Téléconduite : hybrider les technologies pour aller plus loin

Deux ans après les premiers essais, un train téléconduit a roulé à 70 km/h fin juin, en alternant automatiquement les technologies de télécommunication 4G et satellite.

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L’enjeu pour le consortium à la manœuvre pour la téléconduite, composé de SNCF, l’Institut de Recherche Technologique Railenium, le CNES, Actia Telecom et Thales, est d’avoir le meilleur réseau de communication tout au long du trajet du train. Pour cela, l’hybridation des technologies est une solution de choix. Il s’agit de basculer automatiquement entre trois types de transmission : 4G du réseau privé installé par SNCF, 4G des opérateurs avec le système « Eiji by Thales », et le satellite.

Cette complémentarité des transmissions satellite et 4G constitue une étape importante pour le secteur ferroviaire. L’hybridation des technologies est une brique essentielle qui permettra, à l’avenir, de téléconduire. Elle sera particulièrement pertinente pour reprendre à distance, si besoin, la conduite d’un train autonome pour l’acheminer jusqu’à la gare suivante.

Une première démonstration de téléconduite à 40 km/h au printemps 2019 avait permis de tester l’utilisation alternée du réseau cellulaire 4G propre à la SNCF et de la transmission satellite, sans bascule automatique de l’une à l’autre.

Quatre ans de recherche et d’essais pour le consortium

Depuis son lancement en 2017, le consortium a initié des travaux de recherche et développement en menant en parallèle des essais sur les voies. Pour mener à bien ces essais, l’équipe projet disposait d’un train composé d’une locomotive Fret équipée d’un système permettant la conduite à distance et d’une voiture laboratoire pour réaliser les tests à bord. La téléconduite s’effectuait depuis un site de conduite à distance localisé à Vigneux-sur-Seine (91).

SNCF et ses partenaires ont ainsi réalisé ces derniers mois une trentaine de circulations d’essai dans différents contextes ferroviaires en Île-de-France : voie de service dans un triage de fret, voie classique en région parisienne et voie unique non électrifiée.

Une téléconduite optimisée grâce à l’amélioration de la vision et de l’interface

Parallèlement à l’hybridation des technologies télécom et satellite, ces essais ont permis de tester un nouveau système de vision avec de nouvelles caméras plus performantes, offrant au téléconducteur un meilleur rendu de l’image en termes de luminosité et de couleurs.

L’interface de conduite à distance a également été améliorée et adaptée aux besoins des téléconducteurs. Ces évolutions s’appuient sur le retour d’expériences des conducteurs d’essai de la SNCF, qui ont téléconduit le train laboratoire depuis le site de Vigneux-sur-Seine et sur les tests réalisés sur simulateur par une vingtaine de conducteurs.

L’ensemble de ces travaux réalisés dans le cadre du  projet mené par le consortium TC-Rail permet d'envisager un futur déploiement : la téléconduite, partie-prenante du train autonome, s'inscrit pleinement dans le ferroviaire du futur, son développement et ses nouveaux métiers.

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