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Le Train de Fret Autonome testé virtuellement et sur le terrain

Après une phase de tests intensive, une étape importante vient d’être franchie dans le projet de Train de Fret Autonome : la locomotive parvient désormais à lire et analyser la signalisation latérale.

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Le Train de Fret Autonome continue son évolution. Du 24 au 28 janvier, ce sont des essais en conduite assistée sur signalisation latérale qui ont eu lieu entre Longwy et Longuyon (en Meurthe-et-Moselle). Il s’agit de la capacité pour la locomotive fret autonome, à lire les feux de circulation – par des capteurs-, d’analyser l’information et de la transmettre en cabine*. Cela peut sembler simple mais ça ne l’est pas du tout. «Les feux de circulation ferroviaire sont beaucoup plus complexes que les feux automobiles, explique Samuel Boucher, chef de projet Train de Fret Autonome. Sur un même châssis, il peut y avoir jusqu’à 6 feux. Il était compliqué aussi de systématiser l’analyse du signal, lorsque les châssis sont de hauteurs ou formes différentes. Le tout dans un environnement dynamique, puisque le train est en mouvement, et par tous les temps.»

Sous supervision d’un conducteur, les essais devaient démontrer la bonne réalisation de la conduite semi-automatisée (accélération et freinage du train), tout en respectant à la fois les horaires prévus et les informations de la signalisation.

Des essais virtuels avant les essais IRL («In real life»)

Si les essais ont réussi, c’est en grande partie grâce à la nouvelle plateforme de simulation, finalisée en octobre 2021 sur le plateau commun Train de Fret Autonome, qui se trouve à St Denis et qui regroupe tous les acteurs du consortium : Alstom, Apsys, Capgemini, Hitachi, Railenium et SNCF.

La plateforme est matérialisée par deux pièces : dans la première se trouvent des collaborateurs des différentes entités du groupement, qui lancent les tests depuis leurs ordinateurs, et dans la seconde se trouvent les serveurs : une grande armoire qui porte les environnements virtuels et la locomotive virtuelle, et deux plus petites armoires, où sont les systèmes embarqués. Des tests y ont été effectués chaque jour depuis le mois d’octobre, ce qui représente des centaines de tests, et jusqu’au 16 décembre 2021, date à laquelle les essais virtuels prévus ont été réussis. Ces travaux se sont poursuivis ensuite pour fiabiliser le système.

«Ces tests virtuels nous ont largement aidés pour réussir les tests réels (réalisés entre le 24 et le 28 janvier, NDLR), déclare Samuel Boucher. Ils ont permis de « débugger » une grande partie des technologiques intégrées sur le train et des communications entre elles. Par la suite, ils nous permettront de creuser de nombreuses pistes en testant différentes configurations : avec wagons, train court ou train long, si le train est en retard ou en avance… Cela aurait coûté beaucoup plus cher de réaliser ces tests en conditions réelles.»

Pour rappel, deux projets de train autonome progressent en parallèle : le Train de Fret Autonome et le Train Autonome TER, avec deux équipes distinctes. L’objectif est de maîtriser l’autonomie complète mi-2023, afin de proposer aux activités fret et voyageurs, ainsi qu’aux Régions un panel de solutions avec différents niveaux d’autonomie, et qu’elles puissent choisir celui qui leur convient.

* Pour cette session d’essais, bien que la ligne soit équipée d’une double signalisation (ERTMS et signalisation latérale), seule la signalisation latérale était utilisée par le projet.

Embarquez à bord de la locomotive d'essais