Crédit photo en-tête de page : Sylvain Cambon - Fret SNCF

Un plan d’action détaillé des acteurs du fret ferroviaire français pour doubler la part modale du rail d’ici 2030

4F, l’alliance réunissant les acteurs du fret ferroviaire en France, a présenté son plan détaillé pour doubler la part du rail d’ici 2030 et répondre aux grands enjeux de l’environnement, du climat, de la santé et de la relance économique.

Téléchargez le communiqué de presse

Téléchargez le dossier de presse

Publié le | Mis à jour le

Lecture 8 min.

Dans un rapport sur le développement du fret ferroviaire en France remis au Secrétaire d’État chargé des Transports, la coalition 4F (pour Fret Ferroviaire Français du Futur) présente sa vision, ses objectifs et son plan d’action, chiffré et inscrit dans la période 2021-2030. L’objectif poursuivi par 4F est de «faire du fret ferroviaire la colonne vertébrale d’un système de transport hautement performant, rentable et durable, épine dorsale d’une logistique terrestre verte et multimodale».

Alors que la Convention citoyenne pour le Climat a fait plusieurs propositions d’incitations au report vers le mode ferroviaire et le mode fluvial, le plan d’action élaboré par 4F vise à doubler la part du ferroviaire dans les marchandises transportées d’ici 2030. Faire passer la part du rail de 9 à 18 % permettrait selon la coalition de faire réaliser à la société une économie sur les coûts externes du transport terrestre de marchandises estimée à 25 milliards d’euros entre 2020 et 2040.

Le rapport établit des champs de responsabilité distincts à trois catégories d’acteurs : les entreprises ferroviaires, le gestionnaire d’infrastructure et l’État.

Pour les entreprises ferroviaires, innover et investir dans le train de fret digital

Pour les opérateurs, le plan d’action de 4F prévoit des investissements produisant des effets à trois horizons de temps :

  • À court terme, les clients bénéficieront de meilleurs services (réservation, suivi des trains, prédiction de l’heure d’arrivée), d’une information de bout en bout incluant tous les modes de transport utilisés et de place de marché digitales ;
  • D’ici trois ans, l’efficacité industrielle et économique du secteur sera renforcée grâce aux solutions de gestion des locomotives et wagons (utilisation maximisée, chargements optimisés, maintenance prédictive…) ;
  • D’ici cinq ans, le digital permettra d’automatiser les opérations de préparation du train (essais de freins, visite technique, tri des wagons, attelage de la locomotive…).

La coalition 4F estime qu’une modernisation du matériel roulant (wagons et locomotives) est nécessaire pour répondre aux besoins des clients et représente une opportunité de relance pour l’industrie ferroviaire française. Selon 4F, «toutes ces avancées amélioreront en même temps les conditions de travail des cheminots, l’efficacité opérationnelle et la mise en œuvre des procédures de sécurité».

Pour le gestionnaire d’infrastructure, développer les leviers d’actions nécessaires au report modal

Selon le rapport de 4F, SNCF Réseau, qui coopère activement aux travaux de la coalition, doit viser «une conception de l’infrastructure qui accroît l’impact des investissements sur la capacité disponible, une simplification et une standardisation de l’accès au rail qui répond aux besoins des clients en quête de compétitivité et une planification de bout en bout qui maximise les capacités du réseau».

Plus précisément, le réseau devra être en capacité d’accueillir :

  • Trois fois plus de transport combiné rail route et 50 % de plus de transports de fret conventionnels ;
  • Des trains longs (750 à 1 500 m) et lourds (jusqu’à 3 000 tonnes), transeuropéens et à haute productivité, sur des artères électrifiées et permettant le transport de semi-remorques ;
  • Des plateformes territoriales pour alimenter les trains européens, avec la réappropriation de leur potentiel ferroviaire par les Régions, les métropoles et les territoires.

Selon 4F, les sillons devront être fréquents, rapides et fiables entre hubs et de bout en bout en Europe. Cela impliquerait une accélération de la modernisation des outils digitaux pour la conception et la gestion opérationnelle des sillons.

Pour les autorités publiques, promouvoir le mode ferroviaire pour renforcer sa compétitivité par rapport à la route

Pour 4F, la stratégie pour le fret ferroviaire prévue par la Loi d’orientation des mobilités (LOM) doit s’inspirer des politiques européennes similaires et contenir des mesures telles que :

  • la prise en charge par l’État de 50% des péages,
  • des subventions au wagon isolé,
  • un soutien accru au transport combiné (triplement de l’aide à la pince) et au report modal dans les ports français,
  • des aides aux investissements ou co-financements tant pour les opérateurs que pour les infrastructures, la taxation des transports polluants, des incitations fiscales… 
  • des mesures d’incitation à l’usage du mode ferroviaire, à l’image de celles qui existent dans les pays européens où la part de ferroviaire est élevée (Allemagne, Suisse, Autriche…)
  • une politique incitative pour les citoyens comme pour les chargeurs (par exemple un label écologique).

Franck Tuffereau, Coordinateur de l’alliance 4F

La France a un potentiel ferroviaire de premier plan qui doit être sauvegardé et développé. C’est pourquoi pour la première fois tous les acteurs de la filière fret se sont mobilisés dans une alliance et travaillent main dans la main pour proposer un plan qui réponde aux grands enjeux environnementaux et sociétaux.

L’impact environnemental du fret ferroviaire par rapport au routier

  • 9

    fois moins d’émissions de CO₂

  • 8

    fois moins d’émissions de particules nocives

  • 6

    fois moins d’énergie consommée