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Un plan d'actions pour la sécurisation aux passages à niveau

Un plan d’actions pour améliorer la sécurité des passages à niveau a été lancé le 3 mai par Élisabeth Borne, ministre des Transports. Il s’appuie sur le rapport parlementaire de la députée Laurence Gayte remis au gouvernement le 12 avril.

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La sécurité aux passages à niveau (PN) est un enjeu fondamental. objectif : 0 tué ou blessé grave. Le plan d'actions présenté par Élisabeth Borne comprend 10 mesures regroupées en quatre grands volets :

  • Instaurer une gouvernance locale et nationale

Le plan d’actions souligne l’importance du rôle des gestionnaires de voirie routière dans la sécurité des carrefours que constituent les PN. Si SNCF Réseau est responsable du fonctionnement du PN et de sa signalisation de position, les gestionnaires de voirie ont en effet la charge des abords et de la signalisation avancée. Désormais, ces gestionnaires - Etat, Départements, communautés de communes ou communes - seront donc explicitement impliqués dans la gestion de ces infrastructures (actions de sécurisation, financements, etc.).

  • Renforcer la connaissance des PN et du risque

Les mesures de sécurisation des passages à niveau doivent être adaptées en fonction de la diversité des caractéristiques propres à chaque PN. Ces mesures devront donc mieux prendre en compte les éléments liés à l’environnement, telle que la visibilité à l’approche du PN.

  • Accentuer la prévention et la sanction

Le non-respect de la signalisation routière est encore trop fréquent : 98% des accidents aux PN sont dus à un non-respect du code de la route. Une concertation va être engagée pour mieux prévenir les infractions avec un éventuel renforcement des sanctions, une possible réduction de vitesse des véhicules routier au franchissement d’un PN, le renfort des actions de sensibilisation comme l'introduction de questions spécifiques lors de l’examen du permis de conduire.

  • Amplifier la sécurisation des PN par des mesures d’aménagement

Les moyens consacrés par l’État pour sécuriser les PN augmenteront de 40%, passant de 32 M€ en 2018 à 45 M€ en 2022. Cet effort financier doit s’accompagner d’une plus grande efficacité des projets de sécurisation. Le renforcement de la signalisation et des aménagements routiers simples (mise en place d’îlots centraux par exemple) permettent parfois une sécurisation plus rapide, efficace et moins coûteuse que la suppression d’un PN.

Des expérimentations vont être menées sur les infrastructures et les équipements ferroviaires et routiers, comme le renforcement de la signalisation lumineuse ou les marquages au sol.

SNCF Réseau soutient ce nouvel élan pour la sécurisation des PN et est impliqué dans la plupart des 10 mesures du plan. SNCF Réseau pilote notamment l’étude de faisabilité des systèmes de vidéo-protection qui apparaissent comme étant un des équipements bénéficiant d’un bon rapport efficacité/coût. Ces dispositifs peuvent offrir une large palette de fonctionnalités, comme la vérification a posteriori du bon fonctionnement des systèmes de sécurité, l’analyse du comportement des automobilistes pour définir des mesures de sécurisation adaptées voire le contrôle en vue de sanction. La vidéo-protection permet également la mesure en temps réel des flux aux PN.

Consulter le plan d'actions 

 

Des chiffres positifs

Les efforts réalisés ces dernières années pour sécuriser les passages à niveau (PN) portent leurs fruits :

  • entre 2009 et 2018, le nombre de collisions a diminué de 30%
  • entre 2017 et 2018, celui des tués et des blessés est en forte baisse avec 16 décès en 2018 contre 42 en 2017 et 9 blessés graves contre 16 en 2017, selon l’Établissement public de sécurité ferroviaire