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Le fabuleux destin des rames record TGV

Les rames TGV sud-est n°16 et TGV Atlantique n°325, retirées du service en décembre 2018, ont connu un parcours historique : records mondiaux de vitesse, carrière au service des clients... Sauvegardées, elles entrent désormais au patrimoine SNCF.

La première a porté à 380 km/h le record mondial de vitesse ferroviaire en février 1981, démontrant le savoir-faire des ingénieurs, des techniciens et de tout le personnel de l’industrie ferroviaire française. Huit ans plus tard, la seconde établit un nouveau record du monde : porté à 482 km/h en 1989, dans des conditions de stabilité telles qu’une nouvelle campagne d’essais a été reprise en 1990, jusqu’à 515,3 km/h atteints en mai. Ce record laisse très loin derrière celui de 406 km/h décroché par la DB deux ans plus tôt. La rame TGV Sud-Est 16  et la rame TGV Atlantique 325 ont désormais droit à une retraite bien méritée.

Avec le soutien d’Alstom, leur constructeur, ces rames marquantes de l’histoire de la SNCF rejoignent la collection Patrimoine SNCF, en coordination avec la Cité du train.

Une livrée orange devenue mythique

La rame TGV Sud-Est 16  a prouvé aux clients SNCF la sécurité de la nouvelle offre commerciale à très grande vitesse qui va débuter dès septembre 1981. Cette rame a ensuite intégré le parc commercial en s’adaptant aux attentes et au goût des clients.
La livrée orange d’origine a marqué tous les esprits et reste dans toutes les mémoires. Ensuite, le look années 1980 a fait place à la livrée dite Atlantique, gris et bleu. Enfin, cette rame a reçu son actuelle livrée nouveau design Carmillon.

Du plastique au cuir

L’aménagement intérieur a autant évolué, reflet des changements dans la mode. Les sièges individuels, en 2e classe, étaient à l’origine verts ou bleus avec un garnissage en plastique, déjà à l’avant-garde alors que les voitures Corail contemporaines restaient fidèles à l’orange.
Rapidement, le tissu s’impose en 2e classe. En 2001, avec l’ouverture de la LGV de Valence à Marseille et à Nîmes, tout l’intérieur est repensé en s’inspirant d’Eurostar et, surtout, en introduisant le cuir en 1re classe pour en faire, selon la communication de l’époque, le TGV préféré des Français. Finalement, de nouveaux sièges aux tons plus actuels sont venus donner une nouvelle jeunesse aux rames TGV Sud-est, fierté de tous les Français, industriels, exploitants et voyageurs.

Une croisière à 300 km/h

La rame TGV Atlantique 325, quant à elle, représente un bond prodigieux sur les plans de la technique et du confort. Sa qualité ne se limite pas à la vitesse, même si elle fut le premier train dans le monde à transporter des voyageurs à 300 km/h. La publicité présentait ce nouveau matériel sur le thème de la croisière à 300 km/h.
Le confort y a été particulièrement soigné, au niveau de la suspension pneumatique, appliquée d’ailleurs ensuite aux rames TGV Sud-est, comme au niveau des aménagements intérieurs avec les salons et la disposition originale en 1re classe pour davantage de tranquillité et d’intimité. Cette réussite initiale n’a pas empêché de rénover les rames Atlantique : la décoration et les sièges Lacroix, fruits du choix du public, ont été appliqués à toutes les rames.

Plus de 13 millions de kilomètres

Ces deux rames au pedigree exceptionnel auront bien servi les clients, sur un kilométrage impressionnant. Ainsi, la rame TGV Sud-est 16 a parcouru plus de 13 millions de kilomètres, c’est-à-dire davantage que les sept capsules Apollo 11 à 17 réunies entre la terre et la lune et en emmenant à chaque voyage cent fois plus de passagers.
TGV Sud-est, puis TGV Atlantique, elles auront été les ambassadrices auprès du public d’une forte identité visuelle TGV, en étroite synergie avec SNCF, grâce à leur designer Jacques Cooper puis Roger Tallon. Elles continueront à porter l’excellence ferroviaire française dans le patrimoine SNCF.