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Technicentre de Hellemmes : un nouvel atelier inauguré

Le nouvel atelier 57 du technicentre industriel de Hellemmes (Nord) a été inauguré le 15 janvier 2020. Deux fois moins grand que les bâtiments qu’il remplace mais plus modulable, il reçoit des technologies inédites remplaçant les voies ferrées intérieures.

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Inauguration du nouvel atelier 57 au technicentre industriel d'Hellemmes

Communiqué de presse

Publié le 17 janvier 2020 à 16h47

Spécialisé dans la rénovation, la maintenance lourde (ou opérations mi-vie) et la modernisation des trains à grande vitesse (TGV), Hellemmes est le plus grand des dix technicentres industriels SNCF. Premier employeur de cette commune associée à Lille, le technicentre permet d’injecter 8 millions d’euros par an dans l’économie locale. Chaque année, ses 1 000 agents issus de 20 corps de métiers prennent en charge près de 180 voitures. Ils assurent aussi la réparation et la maintenance de 27 000 pièces de rechange. Les bâtiments du site, dont certains datent de 1873, n’étaient plus adaptés pour faire face aux défis de la flexibilité, de la révolution digitale et de la performance environnementale. Dans le cadre de son programme "Usine du futur" qui s’est déjà traduit par la transformation des technicentres industriels de Rennes et de Romilly-sur-Seine, SNCF a fait de Hellemmes une usine de nouvelle génération offrant de bien meilleures conditions de travail. Son nom : l’atelier 57.

Moins de superficie pour plus de trains

C'est une véritable révolution : l’atelier 57 renonce aux voies ferrées intérieures, ponts roulants et fosses. Les caisses et autres pièces des trains s’y déplacent sur des chariots autonomes (ou "moovers"). Grâce à ce dispositif, l’outil industriel est plus flexible et plus économe en investissements et en surface au sol : deux fois moins cher à construire qu’un atelier classique, l’atelier 57 occupe une emprise de 28 000 m2, contre 55 000 m2 pour les bâtiments qu’il remplace. Le plan de charge va même augmenter puisque le technicentre pourrait se voir attribuer les opérations mi-vie de rames TER, en plus des interventions sur des TGV.

Au final, l’atelier 57 est un formidable outil qui permet d’améliorer la sécurité, la qualité, les coûts, les délais et les conditions de travail, avec les concepts de l’usine 4.0. Ce sera un atout face à la concurrence qui permettra de servir toujours mieux ses clients.

Visite du technicentre de Hellemmes

Champ libre à l’innovation

Doté de surfaces modulaires avec un minimum de poteaux séparés par une distance pouvant atteindre 62 mètres, l’atelier 57 accueille des cabines de traitement des surfaces des caisses (dont le grenaillage, la tôlerie et la peinture) à sa périphérie et des chaînes de modernisation en son centre. La hauteur exploitable importante (12,5 mètres) libère de l’espace pour des opérations telles que l’inspection des toitures par drones, qui réduit la pénibilité et accroît le nombre d’inspections pouvant être effectuées chaque jour. L’innovation digitale est donc à l’honneur et permet de rendre plus efficaces les processus industriels, que ce soit en matière de planification et de suivi de production ou encore la gestion des outillages et des approvisionnements.

Le nouveau bâtiment tertiaire de 2 300 m2 accueille un pôle d’ingénierie du Matériel, qui dispose notamment des outils nécessaires à la maintenance prédictive des rames TGV. Le site accueille aussi le tout premier 574 industriel, un centre
d’innovation dédié à la maintenance et l’industrie du futur qui collabore entre autres avec des écoles et des startups locales.

Des conditions de travail améliorées

Deux ans seulement se sont écoulés entre le lancement de la déconstruction des anciens bâtiments et l’inauguration de l’atelier 57. Une prouesse des équipes de SNCF Immobilier, qui ont confié la conception et la direction des travaux à
AREP, filiale de SNCF Gares & Connexions. La mise en œuvre de cet investissement immobilier d’une valeur de 43,4 millions d'euros, a été facilitée dans ses différentes phases par la modélisation numérique des bâtiments (ou "BIM"). La supervision technique de l’atelier bénéficie aussi du numérique et permet par exemple la commande à distance des ouvrants ou la programmation du préchauffage de machines.

Les agents ont été associés à la conception du projet, tandis que l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail y a participé pour trouver les meilleures solutions organisationnelles et fonctionnelles. Le technicentre comporte de nombreux aménagements tels que des vestiaires, un espace polyvalent servant notamment de réfectoire, une salle de détente et des espaces extérieurs arborés. Une attention particulière a également été portée à la luminosité des bâtiments. L’atelier bénéficie par exemple de 12 voûtes d’éclairage naturel de 100 m2 chacune.

"Quand les cheminots poussent tous dans le même sens, on est sûr que l’on va gagner"

Pour Jean-Pierre Farandou, président-directeur général de la SNCF : "Rien n’est possible sans les salariés et tout est possible avec les salariés. Je sens que leur engagement est très fort à l’atelier 57, à la conception duquel ils ont été associés. Quand les cheminots poussent tous dans le même sens, on est sûr que l’on va gagner, et je sens que cette dynamique est très présente ici".

Les investissements dans les processus industriels d’une valeur de 20 millions d'euros ont permis de renouveler les machines et installations, désormais plus ergonomiques et moins bruyantes. Elles réduisent ainsi la pénibilité d’utilisation.

Xavier Ouin, directeur général de SNCF Matériel et directeur industriel de la société SNCF Voyageurs : "Pour le site de Hellemmes qui n’a jamais cessé de fonctionner durant toute la période des travaux, ce nouvel outil de production est le gage d’amélioration des conditions de travail, d’optimisation des coûts et d’une plus grande polyvalence et flexibilité".

Des bâtiments économes en énergie durable

L’atelier 57 est certifié bâtiment à énergie positive, grâce notamment à la mise en place d’une centrale photovoltaïque de 6 000 m² en toiture. L’objectif est l’autoconsommation énergétique et la production d’eau chaude solaire pour les vestiaires.

Afin de réduire la consommation énergétique et l’empreinte carbone au maximum, le bâtiment bénéficie également d’une forte isolation thermique de son enveloppe. Tant l’atelier que le bâtiment tertiaire ont par ailleurs été construits suivant la même norme que celle des maisons ou appartements individuels.

Benoît Quignon, directeur général de SNCF Immobilier : "Ce projet démontre notre rôle dans la transformation industrielle du Groupe via l’accompagnement du programme Usine du Futur 4.0 de SNCF Matériel. Ce nouvel atelier a été pensé avec notre client interne, dans une logique d’optimisation à la fois industrielle, énergétique, environnementale et économique".

Vidéo : Atelier 57 d'Hellemmes, ce qui change pour la production

Le déplacement des trains dans un atelier 57 sans rails

Le nouvel atelier 57 du technicentre industriel d'Hellemmes (Nord) renonce aux voies ferrées intérieures : les caisses des trains, montées sur des supports en acier conçus sur place, y circulent sur des chariots électriques autonomes, les moovers.

Véritable révolution, l’atelier 57, fraîchement inauguré, renonce aux voies ferrées intérieures, ponts roulants et fosses. Les caisses des trains et certains de leurs composants, comme les bogies, s’y déplacent sur des chariots électriques autonomes, aussi appelés "moovers". À voir dans la vidéo ci-dessous.

Avant d'être déplacées par les moovers, les caisses sont montées sur des supports en acier capables de supporter la masse d'une motrice équipée de son moteur, soit une soixantaine de tonnes.

Vidéo : A l'atelier 57 de Hellemmes, les trains circulent sans rail