dire lors d’une période d’affluence, où l’on doit être entièrement concentré sur le service, l’information voyageurs, et parfois la gestion des aléas. Cette semaine nous permet en quelque sorte de nous «échauffer», de retrouver nos marques avec 100% des trains en circulation, ce qui n’est pas arrivé depuis le reconfinement, fin octobre.

Être en capacité de passer de 30 à 100% d'un plan de transport, cela se joue d'abord au matériel ?

P. M. : Oui, tout ce qui touche au Matériel est forcément structurant. Les technicentres ont effectué un énorme travail durant ce second confinement. Ils ont réglé l’ensemble des points techniques et de confort qui pouvaient exister. Globalement, on arrive aujourd’hui à 90% de nos rames sans aucun souci technique, sachant que l’objectif est à 85%. C’est un résultat exceptionnel et je tiens à remercier toutes les équipes.

Cet effort des équipes du matériel a-t-il été produit en dehors des cycles de maintenance habituels ?

P. M. : Seules une cinquantaine de rames ont été garées durant ce confinement, mais contrairement à ce qui avait été fait durant le premier confinement, elles ont été laissées sous tension. Les «dégarer» entraîne un certain nombre de tests, notamment en matière de sécurité, mais globalement les cycles de maintenance habituels se sont poursuivis. Ce qui change dans les cycles courts en atelier, depuis plusieurs mois déjà, c’est surtout le niveau d’exigence et de service sur le confort et le sanitaire, qui a fortement augmenté. Et c’est justement parce qu’un travail important a été fait depuis des semaines sur l’ensemble des opérations techniques que nous pouvons, dans ces derniers jours avant les grands départs, porter une attention particulière au bon fonctionnement des lavabos, des sanitaires, au savon, au gel hydroalcoolique, etc. Ce sont des éléments clés de réassurance pour nos clients. Après le premier confinement, les voyageurs ont bien vu les efforts faits sur le sanitaire dans nos trains. Nous voulons qu’il en soit de même pour ces vacances de Noël.

Maintenant que les rames sont prêtes, il faut les positionner en gares, et mobiliser toutes les équipes nécessaires à la production du service ?

P. M. : Tout à fait, et c’est une partie importante du travail que nous effectuons cette semaine. Par exemple, si une rame part vendredi matin d’Hendaye, il faut qu’elle y soit jeudi soir. Les positionnements de rames s’intensifient. Tout comme l’organisation fine des lignes de roulement des conducteurs et des chefs de bord, mais nous avons davantage l’habitude, car il s’agit d’abord de (re)travailler le plus normalement possible. Notre métier, c’est de faire rouler des trains, de faire voyager les français, et forcément, aucun de nous n’est vraiment satisfait avec un plan de transport à 30%. À bord, en gare, dans les technicentres et les centres opérationnels, on sent que tous les collègues ont à cœur de faire repartir le trafic TGV très rapidement, et il en est de même avec Intercités et nos filiales européennes. On a tous envie d’éprouver la satisfaction de se sentir utile, en étant au rendez-vous de ces grands départs de Noël.