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« OUIGO est un modèle puissant pour réduire notre empreinte écologique »

Pour marquer l'événement du 50 millionième voyageur OUIGO, Stéphane Rapebach, directeur général de OUIGO, revient sur le succès et les objectifs de l'offre TGV low-cost de la SNCF.

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Cinquante millions de personnes transportées depuis 2013 : au-delà du symbole, que représente un tel chiffre pour l'entreprise et pour les gens qui y travaillent ?

Stéphane Rapebach : C’est un pari gagné. À l’origine de OUIGO, il y a l’idée, plutôt audacieuse, de déployer une offre low-cost au sein même du groupe ferroviaire. L’enjeu, c’était d’aller à la conquête de clients qui, jusqu’à présent, ne considéraient pas le TGV comme une réelle alternative à la voiture ou l’avion, au bus ou au covoiturage.

Cette stratégie de développement ne pouvait-elle pas être interprétée comme une forme de concurrence interne ?

S. R. : Le risque était là. D’ailleurs, peu de de transporteurs ont osé se concurrencer sur des trajets et des distances identiques. Transavia, par exemple, la filiale low-cost de KLM, ne dessert pas les mêmes destinations qu’Air France, alors que ces deux compagnies aériennes font partie du même groupe. On constate aujourd’hui que nos craintes se sont dissipées. Nous avons fait croître le marché de la mobilité par le TGV. Donc, OUIGO c’est une performance à mettre au crédit de tous les cheminots.

Dans quelle mesure ?

S. R. : Nous avons fait le choix de développer cette offre en interne, en ne faisant appel qu’à des agents de la SNCF. Ce succès est donc aussi une fierté cheminote. OUIGO compte 600 agents tous engagés, mais la production d’une telle offre ne se réalise qu’avec de nombreux collaborateurs du groupe qui œuvrent également pour cette réussite, notamment dans les technicentres et dans les gares.

Quels sont vos objectifs ?

S. R. : Atteindre 25% du trafic de la grande vitesse dès cette année. Cela représente 25 millions de voyageurs. Ce cap ambitieux, nous l’avons fixé dès 2015. Depuis, notre progression est forte et incontestable. En 2019, nous avons ainsi transporté 17 millions de voyageurs, contre 11 millions en 2018. Ce chiffre représente l’équivalent de l’ensemble des voyageurs Eurostar et Thalys combinés. Et si nous comparons avec d’autres transporteurs, cela équivaut au trafic de tous les vols de Transavia. La progression ne devrait pas s’arrêter, bien au contraire : nous tablons sur 25 millions de voyageurs d’ici à la fin de l’année 2020. Ces 25% de trafic au global recouvrent des chiffres différents par destinations, car un OUIGO c’est un TGV de 1 268 places dont le taux d’occupation moyen est de 84%. Soit 1 100 voyageurs dans chaque TGV. Cela veut dire que sur certaines destinations OUIGO représente déjà 40 à 50% du trafic.

Comment expliquer une progression si rapide ?

S. R. : Nos nouvelles destinations l’expliquent en partie. Nous maillons aujourd’hui les 12 plus grandes villes françaises. Il nous reste une dernière ligne à déployer, entre Paris et Lyon-centre, les deux plus grandes métropoles du pays. C’est prévu pour le 1er juin 2020. Trois allers et retours en OUIGO seront ajoutés aux TGV INOUI actuels pour ramener au train de nombreux voyageurs qui transitent encore par la route entre ces deux plus grandes villes.

Un atout important à l’heure de l’ouverture prochaine à la concurrence...

S. R. : C’est le défi des cinq prochaines années. Le marché de la grande vitesse va s’ouvrir en fin d’année. Et la bataille va commencer, en premier lieu sur la qualité du service et le prix des billets. Pour continuer sur l’exemple Paris-Lyon, nous devons tout faire pour qu’un client voyageant sur cette ligne préfère toujours l’une des deux offres de la SNCF, TGV INOUI et OUIGO, à celle d’un autre transporteur concurrent.

Un déploiement à l'international est-il envisageable prochainement ?

S. R. : En prenant le virage du low-cost dès 2013, nous avons acquis une longueur d’avance sur les autres. Ce qui nous a mis logiquement sur la voie d’une expansion à l’échelle européenne. La SNCF se lancera donc en Espagne dès la fin de l’année, avec une offre très proche de ce que propose OUIGO en France. Pour cela, le groupe s'appuie, notamment grâce à OUIGO, sur une solide expertise en matière de réduction et de gestion des coûts de production, ce qui nous permettra de proposer des prix plus bas et de participer à la croissance du marché de la mobilité en Espagne.

Vous avez déclaré : « Ce que je veux faire de OUIGO, c'est un TGV populaire, un TGV qui permette aux Français de choisir le train plutôt que la voiture pour voyager. » Faut-il plus mettre en avant le train low-cost comme une chance pour l'environnement ?

S. R. : Rendre accessible la grande vitesse à tous en respectant la planète est au cœur de notre démarche. De fait, OUIGO  est un modèle puissant pour réduire notre empreinte écologique. Chacun de nos trains peut transporter 1 260 voyageurs, soit l’équivalent de 7 à 8 avions low-cost. Donc, 10 à 12 départs et arrivées de trains quotidiens à Paris-Gare de Lyon, cela représente, en nombre de voyageurs, une centaine d’avions qui décollent ou atterrissent. OUIGO ne permet pas seulement de faire des économies d’énergie, mais également d’argent. Si vous deviez faire un Paris-Bordeaux en voiture pour le même prix que celui d’un billet OUIGO, vous seriez forcés de vous arrêter à Poitiers.

OUIGO en 2021 : quelques chiffres

  • 26 millions de voyageurs attendus dans les TGV OUIGO en 2020
  • 25% du trafic à grande vitesse (13% en 2018)
  • plus de 40 destinations (32 en 2018)
  • 70 circulations quotidiennes (48 en 2018)