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Inauguration de la LGV marocaine

La ligne à grande vitesse qui relie Casablanca et Tanger au Maroc a été inaugurée le  15 novembre à Rabat par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en présence du Président de la République, Emmanuel Macron, de Guillaume Pepy et de Patrick Jeantet.

Cette première Ligne à Grande Vitesse (LGV) du continent africain est le fruit d’un partenariat stratégique unique entre l’ONCF (Office national des chemins de fer du Maroc) et la SNCF. 
L’inauguration de cette LGV consacre un projet historique qui a consisté en la réalisation de 200 km de double voie entre Tanger et Kenitra, qui permettra de circuler à la vitesse commerciale de 320 km/h. Le temps de parcours entre Casablanca et Tanger sera de 2h10 au lieu de 4h45 actuellement.
 

Une relation franco-marocaine exceptionnelle

Ce projet illustre les liens étroits noués entre les deux pays. Signé le 22 octobre 2007, un protocole d’accord entre la République française et le Royaume du Maroc a en effet mis en place un partenariat stratégique ayant pour objet la conception, la construction, l’exploitation et l’entretien de la LGV.  
Le projet a bénéficié d’un soutien financier français important avec l’apport de 1,07 milliard d’euros, soit 51% du budget.

L'ONCF et la SNCF main dans la main

Depuis 2009, une équipe d’experts SNCF de la grande vitesse a accompagné l’ONCF pour chacun des lots techniques de la réalisation d’une LGV.  
 
Les deux entreprises ont mis en œuvre une organisation et un mode de fonctionnement "apprenant". Pour le projet, les équipes de l’ONCF et celles de l’AMO SNCF ont été construites « en miroir ». Des binômes ont été constitués pour chacun des grands métiers. Les experts SNCF se sont adaptés aux spécificités locales et ont permis aux équipes de l’ONCF de s’approprier leur savoir-faire en construisant avec elles des réponses communes. 
 
SNCF Réseau, en mettant à disposition ses experts que ce soit au sein de l’AMO (plus de trois quarts des 55 experts présents à Rabat) ou pour les expertises rendues par les directions techniques en France, a joué un rôle majeur dans la conduite et le management d’un projet de cet ampleur, dans la conception et la construction de la ligne (génie civil et équipements ferroviaires), dans la préparation de son exploitation et de sa maintenance, ainsi que dans l’intégration du système complet. 

Un partenariat de long terme

Au fil des années, le partenariat entre l’ONCF et la SNCF s’est enrichi et a élargi son champ d’intervention. Il couvre aujourd’hui deux domaines principaux : 

  • La formation
    Une coentreprise 50/50 entre l’ONCF et la SNCF a été créée en 2015, l’Institut de Formation Ferroviaire (IFF). Situé à Rabat, il forme chaque année plus de 5 000 stagiaires, dont 1 800 de la SNCF.
    L’ingénierie pédagogique a été conçue par la SNCF. Sur la centaine de formateurs, la moitié issus de l’ONCF ont été formés par la SNCF ; un quart sont des formateurs SNCF et un quart proviennent de cabinets locaux. 
     
  • L’assistance technique et l’accompagnement 
    Pour la maintenance des rames à grande vitesse, avec la création en 2016 d’une coentreprise, la Société Marocaine de Maintenance des Rames à Grande Vitesse (SMMRGV). Détenue à 60% par l’ONCF et à 40% par SNCF, elle met en œuvre les schémas de maintenance conçus par lz SNCF pour son parc de rames Duplex 2N2. Une quinzaine d’experts SNCF travaillent au sein de cette filiale dans l’atelier de Tanger.  

    La SMMRGV a confié à la SNCF l’ingénierie de maintenance, la réparation des pièces et des organes des Rames à Grande Vitesse du Maroc (RGVM) et de l’assistance technique ponctuelle. 

    Pour la maintenance de l’infrastructure et gestion des circulations, SNCF Réseau accompagne l’ONCF durant a minima les deux premières années d’exploitation avec une option pour une troisième année.
     
    La SNCF réalise des prestations d’expertises techniques dans le ferroviaire conventionnel. Le contrat signé en 2013, qui porte cette assistance technique, vient d’être étendu à l’ensemble du ferroviaire, grande vitesse comprise.

 

Au service de la mobilité durable

"Portée par une coopération unique entre l’ONCF et la SNCF, ce projet a mobilisé les fleurons de l’industrie ferroviaire française, a rappelé Guillaume Pepy. Cette nouvelle ligne proposera une solution de mobilité durable aux voyageurs sur des axes particulièrement empruntés. Elle est à l’image des enjeux de notre époque. Notre relation bilatérale avec l’ONCF est porteuse de performance technologique et de réussite humaine. Elle est mobilisée au service des territoires et de la mobilité durable."

La LGV du Maroc en chiffres

  • 2011 : début de la construction de la LGV au Maroc.  
  • 12 : nombre de rames à grande vitesse Duplex Alstom 2N2 qui circuleront sur la LGV. 
  • 6 millions : nombre de passagers par an, soit près de quatre fois plus qu’actuellement. 
  • 700 000 : nombre de traverses posées. 
  • 1 600 000 tonnes : quantité de ballast utilisée. 
  • 3,5 km : longueur du viaduc El Hachef, l’un des plus longs viaducs destinés à la grande vitesse. 
  • 67 millions de m3 : volume de remblais et déblais du chantier de réalisation de la LGV,  soit l’équivalent de près de 26 pyramides de Khéops ! 
  • 357 km/h : record de vitesse sur rail du continent africain réalisé le 4 mai 2018. La rame d’essais PS01 était conduite par un cheminot marocain sous la supervision d’un expert SNCF. 
  • 55 : nombre d’experts en poste qu’a compté l’équipe de l’AMO SNCF à Rabat. Au total,  90 ingénieurs SNCF ont travaillé depuis neuf ans au sein de l’AMO. 
  • 9 millions d’euros : c’est le coût au km de la LGV Maroc. Une ligne aux meilleurs standards internationaux pour un coût parmi les plus bas du monde