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Le Premier ministre annonce trois premières mesures de soutien au Fret ferroviaire

Lundi 27 juillet, le Premier ministre s’est rendu sur le terminal de combiné rail-route de Paris-Valenton (Val-de-Marne), accompagné notamment des ministres Barbara Pompili (Transition écologique) et Jean-Baptiste Djebbari (Transports). Jean Castex a annoncé à cette occasion une série de mesures d’urgence pour aider le fret ferroviaire à surmonter la crise et renforcer sa compétitivité.

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«Le Gouvernement entend répondre aux appels des entreprises de fret ferroviaire qui opèrent en France, lourdement touchées financièrement par la grève liée à la réforme des retraites puis la crise sanitaire, alors même qu’elles ont largement contribué à assurer les approvisionnements essentiels du pays ces derniers mois.» C’est le sens des mesures annoncées hier par Jean Castex. Celles-ci ont été actées le matin même dans le cadre du 5e Conseil de défense écologique, instance créée à la demande du Président de la République afin de mobiliser l'ensemble du Gouvernement vers l’atteinte des objectifs fixés en matière de transition écologique. 
 

Les trois mesures annoncées

  • La gratuité des péages que doivent payer les entreprises de fret ferroviaire sur la période de juillet à décembre 2020. L’État débloque 63 millions d’euros (M€) pour financer cette mesure concernant toutes les entreprises de fret ferroviaire opérant sur le réseau français.
  • La division par deux des tarifs des péages fret à partir de 2021. Cela représente un effort financier supplémentaire de 63 M€ par an.

L’État espère que ces deux premières mesures permettront de voir 20 000 poids lourds de moins chaque année sur les routes, correspondant à 425 000 tonnes de CO2 émises en moins.

  • Le lancement d’appels à projets pour la création de nouvelles autoroutes de fret ferroviaire. Ils seront lancés d'ici la fin de l'année pour les lignes Bayonne - Cherbourg, Sète - Calais et Perpignan - Rungis, l'État souhaitant que cette dernière ligne soit à terme prolongée d'Anvers jusqu'à Barcelone. Pour faciliter le montage et la montée en charge initiale de ces projets, le Gouvernement consacrera un financement annuel pouvant aller jusqu’à 35 M€, sous forme d’un dispositif d’aides au démarrage. «Le transport combiné, c’est l’avenir», a déclaré hier le Premier ministre.

D’autres mesures devraient suivre dans le cadre du plan de relance économique

«Un premier cap a été franchi aujourd’hui et le fret sera éligible au plan de relance économique, car il  concilie les enjeux industriels et économiques avec les enjeux de compétitivité des territoires français connectés à l’Europe, ainsi que les enjeux écologiques et de santé pour nos concitoyens», explique Frédéric Delorme, Président Transport ferroviaire et multimodal de marchandises – SNCF Fret. Le Premier ministre a en effet confirmé hier que ces premières mesures ont vocation à s’articuler avec le plan de relance économique attendu dans les prochaines semaines, et qui inclura un volet relatif au fret ferroviaire.

Chiffres clés

  •  9% à 10%, c’est la part de marché moyenne annuelle du fret ferroviaire dans le transport terrestre de marchandises en France, sur la période 2010-2020 (la moyenne européenne est de 18%). L’alliance 4F, dont SNCF Fret est membre, porte l’ambition d’un doublement de la part de marché du fret ferroviaire d’ici 2030.
  •  Par rapport à la route, 1 train fret représente en moyenne 35 poids lourds. Le rail émet 14 fois moins de CO2, entraîne 8 fois moins de pollution de l’air et consomme 6 fois moins d’énergie.
  •  Les redevances d’infrastructures (péages) représentent entre 10 et 15% des coûts de production des opérateurs de fret ferroviaire.
  • 5 autoroutes ferroviaires sont déjà en activité : Calais - Turin Orbassano, Calais - Le Boulou, Bettembourg (Luxembourg) - Le Boulou, Aiton (Chambéry) – Orbassano et Bettembourg – Barcelone.