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Statut cheminot : info/intox

RH 0001. Il est plus connu dans le grand public sous le nom de "statut cheminot". Souvent taxé de privilégié, il véhicule de nombreux mythes. Un exemple parmi d’autres : la prime de charbon, souvent brandie comme un avantage obsolète, et qui n’existe plus dans la réalité depuis 1961.
Le statut définit, pour les personnels qui en relèvent, l’ensemble des règles qui régissent les conditions d’entrée dans l’entreprise, la rémunération, le déroulement des carrières, les sanctions, la mobilité, les congés, les conditions de cessation de fonction, l’assurance maladie et le droit syndical.

Réponse à quelques idées reçues…

"Un statut privilégié"

Le stage d’essai dure un an pour les salariés non cadres, et deux ans et demi pour les jeunes cadres. Pendant cette période, le contrat de travail peut être suivant les règles de licenciement si les attentes ne sont pas pleinement satisfaites. Sur cette même période, le salarié est évalué trois fois par son manager, sur ses aptitudes professionnelles et sur son comportement.
Autre condition pour être embauché "au cadre permanent", c’est-à-dire au statut : avoir moins de 30 ans au moment de l’embauche. En conséquence, ces salariés sont affiliés au régime spécial de la Sécurité sociale et à celui des retraites.
Au total, les salariés "au cadre permanent" représentent près de 92% de l’effectif total de SNCF. Les 8% restants sont "contractuels", en CDD ou CDI, ce qui signifie qu'ils  sont liés à la SNCF par un contrat de travail conforme aux dispositions du Code du travail.

"Des salaires et primes hors du commun"

La moyenne brute mensuelle est de 3 090 euros en 2014 pour un temps complet, soit très légèrement supérieur au salaire mensuel moyen en France, secteurs privé et public confondus, qui s’élevait à 2 912 euros bruts en 2013, selon l'Insee. 
Lien vers Open data, le site répertorie notamment les rémunérations selon les métiers.

Étant donnée la variété de métiers chez SNCF, les rémunérations sont diverses : un contrôleur en début de carrière gagne 1 850 euros bruts par mois, un conducteur en début de carrière, 2 062 euros bruts, et en milieu de carrière, 2 896 euros bruts. Un ingénieur ou cadre en fin de carrière gagne 5 964 euros.
Plus de 6 cheminots sur 10 touchent moins de 3 000 euros bruts.

"Des billets gratuits pour la famille"

Cet élément est vrai. Qu’ils soient au cadre permanent, contractuels ou retraités, tous les agents bénéficient des "facilités de circulation", c’est-à-dire de billets gratuit ou à prix très réduits (ils ne paient que la réservation) pour eux-mêmes et leur famille proche. 
Les enfants d’agents SNCF circulent pour 10% du prix du billet, tandis que les parents et beaux-parents disposent de quatre billets gratuits par an.
Autre avantage en nature (comme dans de nombreuses autres entreprises) : les logements mis à disposition en location, dont une partie à loyer social.

"Des jours de congés à l’infini"

Les agents SNCF ont 28 jours de congés payés par an, contre 27 selon le code du Travail. Ils disposent aussi d’un nombre variable de RTT selon leur durée de travail journalière : lorsqu’ils dépassent les 7 heures de travail quotidienne, des RTT leur sont octroyées. 
Voir l'infographie

Quelques exemples : 

  • les personnels en directions centrales et régionales disposent de 10 RTT.
  • les conducteurs de ligne disposent de 116 repos et de 10 RTT, les conducteurs de tram-train et les conducteurs de ligne et de manœuvres locales, selon leur régime, de 114 repos et 8 RTT ou de 118 repos et 14 RTT.
  • les agents en établissement qui assurent un 2x8 en gare, ou ceux qui entretiennent les infrastructures la journée, par exemple, ont 18 RTT. 
  • les agents en établissement qui travaillent la nuit ou en 3x8 (par exemple en atelier de maintenance matériel ou sur les voies), accumulent 8h02 par jour, donc ont 28 RTT.

"La retraite à 50 ans pour tout le monde"

L’âge moyen de départ à la retraite était en 2015 de 53 ans pour les conducteurs. Pour les autres, il s’élevait à 57 ans. Il s’aligne progressivement sur le régime général. À compter de janvier 2017, la durée de cotisation sera progressivement portée à 172 trimestres (43 ans) pour les agents nés à partir de 1962 (1967 pour les agents de conduite).