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Résultats semestriels 2020 : le groupe SNCF en action face à la crise

Les résultats pour le premier semestre 2020 ont été arrêtés ce jeudi 30 juillet par le Conseil d’administration du groupe SNCF : alors qu’il s’inscrivait dans une amélioration structurelle de ses performances économiques et opérationnelles, avec des fondamentaux solides, le groupe a été, comme toutes les entreprises de transport, touché de plein fouet par la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19.

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En baisse de 21% par rapport à la même période l’an dernier, le chiffre d’affaires (CA) du groupe SNCF est de 14,1 milliards d’euros (Md€) au premier semestre. Sur cette période, la perte de CA liée à la crise sanitaire est de 3,9 Md€, auxquels s’ajoute une perte de 275 millions d’euros (M€) causée par la grève interprofessionnelle de janvier, liée la réforme des retraites.

«Dans un contexte de crise sans précédent liée au Covid, le groupe SNCF a été en action sur tous les fronts : sanitaire, opérationnel, commercial, mais aussi économique et financier, afin de limiter au maximum l’impact de la crise sur ses comptes», résume Jean-Pierre Farandou, Président-Directeur général de la SNCF.

Avec des offres qui, conformément aux décisions du gouvernement, ont été extrêmement réduites dès la mi-mars, toutes les activités Voyageurs ont inévitablement vu leur CA fortement reculer ce semestre : la baisse atteint -58% pour TGV et s’établit à -37% sur le périmètre SNCF Voyageurs global.

Acteur central pendant et après le confinement, le transport ferroviaire et multimodal de marchandises a maintenu 70% de son activité, mais les volumes transportés restent en net retrait sur l’ensemble du semestre et le CA baisse de 20%.

Seule société du groupe dont le CA progresse depuis début 2020 (+ 0,3%), Geodis s’est maintenue grâce à ses activités liées au marché du e-commerce, en particulier pour ses clients grands comptes aux États-Unis (Apple). La société du groupe a aussi participé à l’effort de solidarité nationale en produisant des opérations charters pour répondre aux demandes de transports urgents, par exemple avec la mise en place d’un pont aérien pour le transport de masques entre la Chine et la France.

SNCF Réseau a vu ses redevances d'infrastructures (péages) diminuer fortement et SNCF Gares & Connexions pâtit des difficultés des commerces en gares, obligés de fermer pendant le confinement.

Un plan d'actions d'envergure pour atténuer les effets de la crise

Laurent Trévisani, Directeur général délégué Stratégie et finances du groupe SNCF : «Cette crise d’une amplitude jamais connue est survenue alors que nous étions en capacité d’absorber l’impact de la grève de janvier et que les trafics repartaient en février. Pour autant l’entreprise a voulu garder son cap et rester à la manœuvre. Nous avons ainsi lancé un plan d’économies total de 1,8 Md€ sur l’année, dont 1,1 Md€ ont été réalisées à fin juin».

Ce plan comprend trois volets :

  • la réduction des frais de structure et de fonctionnement, ainsi que l'application de mesures RH (dont du chômage partiel) ;
  • le report ou l’abandon de certains projets et investissements pour se concentrer sur les engagements prioritaires et essentiels ;
  • le pilotage de la trésorerie.

Comme annoncé par le Président Farandou, ces efforts très importants engagés par le groupe n'auront aucune conséquence sur les emplois de production : le nombre de recrutements prévus en 2020 dans les métiers du ferroviaire en France est maintenu, avec un objectif de plus de 4 000, un chiffre comparable à 2019.

Les investissements indispensables au ferroviaire ne sont pas non plus impactés : le montant des investissements est resté à un niveau élevé au premier semestre, atteignant 3,7 Md€, dont 2,4 Md€ financés en propre. 95% des investissements sont réalisés au profit des activités ferroviaires en France et 2,1 Md€ ont été consacrés à la régénération et la modernisation de l’infrastructure.

Performance financière

La marge opérationnelle est de 136 M€, en baisse de 2,8 Md€ par rapport au premier semestre 2019. Elle a été fortement pénalisée par l’impact de la crise sanitaire (-3,2 Md€) et les grèves de janvier
(-240 M€).

Le résultat net du groupe s’établit à -2,4 Md€, contre +20 M€ à fin juin 2019.  

Du fait de sa reprise partielle par l'État dans le cadre de l’application de la loi de réforme ferroviaire, la dette nette du groupe était de 35,3 Md€ au 1er janvier 2020. Elle a augmenté de 2,8 Md€ sur le semestre, atteignant au total 38,3 Md€ au 31 juin.

Perspectives à fin 2020

En concertation avec l’État et les autorités organisatrices, tout le groupe SNCF reste fortement mobilisé sur les mesures de sécurité sanitaire à mettre en œuvre pour les voyageurs et les salariés.

Les mesures commerciales (petits prix TGV INOUI, OUIGO et Intercités, opération «TER de France») lancées dès le mois de juin participent à l’amélioration significative des taux de remplissage des trains cet été, et depuis juillet, OUIGO dessert Paris - Lyon intramuros.

En septembre, un plan de rebond centré sur l’adaptation des gammes tarifaires et des outils digitaux aux nouvelles pratiques des clients (notamment le télétravail) sera lancé. De nouvelles offres multimodales pour les voyageurs occasionnels verront le jour et un plan commercial ambitieux favorisera le retour des clients professionnels.

La trésorerie du groupe reste solide, elle permet de faire face aux engagements. Cependant, l'impact financier à long terme de la crise sanitaire est encore difficile à déterminer avec précision compte tenu des fortes incertitudes sur la fin de crise et ses conséquences économiques. Cet impact dépendra aussi de la capacité du groupe à poursuivre le rebond, notamment avec des mesures exceptionnelles accompagnant la reprise de l’activité économique en France et dans le monde.

Dans ce contexte, des discussions sont en cours avec l’État afin de définir les mesures de soutien de financement du groupe SNCF, permettant de conforter la consistance du réseau et l’offre ferroviaire souhaitée. L’objectif est d’assurer une situation financière saine, ne générant plus, à terme, d’endettement supplémentaire.

L'issue de ces discussions est attendue avant la fin de l'année.