Crédit photo en-tête de page : Alex Profit

Rapport de la cour des comptes : Frank Lacroix répond

La Cour des comptes a publié le 23 octobre un rapport critique sur les Trains Express Régionaux. Frank Lacroix, Directeur général TER, répond aux principaux points concernant la gestion de l’activité.

Consulter le rapport de la Cour des comptes

Publié le

Lecture 3 min.

Dans le rapport publié par la Cour des comptes le 23 octobre consacré aux trains régionaux, les magistrats évoquent une qualité dégradée. Quel est votre avis ?

Frank Lacroix : Tout d'abord, je tiens à dire que la période analysée par la Cour des comptes s'étend de 2012 à 2017. Je suis arrivé au poste de directeur général de TER fin 2016, et mon constat sur l'activité était alors relativement proche de celui fait par les magistrats. C'est pour cela que nous avons lancé dès 2017 un vaste plan de transformation, CAP TER 2020, qui a démontré son efficacité : en effet depuis, la dynamique s’est accélérée sur tous les points soulevés par le rapport.

Le services, notamment, sont jugés insuffisants. Qu’en est-il ?

Frank Lacroix : Depuis le lancement de CAP TER 2020, nous avons regagné des clients sur TER. La tendance est à +10% d’ici 2020, dont 14% de voyageurs occasionnels. Il est également important de noter la hausse de la satisfaction des clients : 6 points de satisfaction clients gagnés, avec un taux qui passe de 82% à 88%. Le taux de recommandation augmente aussi de 20 points. Côté régularité, 30% des trains en retard ont été remis à l’heure. Nous atteignons un taux de régularité de 93%.

TER serait une activité de plus en plus coûteuse pour la SNCF, toujours selon le rapport.

F. L. : Depuis 2017, le coût de production par voyageur est en baisse de 3,4%. Dans les nouveaux contrats conclus avec 100% des Régions, nous nous engageons sur une baisse des coûts de -6% à -23% selon la durée des contrats. 6% pour les contrats les plus courts et 23% pour les plus longs.
Il y a plusieurs moyens pour faire baisser les coûts : optimiser les moyens humains, c'est-à-dire réduire le nombre d'heures improductives en favorisant la polyvalence des agents et en réorganisant notre offre. Les autres leviers sont le matériel et la maintenance, ce qui est engagé, mais aussi la lutte contre la fraude qui représente 10% de recettes en moins. Depuis le lancement de CAP TER 2020, le taux de fraude diminue de 10% par an, ce qui revient à 10 millions d'euros par an de recettes en plus.
Enfin, le moyen le plus sûr de diminuer les coûts est de faire monter davantage de voyageurs à bord de nos trains.

Le rapport met aussi en cause le mauvais état du réseau ?

F. L. : L’accent est mis désormais sur l’amélioration du réseau. Si on zoome sur les petites lignes, l'Etat a été clair, il n'y a pas de réponse globale. Certaines petites lignes sont fréquentées, d’autres moins. Certaines ont un potentiel de développement, parfois seulement sur certains segments, d'autres non. Il y aura une réponse région par région, ligne par ligne, à trouver avec les autorités organisatrices. Mais il faut noter que notre logique est celle de la conquête. Mettre les moyens pour remplir les trains existants et développer notre offre, quitte à revoir la fréquence à certaines heures.

La SNCF est-elle prête pour l’ouverture à la concurrence ?

F. L. : La performance est la meilleure façon de préparer la SNCF à la concurrence. C'est ce que nous nous efforçons d'améliorer. Le deuxième moyen est de changer l'engagement dans les contrats avec les Régions : aujourd'hui, il y a des engagements forts en matière de résultat. Les conventions "administratives" du passé ont été transformées en contrats de résultats avec des engagements forts, des incitations économiques à la performance forte. Dans les Régions, les offres ne sont pas réduites, bien au contraire : nous développons nos offres, +11% en Occitanie et +11% en Pays de la Loire par exemple. De nouveaux clients sont conquis, la preuve en chiffre : +22% en Bourgogne Franche- Comté, +24% en Nouvelle Aquitaine, +26% en région Sud-Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

Enfin, les Régions ont une nouvelle demande* : la collecte et la gestion des données. Nous avons des outils et système modernisés pour y répondre.

* pour répondre également aux exigences du décret "données".