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L'histoire du TGV

Découvrez ci-dessous l'histoire de la naissance du TGV jusqu'à la mise en service conjointe de deux Ligne à Grande Vitesse (LGV), Sud-est Atlantique et Bretagne-Pays de la Loire.

Le contexte de la naissance du TGV

Fin des années 1960, l’avenir est à la route et à l’aviation. Les années Pompidou font une large place au "tout auto". Le Concorde est l’avion roi. Le système ferroviaire français est alors au pied du mur. Considéré comme dépassé par les pouvoirs politiques en place, il est condamné. Plus que se renouveler, il doit se réinventer en profondeur et apporter une réponse solide face à ce nouveau concurrent qu’est la route.

Jusqu’alors, la vitesse des trains se heurtait à un "plafond de verre" : 200 km/h. Mais les deux records de vitesse de mars 1955 dans les Landes à 331 km/h sont encore dans les mémoires et ont permis de montrer que grande vitesse et ferroviaire n’appartenait plus au domaine du rêve. Il faut désormais lancer un prototype et industrialiser ce projet de grande vitesse.

1966 -1980 : de la turbine au TGV

Avant même de s’interroger sur la ligne et les dessertes qui y seront rattachées, il a fallu s’interroger sur le matériel. Électricité ou énergie fossile ?

En 1966, le projet C03 du futur train à grande vitesse débute. Les premiers choix se portent en 1967 sur un train prototype doté d’une turbine (similaire à celles qui équipent les hélicoptères). Appelé TGV (Turbotrain à Grande Vitesse) puis TGS (Turbine à Gaz Spécial).

11 juillet 1969 : deux rames prototypes sont commandées. Elles permettront de définir les grandes orientations du TGV. La première rame portera finalement le nom de TGV001.

À noter que l’une des motrices a été préservée par la ville de Belfort et se trouve exposée sur un rond-point en arrivant à Belfort. Elle vient d’être entièrement restaurée.

23 mars 1972 : Une première présentation de la rame prototype est faite auprès des autorités de tutelle qui s’intéressent de près à l’avancement du projet C03.

  • Un design révolutionnaire :

C’est le designer Jacques Cooper qui  est chargé d’esquisser les lignes futuristes de ce qui n’est encore que le projet C03. Ce train du futur doit être en totale rupture avec ce qui existe. Il s’inspire donc d’une voiture : la Porsche Murène.

  • Des innovations majeures au service de la sécurité :

Outre la vitesse élevée que peut atteindre ce prototype, l’innovation majeure réside dans le concept de rame "articulée" et indéformable : deux remorques reposent sur un seul et même bogie. À l’époque, les ingénieurs sont loin de se douter que ce choix fera du TGV le train le plus sûr au monde. Plusieurs déraillements à grande vitesse (déraillement du 21 décembre sur la LGV Nord Europe suite à un affaissement de terrain) ont montré que le train ne se "disloque" pas là où une composition "classique" aurait engendré un effet domino désastreux.

Les premiers essais ont lieu dans la plaine d’Alsace (l’infrastructure en ligne droite permet des montées en vitesse sur de longues distances). Les  vitesses de 240 km/h puis 307,5 km/h sont atteintes. Viennent ensuite les essais d’endurance. Objectif : parcourir 200 000 km à plus de 250 km/h.

Deuxième innovation majeure, la signalisation embarquée. Partant du principe qu’au-delà de 220 km/h, le conducteur ne pouvait pas observer la signalisation au sol assez tôt, cette dernière est désormais présentée en cabine. C’est la naissance de la TVM pour Transmission Voie Machine.

8 décembre 1972, les 318 km/h sont atteints.

1973 : le choc pétrolier vient jouer les troubles fête et remettre en question le mode de propulsion du TGV. L’énergie électrique mise de côté jusqu’à présent revient au goût du jour. Le prototype est modifié pour circuler sur des voies électrifiées.

1975 : les deux premières rames TGV tête de série sont commandées. Elles seront livrées en 1978. Leurs caractéristiques techniques découlent directement des essais réalisés depuis 1972.

19 juin 1978 : fin des essais après 207 marches d’essais à une vitesse supérieure à 300 km/h.

Paris-Lyon ou Paris-Lille ?

Deux projets pour une ligne à grande vitesse sont étudiés. Le premier reliant Paris à Lyon, le second reliant Paris au nord de la France. Mais l’incertitude quant à la construction du tunnel sous la Manche aura raison du projet sur l’axe nord au profit de Paris-Lyon.

1980 - 1990 : naissance du TGV, renaissance du ferroviaire

Le 22 septembre 1981, le président Mitterrand inaugure la première ligne à grande vitesse non sans quelques frayeurs pour les cheminots à bord de la rame. En effet, un orage provoque une coupure de l’alimentation électrique qui oblige le conducteur à freiner en pleine rampe. Les conditions d’adhérence étant particulièrement mauvaises en raison de la pluie, la rame inaugurale peine à atteindre les 90 km/h au lieu de 260 km/h. Heureusement, quelques kilomètres plus loin, à la faveur d’une pente, la rame atteint les 260 km/h prévus.

Une ligne nouvelle au profil de caractère :

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la LGV Sud-Est est la deuxième ligne construite depuis 1928 !

Pour construire cette première ligne à grande vitesse, il a fallu :

  • 100 000 tonnes de rails
  • 1 500 000 traverses en béton
  • 5 900 000 tonnes de ballast
  • 700 000 mètres de clôtures

Dix ans d’exploitation : un succès inespéré

À la fin des années 1980, le TGV transporte en moyenne 50 000 voyageurs par jour et 90 000 aux périodes de pointes.

En dix ans, le trafic annuel de la ligne passe 10 à 17 millions de voyageurs soit une progression de 70%. Du jamais vu !

1990 - 2000 : l'ouverture aux capitales européennes

Huit ans après la mise en service de la première ligne à grande vitesse, c’est au tour de la ligne à grande vitesse Atlantique d’être mise en service en septembre 1989 (branche Bretagne) puis septembre 1990 (branche Aquitaine). Nantes est désormais à deux heures de Paris, Bordeaux à trois heures.

Forte de ce succès à l’échelle nationale, SNCF et les autorités concernées étendent les dessertes TGV aux différentes capitales européennes au cours des années 1990. Jusqu’alors, le TGV ne dépassait les frontières hexagonales que pour aller en Suisse.

14 novembre 1994 : Eurostar voit le jour, Paris-Londres s’effectue désormais à grande vitesse.

2 Juin 1996 : Lancement de Thalys entre Paris, Bruxelles et Amsterdam.

Le TGV relie également Milan via Turin à Paris.

14 décembre 1997 : Thalys étend son offre à Cologne.

2007 : Des liaisons directes par TGV entre Paris, Francfort, Stuttgart et Luxembourg sont désormais proposées.

Décembre 2013 : Barcelone est desservie par le TGV au départ de Paris, Marseille et Toulouse.

2000 - 2020 : les frontières sont redessinées

Avec le lancement de la LGV Méditerranée en 2001 puis LGV Est en 2007, le TGV redessine littéralement les frontières mettant Marseille à 3h de Paris, Luxembourg à 2h15 (au lieu de 3h34) et Francfort à 3h45.

Les lignes à grande vitesse, alors majoritairement construites sur le territoire français, s’étendent à leur tour : Belgique, Angleterre, Espagne.

Le matériel n’est pas en reste puisque le TGV a été exporté en Espagne (AVE) ainsi qu’en Corée (KTX) puis plus récemment au Maroc.

Mais l’histoire n’a pas fini de s’écrire puisque le 2 juillet, la mise en service conjointe de deux LGV, Sud-est Atlantique et Bretagne-Pays de la Loire, est une première en France. La saga continue…