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La gare de Paris-Lyon, |toute une Histoire

De sa "gare de cœur", Denis Redoutey connaît tout, des trains qui y font halte aux petites roues dentées qui actionnent les aiguilles de la tour de l’Horloge. Interview de l'auteur de "L'Histoire de la Gare de Paris-Lyon".

Cela fait 33 ans qu’il fait graviter sa vie professionnelle autour de ce bâtiment mythique. Outre ses nombreux postes en tant que cheminot, il exerce aussi en qualité de guide de la célèbre Tour de l’Horloge, ouverte à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Déjà auteur d’une dizaine d’ouvrages liés au ferroviaire, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il s’attaque à son édifice favori. Il a donc sorti fin novembre "L’Histoire de la Gare de Paris-Lyon", aux éditions de la Vie du Rail. Déjà plus de 1 700 exemplaires ont déjà été vendus.
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Newsroom : Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans la gare de Lyon ?

Denis Redoutey : J’ai toujours été attiré par son esthétique, et particulièrement par la tour de l’Horloge* qui lui donne ce caractère si spécifique. Elle se repère de loin ! Le restaurant du Train Bleu à l’intérieur même de la gare lui confère une autre particularité. En outre, c’est un exemple quasiment unique en Europe de l’architecture de 1865, avec le Palais Garnier et l’Opéra-comique. C’est un bâtiment très prisé du public mais aussi des cheminots. Ceux que je connais gardent un souvenir impérissable de leur passage dans cette gare.

*conçue par l’architecte toulonnais Marius Toudoire lors de l’exposition universelle de 1900.

Comment a commencé l’histoire d’amour ?

D. R. : J’ai découvert la gare de Lyon comme un simple voyageur lorsque j’avais 16 ans. Puis je me suis intéressé de plus en plus au matériel roulant (les rames de train, NDLR), surtout à partir des premières circulations des TGV. Avant mon embauche, en 1985, je faisais partie de ces "compteurs de rivets" qui vont chercher tous les détails : les numéros de train, leurs compositions et tous les détails techniques… Sans oublier les photographies. Entre 1980 et aujourd’hui, j’ai accumulé plus de 20 000 clichés ferroviaires.
 

Quels aspects de la gare de Lyon sont abordés dans le livre ?

D. R. : Fidèle à ma passion pour la photographie ferroviaire, j’ai prêté une attention particulière à l’iconographie du livre. Il s’agit de photos assez rares ou jamais publiées. Mon objectif est de lier l’histoire du ferroviaire à l’évolution d’un bâtiment sur 170 ans ainsi que son intégration dans son environnement géographique. En effet, le XIIe arrondissement n’a pas toujours été le quartier assez huppé qu’il est aujourd’hui. Qui se souvient de la période de l’îlot Châlon, de 1980 à 1985, lorsque la zone était en proie au trafic de drogues dures ? Les riverains avaient été choqués par deux meurtres commis en mai 1984, en lien avec le trafic de stupéfiants. Et qui ont signé le début d’une restructuration du quartier.

Un souvenir fort ?

Je me souviens de la gare quasiment vidée pour la venue de François Mitterrand, alors président de la République, entouré de personnel de sécurité. Il se rendait en pèlerinage à la Roche de Solutré, à bord d’un TGV orange. C’est étrange de voir un lieu habituellement grouillant de monde, vidé pendant plus d’une demi-heure !

Retrouvez L’Histoire de la Gare de Paris-Lyon, un lien entre la capitale et l’arc sud-est, aux éditions de la Vie du Rail.