Crédit photo en-tête de page : Cité du Train-Patrimoine SNCF

Le TGV médicalisé dans l’histoire du chemin de fer

Le TGV médicalisé, réalisé par la SNCF pour le ministère des Solidarités et de la Santé, nous renvoie à d’autres moments de l’histoire et du service public où les trains et la SNCF se sont engagés au service de causes nationales.

Publié le | Mis à jour le

Lecture 3 min.

Le train dans l’effort de guerre et l’évacuation des blessés

En temps de guerre, les entreprises ferroviaires françaises étaient mises à la disposition de l’autorité militaire. Le train acheminait les troupes, ravitaillait le front, évacuait les blessés.

La prévision d’une organisation régulière d’évacuation des blessés de guerre, par trains spéciaux dits « trains sanitaires permanents », placés sous la direction du service de santé militaire, remonte à 1889.

On décida la création, dès le temps de paix, de cinq trains complets fournis par les grands réseaux français qui ont précédé la SNCF « Ces trains, ayant en vue le transport des grands blessés, devaient être composés chacun de vingt-trois véhicules dont seize pour blessés couchés, deux pour le personnel de service (médecins et infirmiers), deux pour la pharmacie et les services de lingerie et enfin trois pour les services de cuisine et provisions diverses. », peut-on lire dans une publication du Paris-Lyon-Méditerranée en 1915. (Consultable sur OpenArchives SNCF).

Sur le PLM en effet, deux trains ont été construits spécialement et étaient prêts à entrer en service en 1892, avec une capacité de transport de 256 blessés couchés.

Cependant, les terribles bilans des premières semaines de la Grande Guerre (blessés et morts par centaines de milliers) rendent insuffisantes les capacités de ces trains spéciaux et on se tourne vers l’aménagement de voitures à voyageurs pour le transport des blessés assis ou couchés.

Les voitures « sanitarisables »

Les premières voitures « sanitarisables », qui ne sont transformées et utilisées que pour le transport des blessés en cas de guerre, ont été construites dans les années 1920.

Ce sont des voitures à voyageurs ordinaires qui peuvent être facilement transformées en voitures transportant des brancards. Pour cela, l’aménagement intérieur est démontable (et remontable) et les accès permettent d’entrer avec un brancard. Cela signifie que les banquettes et les cloisons de compartiments, le cas échéant, se démontent, et que les portes et plates-formes d’accès sont suffisamment vastes, ou qu’une porte spéciale condamnée en service normal est installée lors de la construction pour accéder au véhicule. Outre des voitures classiques de grandes lignes ou de banlieue, il y a eu des autorails sanitarisables, notamment, ce qui est peu connu, les EAD (éléments automoteurs diesel) mieux connus sous le surnom de Caravelle (X4300 et dérivés).

Cette option a été de mise pendant tout le XXe siècle, de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’aux années 1980.

La Cité du train à Mulhouse conserve une voiture venue du PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) construite dans l’entre-deux-guerres par l’entreprise Dyle et Bacalan à Bordeaux. Les Parisiens ont pu la voir exposée sur les Champs-Élysées lors de Train Capitale en 2003.

Au secours des populations civiles

En 1943, deux trains sont équipés et mis en marche par la SNCF, connus sous le nom de trains SIPEG, par référence au Service interministériel de protection contre les événements de guerre qui en est à l’origine. Le rôle de ces deux trains, complété par un autorail Bugatti, avaient pour mission spécifique de se porter au secours des populations civiles victimes des bombardements alliés.

Formé chacun de 2 wagons, de 2 fourgons et de 6 voitures, ils apportaient de quoi nourrir, vêtir et soigner, mais aussi participer à des déblaiements. Parmi les voitures, on comptait une voiture Chirurgie, une voiture Hospitalisation (30 lits) et une voiture Mères et Enfants (salle d’accouchement, crèche). Première intervention au Creusot les 9/10 septembre 1943.

En temps de paix

Le train a bien entendu également transporté en temps de paix des personnes qui ne peuvent voyager qu’allongées et accompagnées d’une équipe soignante : mais les circonstances et l’objectif de ces transports sont tout à fait différents, même si l’organisation ferroviaire est semblable.

Les voitures à places couchées pour transports spéciaux, dites « ambulances ».

Ce sont des voitures aménagées en permanence, par transformation de voitures classiques ou neuves de construction, permettant le transport de voyageurs sur des lits ou des brancards, installés dans le sens longitudinal. Elles servent au transport des malades, en temps de paix. Les trains de pèlerins pour Lourdes en ont été les principaux utilisateurs, jusqu’à leur réforme.

Il y a dans la collection patrimoine historique SNCF, en réserve, une voiture type Corail VU80, dans sa livrée finale bleu et blanc.

Les voitures infirmerie

Les trains ont aussi été utilisés à des fins médicales pour rapprocher les médecins et le matériel de diagnostic des patients dans le cadre de la médecine d’entreprise et de la prévention. Il existait une multitude de voitures diverses destinées à contrôler l’état sanitaire des cheminots et de leurs familles. Les plus connues étaient les voitures pour radiographier les poumons.

Certains se souviennent encore du passage du camion-radio ou des vaccinations dans les écoles : c’était à l’époque de la lutte nationale contre la tuberculose, fléau mondial.