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De conducteur à régulateur faune sauvage

On les appelle les régulateurs faune sauvage. Leur rôle : éviter les collisions avec les trains mais aussi les dégâts sur les infrastructures. Une mission cruciale poursuivie avec passion par Anthony Martin, un ancien conducteur.

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Il a quitté la solitude de sa cabine de conduite pour celle des grands espaces. Anthony Martin est chargé aujourd'hui de mettre en place des moyens et des actions afin de prévenir la présence d’animaux sauvages dans les emprises ferroviaires. Ou, le cas échéant, d’en réduire les conséquences : en poste à l’Infrapôle LGV Sud-Est Européen (Unité de Production de Montchanin), il fait partie des 24 régulateurs de faune sauvage sur LGV (ligne à grande vitesse) répartis aux quatre coins de la France. Et c'est à pied que cet ancien conducteur parcourt désormais entre 8 et 14 km par jour. Depuis peu, il peut compter sur son chien Opus, qui l'accompagne et l'aide à repérer les intrus.

Dispositifs anti-intrusion et caméras infrarouges

Parmi les missions d'Anthony Martin : la mise en place et le suivi des dispositifs anti-intrusion (afin d’étanchéifier les points sensibles tels que les raccordements sur LGV ou au niveau des ouvrages), des outils de détection (caméras infrarouges, pièges photo), des aménagements de libre sortie des emprises clôturées, de la protection des talus contre les animaux fouisseurs mais aussi la sensibilisation au sujet des parties prenantes (chasseurs, agriculteurs, riverains, départements, …) ou encore la gestion concertée avec les acteurs locaux.

Jusqu’à 100 000 euros, c’est le coût total que peut représenter une collision avec un sanglier (coût d’immobilisation du matériel + fournitures + main d’œuvre + coût des minutes perdues + coût personnel roulant+ coût dédommagement clients retardés)

Une facture salée

Outre les impacts sur la sécurité, la régularité, la stabilité des ouvrages en terre ou encore la gestion du trafic, les conséquences économiques d'une collision sont lourdes. Un travail de chiffrage des coûts complets (réparations et immobilisation du matériel roulant, dédommagement des clients, coûts infrastructure et perte de temps conducteur et contrôleur) est en cours chez SNCF Réseau. On peut citer quelques résultats préliminaires :

  • En Pays de la Loire, coût moyen estimé à 35 k€/collision (TER ou TGV).
  • Sur LGV Sud-Est, premiers coûts estimés autour de 150 k€/collision.

Un nouvel objectif régularité lié aux collisions

Depuis l'an dernier, un nouvel objectif régularité lié aux collisions avec les animaux (tout comme il en existe désormais un pour les retards liés à la végétation) a été mis en place par SNCF Réseau pour les Infrapôles :

  • Au niveau quantitatif, l’objectif demande aux établissements de revenir au plus bas niveau des 5 dernières années et de faire, chaque mois, au moins autant voire moins de minutes perdues que le même mois de l’année A-1.
  • Au niveau qualitatif, les Infrapôles établissent désormais un diagnostic des zones à enjeux (en identifiant les segments qui posent le plus problème en respectant la logique d’axes prioritaires) afin de pouvoir formaliser ensuite un plan d’action en la matière.

Vidéo : Sur le terrain avec un régulateur faune sauvage