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16 entreprises engagées pour le mécénat de compétences

Moins d’un tiers des dirigeants sont favorables au mécénat de compétences dans leur entreprise. C’est l’un des freins identifiés par le baromètre réalisé par l’Ifop à la demande de SNCF. D’autres freins existent en dépit des nombreux effets très avantageux de ce dispositif, pour l’entreprise et le salarié.

Le mécénat de compétences, qu’est-ce que c’est ?

Le mécénat de compétences permet aux salariés d’apporter leurs compétences professionnelles ou humaines pour réaliser des actions d’intérêt général auprès d’associations, sur leur temps de travail. Différentes mises en œuvre sont possibles. Dans le cas de SNCF, où le mécénat de compétences a été mis en place en 2013, dix jours par an sont mis à disposition par l’entreprise aux salariés. 3 500 salariés sont inscrits dans ce programme, mais ils ne prennent que deux ou trois jours par an en moyenne, notamment en raison des réticences de leurs managers et des besoins de production.

Des salariés plus épanouis et ouverts aux autres

Le baromètre initié par la Fondation SNCF, a été dévoilé le 16 janvier aux Echos, dans le 15e arrondissement de Paris. "Nous avons lancé ce baromètre car on voulait essayer de mieux comprendre les mécanismes de l’engagement des salariés", explique Patrick Jeantet, président délégué du directoire de SNCF et président de la Fondation SNCF. 17 dirigeantes et dirigeants d’entreprises étaient présents pour évoquer leur expérience du mécénat de compétences.
Un dispositif très bénéfique pour les salariés : 71% d’entre eux y voient l’occasion de sortir de leur routine, et 64% l’occasion d’acquérir des compétences. C’est le cas de Tiphaine de Pommereau, consultante pour le cabinet de conseil Accenture. Elle travaille à mi-temps dans une association qui lutte contre le chômage de longue durée. "C’est très différent de travailler auprès d’une association qui n’a pas l’habitude de recourir à des consultants. Cela demande au salarié une grande faculté d’adaptation et même de la créativité", témoigne-t-elle. Accenture figure parmi les bons élèves du mécénat de compétences : l’entreprise consacre 5 000 jours par an pour l’employabilité des personnes éloignées de l’emploi. 30% des salariés sont inscrits dans le dispositif.

Des salariés mieux en phase avec les valeurs de l’entreprise

Autre intérêt pour le salarié : selon Patrick Pouyanné, PDG de Total, le mécénat de compétences répond à une quête de sens éprouvée par tous. Pour Gilles Bonnenfant, PDG d’Eurogroup Consulting, le dispositif démontre aussi que l’entreprise est en phase avec ses valeurs. En effet, 73% des salariés comprennent mieux les valeurs de leur entreprise du fait de leur engagement dans le mécénat de compétences, et 67% se déclarent plus attachés à l’entreprise.

Chez SNCF, Guillaume Pepy, président du directoire, a évoqué la très forte mobilisation des salariés pour ouvrir les portes de l’entreprise aux élèves défavorisés à l’occasion de leur stage de 3ème.

Le dispositif est aussi un moyen de tisser un lien avec les territoires, surtout quand l’activité de l’entreprise apporte des nuisances, comme la pollution dans le cas de Total, ou le bruit dans le cas d’ADP, également présent à la table-ronde par l’intermédiaire de son PDG Augustin de Romanet. "Lorsque l’entreprise a une empreinte territoriale forte, c’est important pour les collaborateurs de se développer dans différents domaines, notamment en tant que citoyens", a déclaré le PDG. "Le mécénat de compétences fait partie des solutions pour créer plus de lien social, plus de vivre ensemble" a appuyé Patrick Jeantet.

Un manifeste qui engage les entreprises

Les 16 entreprises présentes se sont engagées à favoriser le développement du mécénat de compétences en signant un manifeste dans ce sens.